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Dans une lettre ouverte au Peuple Congolais, Etienne Kabila démontre avec force détails comment a été planifié le faux coup d’Etat contre Joseph Kabila à Limpompo en Afrique du Sud

Dans une lettre ouverte au Peuple Congolais, Etienne Kabila démontre avec force détails comment a été planifié le faux coup d’Etat contre Joseph Kabila à Limpompo en Afrique du Sud

Écrit par CongoOne
Mercredi, 20 Février 2013 21:18
Comme annoncé dans son édition d’hier, Congoone publie ci-dessous la lettre ouverte qu’Etienne Kabila Taratibu adresse à partir de sa cellule de prison à Pretoria au peuple congolais. Elle se passe de tout commentaire.

 

Congolaises et Congolais, mes chers compatriotes,

Bien que privé de liberté depuis le vendredi 8 février 2013, je prends tout de même la liberté de vous adresser la présente lettre ouverte pour vous permettre de connaitre les tenants et les aboutissants de l’affaire dite de 19+1 Congolais arrêtés en Afrique du Sud sous prétexte de préparer un coup d’Etat contre le régime récalcitrant de Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila.

En effet, c’est le mardi 5 février que j’ai appris par les médias sud-africains l’arrestation de 19 Congolais à Limpompo. Deux jours après, soit le jeudi 7 février, Lambert Mende Omalanga annonçait à partir de Kinshasa l’implication de ma personne et de mon parti, l’Union des Nationalistes pour le Renouveau, dans la prétendue conjuration contre le régime pour lequel ce renégat du lumumbisme a vendu son âme.

Etant donné que les médias sud-africains annonçaient que j’étais en fuite et recherché, en plus du fait que ma photo était diffusée sur des chaines de télévision au motif que j’étais le cerveau moteur du groupe des Congolais arrêtés à Limpompo ; j’ai décidé de me rendre moi-même à la police le vendredi 8 février pour en avoir le cœur net.

C’est dans ce contexte que j’ai été transféré le dimanche 12 février de Cap-Town vers Pretoria Placer à Woorstook police station.

 

Mes chers compatriotes,

 

Le mardi 12 février marque le début de mon procès avec comme chefs d’accusation : violation de la loi sur l’assistance militaire et tentative d’assassinat du président de la RD Congo. Après la signification des griefs mis à ma charge, j’ai rejoint le groupe de 19 autres Congolais présumés rebelles. C’est alors que j’apprendrais d’eux comment le fameux coup d’Etat a été planifié.

En fait, vers fin 2012,  MM James Jolsel et Joe, deux sujets Sud-africains sont entrés en contact avec moi par le biais du Congolais Chadrien Kilele. La rencontre a eu lieu à Johannesbourg. Ils ont proposé de m’aider militairement étant donné que mon parti, l’Union des Nationalistes pour le Renouveau, estimait que la lutte armée était la seule voie pour chasser Hyppolite Kanambe du pouvoir en vue de démocratiser notre pays.

Ayant appris d’un vent favorable que mes interlocuteurs sud-africains étaient à la solde de Hyppolite Kanambe, j’avais décliné leur offre et tenté sans succès de convaincre Chadrien Kilele à ne pas s’engager dans une aventure qui sentait un guet-apens.

M. Kilele m’affublera de tous les noms d’oiseaux jusqu’à m’accuser auprès de certains membres de la communauté congolaise d’être au service de Hyppolite Kanambe !

En dépit de mon refus de leur offre, James Jolsel et Joe ont cheminé avec Chadrien Kilele et ont mis en place une structure dénommée « Alliance des Forces pour la Récupération du Congo », AFRC, avec comme président : James Kazongo, congolais naturalisé américain, secrétaire général : Patrick Masikini, secrétaire général adjoint :Jeff Mukiti Kilele, et Chadrien Kilele comme chef d’état major général.

Le programme de l’Alliance des Forces pour la Récupération du Congo visait d’abord la formation militaire accélérée d’un groupe restreint des cadres qui allaient se rendre sur le terrain ( au Congo) pour former des autochtones avant d’envisager une quelconque offensive.

C’est ainsi que le jour J, le lundi 4 février 2013, M. James Jolsel a conduit les 19 Congolais recrutés sur le lieu où ils étaient censés être formés. Il leur a distribué des uniformes et des armes avant de les photographier.

