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Articles Tagués ‘CRISE POLITIQUE EN RDC’

Congo: les élections de qui ?

Congo: les élections de qui ?   

                Mis en ligne le 23/02/2012

                Par Marie-France Cros

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a confirmé mardi à New York les informations publiées le même jour par “La Libre Belgique” au sujet de son intention de se rendre à Kinshasa fin mars. Il s’agira, a-t-il précisé à Belga, de “voir comment travailler avec les nouvelles autorités”  et “préparer les élections locales et provinciales” après les scrutins présidentiel et législatif frauduleux du 28 novembre, qui, a-t-il pudiquement commenté, “se sont assez mal passés”.

Le ministre belge semblait ignorer les déclarations faites le même jour par le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende.

Selon ce dernier, cité par la radio onusienne Okapi, en effet, “l’organisation des élections provinciales dépend de l’appui financier des partenaires extérieurs”. Le ministre congolais n’a pas hésité à déclarer que “si la République démocratique du Congo a pris le risque d’organiser les élections présidentielle et législative, c’est parce que les partenaires avaient assuré leur soutien financier” mais le gouvernement congolais s’est retrouvé seul à financer ces élections, a-t-il précisé selon Radio Okapi.

Sauf à considérer que 160 millions d’euros ne sont rien, cette affirmation est inexacte puisque c’est le montant du financement des scrutins du 28 novembre fourni par l’Union européenne et ses Etats membres.

Au départ, cette somme représentait en gros un tiers du coût prévu des élections mais, en raison des retards accumulés par la Commission électorale congolaise, les dépenses ont gonflé et les suppléments ont été payés par Kinshasa.

Reste que l’affirmation de M. Mende est illustrative de l’état d’esprit qui prévaut à Kinshasa: l’élection importante, c’était la présidentielle, destinée à maintenir “le chef” au pouvoir –  dont Washington ignore s’il a ou non réellement été élu (voir LLB 21 fev) – puis, dans une moindre mesure, la législative, pour assurer coûte que coûte (500  recours en annulation) une majorité à Joseph Kabila. Les autres scrutins, décidément, Kinshasa s’en bat l’œil, voire préfère qu’ils n’aient pas lieu vu la propension des électeurs à  sanctionner le pouvoir; M. Mende ne parle-t-il pas, d’ailleurs, du “risque” d’organiser les élections?

Bien gênant pour M. Reynders, qui évite de prendre une position claire sur les scrutins du 28 novembre en renvoyant aux provinciales. Et pour l’Union européenne, qui s’est beaucoup investie pour la démocratisation.

© La Libre Belgique 2012

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