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Roger Lumbala : « Je soutiens le M23 qui mène une lutte armée contre le régime de Joseph Kabila »/JEUNE AFRIQUE

RDC

Roger Lumbala : « Je soutiens le M23 qui mène une  lutte armée contre le régime de Joseph Kabila »

Roger Lumbala, à Paris en septembre 2012.
Roger Lumbala, à Paris en septembre  2012.© Vincent Fournier/JA

Roger Lumbala, opposant congolais, leader du Rassemblement  congolais pour la démocratie – national (RCD-N), vient de rallier le Mouvement  du 23-Mars (M23). Il explique les raisons de son engagement aux côtés de la  rébellion.

Après quelques atermoiements, l’opposant congolais Roger Lumbala a  rejoint  le mouvement du 23-Mars (M23). Les dirigeants rebelles ont  officialisé son  ralliement le 1er janvier en marge d’une cérémonie  d’échanges de vœux tenue  dans leur fiel Bunagana. En septembre, Kinshasa  accusait déjà cet élu de Miabi,  dans le Kasaï oriental, d’être de mèche  avec le mouvement rebelle qui sévit  dans le Nord-Kivu. Accusation  que  le concerné rejetait en bloc. Qu’est-ce qui a changé depuis ?  Roger  Lumbala, le leader du Rassemblement congolais pour la démocratie – national (RCD-N) explique à Jeune Afrique les raisons de ce  revirement.

Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous rejoint le Mouvement du  23-Mars (M23) ?

Roger Lumbala : Je n’ai pas adhéré au M23, mais je soutiens  le M23. Je considère que Joseph Kabila n’a pas gagné la présidentielle du 28  novembre 2011. Dès lors que le M23 fait siennes les revendications de  l’opposition politique congolaise relatives aux résultats frauduleux de cette  élection, je me sens proche du M23. Par ailleurs, la Constitution de la RDC  autorise tout Congolais à faire échec à celui ou ceux qui prennent le pouvoir  par la force. C’est pourquoi je soutiens aujourd’hui le M23 qui mène une lutte  armée contre le régime de Kabila.

En septembre encore, lorsque Kinshasa vous accusait de connivence  avec les rebelles, vous rejetiez tout en bloc, affirmant n’avoir que des  revendications politiques. Vous avez même déclaré à Jeune Afrique que c’est  Kabila qui « est avec le M23 ». Qu’est-ce qui a changé  depuis, pour qu’on vous retrouve dans la rébellion ?

Joseph Kabila n’écoute que le langage des armes. Combien de fois l’opposition  a réclamé un dialogue pour débattre des résultats controversés des dernières  élections. Il a préféré répondre par des intimidations. Étienne Tshisekedi a été  mis en résidence surveillée, Eugène Diomi Ndongala arrêté, et puis Floribert  Chebeya ou encore Armand Tungulu ont été assassinés…

Je me reconnais donc  aujourd’hui dans les trois revendications principales du M23 :  l’application de l’accord du 23 mars, l’imposition de la vérité des urnes  et le fédéralisme. Voilà plus de dix ans que Joseph Kabila est au pouvoir, et il  n’est pas parvenu à donner ne fût-ce que de l’eau potable et de l’électricité à  l’ensemble de la population congolaise. Aujourd’hui, la solution aux problèmes  de la RDC passera par le M23, qui a mis Joseph Kabila à terre, l’obligeant à  accepter les négociations.

Quel rôle comptez-vous jouer aux côtés du M23 lors des négociations  qui doivent redémarrer le 4 janvier entre Kinshasa et les responsables de la  rébellion ?

En 2011, j’ai battu campagne pour Étienne Tshisekedi. Je suis à la tête d’un  parti politique et vice-président d’un groupe parlementaire. Les Congolais qui  m’ont élu député entendent mon message. La population de Bunagana [fief de la  rébellion, ndlr] a confiance en moi. Mon rôle aux côtés du M23 sera celui de  partenaire.

Les experts onusiens accusent le Rwanda et, dans une certaine mesure,  l’Ouganda de soutenir le mouvement rebelle que vous venez de rejoindre. Qu’en  pensez-vous ?

C’est faux. Je suis à Bunagana et je n’ai pas vu un seul Rwandais dans les  troupes du M23. Ce sont les jeunes Congolais qui sont déterminés à combattre le  pouvoir de Kinshasa. À chaque bataille, l’armée de Kabila abandonne des tonnes  de munitions aux rebelles. Dans son incapacité à constituer une armée  républicaine et dissuasive, c’est Joseph Kabila qui ravitaille la rébellion, pas  le Rwanda.

Vous vous associez au M23 au moment où l’ONU multiplie des sanctions  contre ses dirigeants. Le 1er janvier, Jean-Marie Runiga, « chef civil » de la  rébellion a été interdit de voyager et ses avoir gelés. Ne craignez-vous pas de  vous retrouver dans le collimateur du Conseil de sécurité des Nations  unies ?

Le Conseil de sécurité sanctionne les responsables du M23 sur des faits dont  il n’est même pas à mesure de vérifier la véracité. Pour ma part, je ne crains  rien. J’ai déjà levé une option : je m’associe au M23 pour chasser Kabila du  pouvoir et rétablir des bons rapports avec nos voisins. La RDC n’a pas intérêt  aujourd’hui à être en conflit avec ses voisins.

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Propos recueillis par Trésor Kibangula (Tresor_k)

Lire l’article sur Jeuneafrique.com

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