Mais, quelle ne fut pas leur surprise de voir James Jolsel accompagné des policiers investir le lieu le lendemain, mardi 5 février,  et procéder à leur arrestation ? Les 19 présumés rebelles sont doublement surpris d’autant plus que les policiers leur demandaient où se trouvait Etienne Kabila. Aucun d’eux n’était en mesure de répondre à la question pour la simple raison qu’à part Chadrien Kilele, personne d’autre n’avait été en contact avec moi.

L’autre surprise les attendait au cours du procès au tribunal de Pretoria quand le ministère public les a présentés en tant que membres de l’Union des nationalistes pour le Renouveau, UNR et non de l’Alliance des Forces pour la Récupération du Congo (AFRC). L’ultime surprise les attendait : c’est James Jolsel qui s’est présenté comme témoin contre eux !

Pour ma part, j’ai constaté que des compatriotes ont été utilisés à leur insu comme des rebelles et membres de mon parti politique simplement parce que Hyppolite Kanambe a juré d’avoir ma tête. Je n’ai donc pas été surpris d’entendre le magistrat déclarer à l’audience que, selon le détective Jeemen, je vis à Rape Street et non pas à Fouries Street où je réside depuis 7 ans !

 

Mes chers compatriotes,

 

Les faits ci-dessus portés à ma connaissance en prison par mes compatriotes membres de l’AFRC  vous permettront, je l’espère, de réaliser que l’affaire de 19+1 Congolais présentement en prison en Afrique du Sud est une tragi-comédie montée de toutes pièces par Hyppolite Kanambe pour me neutraliser et au besoin obtenir mon rapatriement forcé à Kinshasa. Je suis néanmoins écoeuré de constater que des pères de famille innocents sont privés de liberté, séparés de leurs familles à la suite d’une manœuvre sordide planifiée par Hyppolite Kanambe et ses complices.

 

Mes chers compatriotes,

 

Dès lors que le scénario et le jeu de rôles sont révélés au grand jour, je voudrais que vous vous interrogiez avec moi pour savoir pourquoi je dois comparaitre comme cerveau moteur du prétendu complot alors que le président, le secrétaire général, le secrétaire général adjoint, et le chef d’état major de l’Alliance des Forces pour la Récupération du Congo sont bien identifiés ?

Dans le même ordre d’idées, je voudrais savoir dans quelles circonstances de temps et de lieu ma personne a tenté d’assassiner M. Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila.

Permettez-moi en outre de vous révéler que selon mon avocat, M. François Van H, ce qui m’est reproché c’est surtout mon langage ( !). Il s’agit en fait de l’appel plus d’une fois renouvelé prônant le recours aux armes par le vaillant peuple congolais pour chasser Hyppolite Kanambe du pouvoir.

Par ailleurs, à en croire M. Johan Cott, avocat de 19 Congolais présumés rebelles, il reçoit de fortes pressions du gouvernement sud-africain. Aussi, a-t-il décidé de ne tenir aucune conférence de presse pour ne pas être en conflit avec le gouvernement de son pays.

Cette assertion conforte ma conviction selon laquelle le gouvernement sud-africain porte une lourde responsabilité dans cette affaire de préparation d’un coup d’Etat qui n’a finalement existé que dans la tête de Hyppolite Kanambe et de ses complices sud-africains.

Ma conviction se base notamment sur le fait que lorsque je fus victime d’une agression le 3 mars 2003, j’avais écrit au président Thabo Mbeki qui ne réservera aucune suite à ma lettre, tout comme à la deuxième datée du 16 mars 2003 !

J’avais finalement décidé de fuir Johannesbourg pour me réfugier à Cape-Town dans l’espoir que les cauchemars s’arrêteraient. Quand le président Jacob Zuma a succédé  au président Thabo Mbeki, je lui ai également écrit et aucune réponse ne m’a jamais été réservée. Jusqu’à ce jour !

Comment dès lors ne puis-je pas croire que mon arrestation n’a que des motivations d’ordre politique ?

 

Mes chers compatriotes,

 

Qu’il vous souvienne que lorsque le président Laurent-Désiré Kabila fut assassiné dans son bureau au Palais de Marbre à Kinshasa le 16 janvier 2001, j’avais tenu, au cours du même mois, une conférence de presse au siège de l’ONG la Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme à Kinshasa-Kintambo pour condamner l’assassinat de mon père et dénoncer l’usurpation de l’héritage familial par Hyppolite Kanambe alias Joseph Kabila. Le 14 avril 2002, à Sun City en Afrique du Sud, au cours d’une conférence de presse devant les journalistes congolais venus couvrir les travaux du Dialogue intercongolais, je réitérais les mêmes accusations non sans dénoncer Hyppolite Kanambe et Mashako Mamba, son ministre de la Santé publique, pour avoir autorisé l’administration aux enfants congolais d’un vaccin périmé contre la poliomyélite en août 2001.

