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La crise humanitaire ne fait que s’aggraver : Des millions de personnes sous la menace des milices et forces armées dans l’Est de la RDC

masisi google map

Des millions de personnes sous la menace des milices et forces armées dans l’Est de la RDC

“Les gens ont peur, et beaucoup ont rassemblé leurs affaires en prévision d’une explosion de violence majeure.”
Tariq Riebl
Coordinateur humanitaire d’Oxfam en RDC

Publié le : 18 Décembre 2012

Selon Oxfam, le risque qu’une guerre éclate s’ajoute à la violence quotidienne et aux exactions auxquelles les populations font déjà face

Plus d’un million de personnes sont menacées par les attaques des milices, rebelles et armées régulières alors que les combattants commencent à se positionner dans et autour de la ville de Goma, et que le gouvernement et la force de maintien de la paix de l’ONU ne leur fournissent que peu, voire aucune protection.

Les camps de déplacés font face à une menace croissante tandis que les différents groupes rebelles semblent faire mouvement vers des sites autour de la ville. Oxfam craint que les populations civiles ne subissent des attaques ciblant les camps de déplacés, et que plus d’un million de personnes cherchent à se protéger dans une zone qui fourmille de soldats et de miliciens. Si les combats éclatent, ils pourraient avoir lieu dans de nombreuses zones autour de Goma. Selon Oxfam, la mission de maintien de la paix de l’ONU devrait de toute urgence effectuer des patrouilles dans les zones à risque, en particulier la nuit autour des camps et villages où les civils sont particulièrement menacés par des attaques. « Les gens ont peur, et beaucoup ont rassemblé leurs affaires en prévision d’une explosion de violence majeure » a déclaré Tariq Riebl, coordinateur humanitaire d’Oxfam en RDC.

« Il existe désormais un vrai risque de guerre, qui vient s’ajouter à la violence quotidienne et aux exactions auxquelles fait face la population. Un tel conflit serait catastrophique pour la population congolaise, qui subit déjà le pillage, le viol et la torture de la part de plus de 25 groupes rebelles dans l’Est de la RDC. »

« Des millions de personnes sont prises au piège dans et autour de Goma, ainsi que dans d’autres villes de l’Est. Ces personnes n’ont pas de moyen d’échapper à ce qui pourrait devenir une confrontation sanglante et particulièrement brutale. »

Dans la ville de Masisi et ses environs, à 80 km au nord-ouest de Goma, une autre catastrophe est déjà en cours.

Dans cette zone, rien qu’au cours du dernier mois, environ 250 000 personnes ont fui pour sauver leurs vies alors que les villages ont été brûlés et les camps de déplacés attaqués. Dans une région reculée et instable, sans routes goudronnées et au réseau téléphonique limité, les organisations humanitaires sont dans l’incapacité d’évaluer l’ampleur de la crise et de fournir une aide nécessaire pour sauver des vies, en quantité suffisante. Selon des organisations locales qui travaillent dans la zone, au moins 17 villages dans le territoire de Masisi ont été brûlés et pillés ces deux dernières semaines, et plus de 20 camps abritant des dizaines de milliers de déplacés sont désormais sous le contrôle de groupes armés, connus pour assassiner, violer et exploiter les civils.

Au moins quatre groupes armés contrôlent les voies d’entrée et de sortie de Masisi, empêchant presque totalement les personnes de fuir la zone. Nombreux sont ceux qui auraient trouvé refuge dans la ville de Masisi ou dans les broussailles à l’écart des routes principales. Plus de 8000 familles s’abritent à l’heure actuelle dans des églises et des écoles de la ville, et n’ont que difficilement accès à l’eau potable, aux soins médicaux ou aux médicaments. Masisi est un lieu stratégique clé, essentiel pour le contrôle de l’exploitation lucrative des minerais et des routes commerciales. Une récente évaluation d’Oxfam a révélé que les villes où se trouvent les principaux marchés dans la région ont fait l’objet d’attaques répétées menées par de nombreux groupes armés, y compris par l’armée congolaise, qui se battent pour le contrôle des marchés et le prélèvement de taxes sur les commerçants. Les paysans doivent verser de l’argent ou de la nourriture aux milices locales « Maï-Maï » afin d’avoir accès à leurs champs, et les groupes armés se sont emparés des récoltes des champs des paysans locaux pour nourrir leurs combattants ainsi que leurs familles. La mission de maintien de la paix de l’ONU, la Monusco, dispose de bases sur ce territoire, mais les communautés indiquent qu’elles n’ont pas vu la mission patrouiller ces dernières semaines. « Nous ne pouvons pas lancer d’alerte plus forte », a déclaré Tariq Riebl. « Cette violence doit cesser. Elle a causé des décennies de souffrance et une pauvreté extrême. Tous ceux qui participent aux négociations de paix à Kampala doivent tout faire pour mettre fin à cette situation de folie destructrice.

Etant donnée l’ampleur de la tragédie humanitaire, ces négociations ne doivent pas être des échanges sans conviction qui n’aboutiraient qu’à un accord qui ne serait pas respecté à l’avenir. L’Union Africaine et l’ONU doivent s’impliquer comme chefs de file des négociations et s’assurer qu’un agenda pour une solution de long terme soit trouvé. »

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un commentaire Poster un commentaire
  1. Disons que tout les Congolais vivent sous la menace des milices. Dans tous les provinces, il y a des milices qui malmènent la population. Souvenons – nous de ce qui ont osé faire au président de la démocratie chrétienne.

    27 décembre 2012

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