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Articles Tagués ‘processus electoral’

Freddy Kita (DC): « Je demande à mes amis de l’opposition de ne pas crier victoire et de rester vigilants, le pari n’est pas gagné » /LE POTENTIEL

FREDDY KITA (DC) et BADIBANGA

FREDDY KITA (DC)

*Freddy Kita: « Je demande à mes amis de l’opposition de ne pas crier victoire et de res

Dans un entretien avec Lepotentielonline.com, le Secrétaire Général de la Démocratie chrétienne (DC), Freddy Kita, donne son point de vue sur le retrait de l’alinéa controversé de la loi électorale à l’origine des violentes  manifestations à la mi-janvier à Kinshasa et dans d’autres villes du pays. Il exhorte également l’opposition congolaise à s’unir pour mieux affronter les échéances électorales à venir. 

L’alinéa 3 de l’article 8 de la loi électorale, qui a provoqué des manifestations meurtrières à Kinshasa et dans certaines villes de province, a été carrément retiré. Selon vous, cela suffit-il pour apaiser les esprits indignés?

Dès l’abord, je présente mes sincères condoléances aux familles éprouvées; je compatis à leur douleur. Il y aurait eu 1 mort, c’eût été trop, alors pensez 141 morts sur l’ensemble du territoire, sans compter les disparus, cela donne le vertige. Et ceux qui étaient arbitrairement arrêtés croupissent encore en prison.

Pour cela, je suis très peiné de constater que Evariste Boshab est allé réconforter les sujets chinois, dont les magasins ont été pillés, et a allégrement ignoré les familles en deuil. C’est franchement consternant.

Pour en venir à l’article 8 de la fameuse loi électorale, dans son alinéa 3, tel qu’il a été présenté par son auteur, Evariste Boshab, je dis qu’il est foncièrement mauvais parce qu’il a été taillé sur mesure. Il est à 100% en faveur du pouvoir. C’est la raison pour laquelle nous l’avons décrié.

Evariste Boshab n’en est pas à sa première tentative, car il avait auparavant publié un livre sur une éventuelle révision de l’article 220 de la Constitution, portant sur le nombre, la durée des mandats du président et la forme de l’Etat. Un vrai projet politique.

Certes, le texte électoral querellé a été retiré, mais il ne peut apaiser les esprits. Car, il reste des zones d’ombre.

La Démocratie chrétienne et la Majorité présidentielle populaire demandent le retrait total de cette loi électorale. Pourquoi  modifier les règles de jeu à la veille des élections?  Je demande aux membres de la majorité au pouvoir de garder patience.

Que voulez-vous dire par là?

Après les élections de 2016, nous verrons si nous devons, soit changer des articles de la Constitution, soit modifier la loi électorale. Pour le moment, nous voulons que les lois de 2006 et 2011 sur les élections soient respectées.

Comment réagissez-vous à la manière quelque peu cavalière avec laquelle le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a interféré dans le déroulement normal du travail de la commission mixte paritaire réunissant des députés et sénateurs?

Aubin Minaku ne répond qu’aux injonctions de ceux qui ont fait de lui la personnalité qu’il est devenu aujourd’hui.

Avant la présentation de cette loi à l’Assemblée nationale, il avait dit que « la population n’a rien à imposer aux membres du parlement ». Aujourd’hui, cette même population vient de lui prouver le contraire.

Ce qui est sûr, il a subi de fortes pressions. Il n’a donc pas eu le choix que de retirer ce texte.

Néanmoins,  je demande à mes amis de l’opposition de ne pas crier victoire et de rester vigilants. Le pari n’est pas gagné. La majorité est capable de tout pour se maintenir au pouvoir en 2016. C’est un secret de polichinelle.

Le processus constitutionnel doit être respecté. Sinon, nous appellerons à nouveau à un soulèvement populaire. L’article 64 de la Constitution nous y autorise.

L’expérience burkinabè des 30 et 31 octobre 2014 a-t-elle fait des émules en RDC?

Je crois que le peuple congolais a fait plus que le peuple burkinabè. Et nous avons commencé la révolution avant nos amis burkinabè.

Le Congolais est par nature très patient; il observe et il attend. Quand il n’en peut plus, il explose. Nous l’avons vécu les 19, 20 et 21 janvier 2015. Des révoltes sur presque l’ensemble du territoire national.

Blaise Compaoré a eu le temps de s’enfuir. Est-ce que ceux qui sont au pouvoir en RDC en auront-ils? Rien n’est moins sûr.

Les cas burkinabè et congolais pourraient-ils servir d’exemples aux peuples de certains pays africains?

Bien sûr que oui! Ils pourraient servir d’exemples non seulement en Afrique mais également dans le monde.

Les manifestations et les troubles de ces derniers temps témoignent du refus des peuples burkinabè et congolais de se soumettre.
Le temps des présidents à vie est révolu. Le temps des hommes providentiels, indispensables est révolu en Afrique.

Un vent nouveau souffle sur le continent africain, le vent du renouveau, c’est le vent de l’espoir.

Les africains sont décidés à prendre leur destin en main. Parce que personne d’autre ne viendra développer l’Afrique pour eux.
Les temps ont changé, nous entrons dans une ère nouvelle pour l’Afrique.

Quel rôle ont joué les chancelleries occidentales dans le dénouement de cette crise?

La Communauté internationale nous a toujours soutenus dans les moments difficiles. Souvenez-vous du Palais de marbre 1 et 2, de l’Accord d’Addis-Abeba, de  l’Accord de Lusaka, de l’Accord de Sun City…

A maintes reprises, la Communauté internationale est intervenue dans la résolution des conflits entre les Congolais, et entre les pays voisins et la RDC.

Et dans les récents événements survenus dans le pays, elle a encore pesé de tout son poids pour le retrait de la fameuse loi électorale.

Les émissaires occidentaux ont rencontré le président du Sénat, Kengo, le président de l’Assemblée nationale, Minaku, et le président de la République, Kabila, à ce sujet. Ce qui est une démarche tout à fait louable.

L’union de l’opposition à laquelle on a assisté pour dénoncer cette disposition du projet de loi électorale pourrait-elle se pérenniser?

Bien qu’elle soit plurielle, l’opposition congolaise veut maintenant jouer collectif. Nous avons compris que pour gagner les prochaines élections, nous devons être unis.

Le soulèvement populaire initié à la mi-janvier en est la preuve. Nous avons mis nos égos de côté. Il faut que l’union amorcée se pérennise. Absolument. Nous en sommes conscients: le rassemblement est le seul antidote contre la victoire de la  majorité en 2016.

 

http://www.lepotentielonline.com/index.php?option=com_content&view=article&id=11922:freddy-kita-je-demande-a-mes-amis-de-l-opposition-de-ne-pas-crier-victoire-et-de-rester-vigilants-le-pari-n-est-pas-gagne&catid=90:online-depeches

 

 

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