Souvenez-vous aussi de l’assassinat en 2005 d’Espérance Kabila, ma tante, simplement parce qu’elle avait osé revendiquer l’héritage familial laissé par son frère assassiné ! Dans le même ordre d’idées, ma sœur Aimée Kabila a été assassinée à Kinshasa dans la nuit du 15 au 16 janvier 2008 par la garde prétorienne de Hyppolite Kanambe.

Rappelez-vous également que feu Floribert Chebeya, d’heureuse mémoire, a été assassiné ainsi que son chauffeur Fidèle Bazana, non seulement parce qu’il s’apprêtait à déposer à la CPI un dossier sur le massacre des membres de Bundu dia Kongo dans lequel la responsabilité de Hyppolite Kanambe ne fait l’ombre d’aucun doute, mais aussi parce qu’il avait réussi à faire fuir ma mère de Kinshasa (où elle vivait avec Aimée Kabila) pour le Soudan via Brazzaville.

 

Mes chers compatriotes,

 

Tout en vous rappelant que je suis fier d’avoir mis à la lumière du soleil les origines rwandaises de Hyppolite Kanambe et d’avoir révélé les noms de ses parents rwandais, à savoir Christopher Kanambe et Marcelline Katebe, je profite de cette lettre ouverte pour vous exprimer toute ma gratitude pour vos diverses marques de soutien. Je vous exhorte donc à ne pas baisser les bras car notre cause est juste et le combat que nous menons pour la libération de notre pays est le seul bon combat qui vaille la peine.

Quant à moi, n’étant mêlé ni de loin ni de près à l’Alliance des Forces pour la Récupération du Congo et n’ayant pris aucun engagement avec James Jolsel ou Chadrien Kilele, c’est avec la conscience tranquille que j’attends la prochaine audience au Tribunal de Grande Instance de Pretoria, le mercredi prochain 27 février 2013. Je crois en la justice sud-africaine et espère qu’elle saura démêler le vrai du faux et que nous bénéficierons de la liberté provisoire en dépit de la forte pression exercée par le gouvernement de Kinshasa pour qu’il n’en soit pas ainsi.

Je reste convaincu que la justice sud-africaine fera preuve d’ indépendance d’autant plus qu’il y a peu lorsque Julius Malema déclarait : « For Zuma, we willk kill » ( Pour Zuma, nous tuerons), personne ne l’avait arrêté. Il en fut de même lorsque M. Zuma chantait : « MSHINI WAM ».

 

Patriotiquement !

 

Etienne Kabila Taratibu

Président de l’Union des Nationalistes pour le Renouveau

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6 Commentaires Poster un commentaire
  1. Patrick et bonny maelezo #

    Ns sommes du coeur avec toi,Ns esperons que tu seras le troisieme hero de notre pays.continue a combattre,car vivre vaincu c’est mourir tout le jour.alor parle nous de jeannette kabika.

    11 juin 2013
  2. showman #

    courage mon frere tient bon , on est de coeur avec toi

    25 février 2013
  3. bernard #

    charles de gaule etait refugie´ et activiste , pourquoi pas etienne kabila .Mon frere de sang etienne kabila je te soutiens a´ 100 % . C`est pas le temps de tergiverser ou de philosopher , mais le temps de soutenir notre frere de sang etienne kabila .

    24 février 2013
  4. kinsemi didier #

    moi je soutiens Etienne kabila et je suis pour la chute de kanambe

    22 février 2013
  5. Paul kayembe #

    Nous sommes de coeur avec toi mon frère Etienne sache Mzee est mort tué par kanambe mais un jour vient pr que hypollite paye de tout. Que DIEU se souvienne de toi

    22 février 2013
  6. SocLib #

    Après une lecture approfondie de cette lettre ouverte, quelqu’un se rend compte de certaines incohérences dans la mesure où l’auteur reconnaît implicitement un recrutement et un armement. Tomber dans le piège justifie également une certaine culpabilité de la part des détenus.
    En outre, en tant que réfugié, pourquoi Étienne croit une seconde qu’il est libre d’activisme politique en Afrique du Sud?

    22 février 2013

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