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Lettre ouverte aux Parlementaires de l’opposition /BAMBA DI LELO

Lettre ouverte aux Parlementaires de l’opposition

Bamba-di-Lelo

Mesdames et Messieurs,

Par sentiment patriotique, je tiens, en ce jour, conformément aux droits qui sont reconnus à tout citoyen congolais par la Constitution en son article 27, à vous adresser la présente lettre en guise de recommandation, et dont l’intitulé est, à dessein, appelé « lettre ouverte ».

En effet, les principaux motifs de la présente note sont articulés, autour de votre lassitude avérée devant le manque de volonté politique, et le manque d’initiatives favorables pour notre peuple, déjà meurtri, ainsi que devant des gesticulations dont vous faites preuve, au sein comme au dehors de l’hémicycle. En dehors du parlement notamment, vous vous êtes permis d’initier, par ignorance, peut-être ou par volonté délibérée, une plainte contre Monsieur Malu-Malu Apollinaire, président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI, en sigle) auprès du Parquet Général de la République, en dépit du fait pourtant évident que cette juridiction, fortement inféodée, ne tardera pas à être rejetée, pour son impertinence, et son atteinte à l’institution du Président de la République !

Au finish, le peuple congolais, étant plutôt naïf, ne se rend pas compte que certains Parlementaires de l’Opposition jouent au folklore, en accompagnant modestement l’imposture de Joseph Kabila, jusqu’à la prise du pouvoir, voire la prolongation par surprise de son mandat en 2016. Car au Congo- Kinshasa, les membres de l’Opposition subissent et n’anticipent guère un événement ! C’est le cas de le dire pour la pétition initiée dans un passé récent, par Martin Fayulu qui, jusqu’à présent, n’a fourni aucun impact significatif dans le chromosome politique congolais.

Comme en 2010, à la veille des élections de triste mémoire de 2011, vous êtes tentés, hélas, de faire le jeu des Parlementaires de la Majorité présidentielle, reconnus pourtant comme partisans avérés du « statu quo ». Alors que la « Constitution » ,que vos prédécesseurs ont défendu ,et soutenu à bras le corps, n’est même pas encore mûrie, vous venez d’accepter le projet du Gouvernement, tendant à modifier la Constitution en cours d’exercice, moyennant rémunération conséquente, communément appelée, « Epakolami », pour assouvir vos intérêts, d’asseoir finalement un régime totalitaire, contre la volonté du peuple congolais !

Décidément, vous avez la mémoire courte sur les « effets néfastes » que ce type de régime politique a provoqué contre notre patrie. Chacun de vous devra pourtant assumer la responsabilité de ses actes, et de son mandat devant l’Histoire les générations présentes, et futures des Congolais, « déjà nés ou encore à naître ».

Mesdames et Messieurs,

En agissant en complices, comme vous semblez le faire présentement, vous contribuez uniquement à l’instabilité politique et institutionnelle. A l’évidence, vous devez vous rendre compte que nous n’avons de pays que par son seul nom. En effet, il est difficile de savoir qui exerce les vrais pouvoirs et qui en subit les conséquences !

C’est dans ce contexte d’ailleurs que l’Eglise catholique, face à ce déficit, vient de hausser le ton, en appelant le peuple congolais à « faire preuve de vigilance » pour s’opposer, par tous les moyens légaux et pacifiques, à toute tentative de modifications des articles « verrouillés » de la Constitution, afin de permettre, cette fois-ci enfin, une transition véritablement démocratique, après les élections présidentielles prévues en 2016, sans évidemment la participation de Joseph Kabila. Car, il est superflu de remarquer que celui qui organise simplement une manifestation en devienne subitement le danseur, seul sur la piste, car la « rumba » se danse « toujours à deux ».

Mesdames et Messieurs,

Est-il vraiment faux de penser que d’aucuns argumentent du fait que vous avez été élus pour le besoin de la « bouche » et du « ventre » ? S’il est vrai de pouvoir en arriver à un tel constat, somme toute juste, mais blessant, comment justifiez-vous dès lors l’auto-octroi de salaires, de l’ordre de 7.500 dollars US, l’attribution des « véhicules haute gamme », ainsi que d’autres avantages matériels exorbitants, alors que les agents et fonctionnaires de l’Etat, le personnel médical et paramédical, les enseignants primaires et secondaires croupissent encore dans une précarité et une misère innommables ?

Je vous exhorte à faire un pas vers l’avant, si vous voulez être réélus lors du prochain scrutin. Actionnez les mécanismes constitutionnels mis à votre disposition pour faire respecter le droit, en vue de faire avancer le pays. Faites en sorte que les mécanismes prioritaires soient, non pas ceux qui vous accordent des avantages personnels et égoïstes au détriment du peuple, mais qui permettent plutôt à chaque citoyen de vivre décemment, tant pour sa sécurité physique qu’alimentaire.

C’est autant dire que les élections attendues en 2016 doivent être l’aboutissement d’un processus, qui doit commencer dès maintenant. Qu’on signifie à Joseph Kabila, par des actes et non par des paroles, qu’il y a une opposition politique digne du peuple congolais ! Que Joseph Kabila sache qu’il est un homme du passé, qui a imposé au Congo Kinshasa le cynisme, la fourberie caractéristique de nos frères « Africains de l’Est » (Tanzanie, Rwanda, Ouganda), autant que des « méthodes expéditives », dont Floribert Chebeya parlait, par la « culture de la gâchette facile ».

In fine, je vous invite, Mesdames et Messieurs les Députés de l’Opposition, de prêcher par l’exemple. Vous devez suivre l’exemple de votre estimé collègue, le vaillant soldat du peuple, Eugène Diomi Ndongala, en quittant, sans délais, les institutions dont vous faites partie (Assemblée Nationale, Sénat, CENI, etc.). Saurez-vous choisir l’intérêt général, en lieux et places de vos intérêts particuliers ? Dommage que, depuis l’indépendance de notre pays, l’argent a perverti les mœurs politiques. L’homme congolais est prêt à exhiber la danse du ventre devant le tyran qu’est devenu ce parvenu, Joseph Kabila ! 

Et pourtant, c’est nous qui fabriquons le tyran, et le déposons. L’heure est venue pour la dépose du tyran. A défaut, chacun de nous répondra devant le jugement de l’Histoire !

Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des Questions politiques du Congo
jbadil@hotmail.be

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=9100

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