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LA DEMOCRATIE CHRETIENNE DENONCE UN PROCESSUS ELECTORAL NON INCLUSIF ET LE SOUBASSEMENT POLITIQUE DU DECOUPAGE DE CERTAINES PROVINCES

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*COMMUNIQUE B-POL/DC N° 5 DU 07/03/2015 – LA DEMOCRATIE CHRETIENNE DENONCE UN PROCESSUS ELECTORAL NON INCLUSIF ET LE SOUBASSEMENT POLITIQUE DU DECOUPAGE D

Le Bureau politique de la Démocratie Chrétienne s’est réuni ce 06/03/2015 afin de prendre position par rapport à l’actualité politique du moment, particulièrement sur

- les connotations inconstitutionnelles de certaines phases du processus électoral tel que configuré par le calendrier de la Ceni;

- le découpage administratif sans préparation lancé par le régime Kabila à la veille d’importantes échéances électorales;

- le non-respect de la part de l’actuel Gouvernement dit de cohésion national, ayant comme programme politique la mise en application des décisions du forum politique appelé « Concertations Nationales », de la résolution exigeant la libération des prisonniers politiques nommément cités, dont la libération est, pour la DC, un préalable d’inclusivité incontournable.

Focalisant son attention sur l’inclusivité de ce processus électoral, la  Démocratie Chrétienne tient à manifester toute sa préoccupation et indignation par rapport au choix inconstitutionnel de l’actuel Bureau de la Ceni, d’exclure 5 générations de jeunes congolais de certaines échéances électorales.

 La Démocratie Chrétienne souligne que « le droit de vote » et le « droit à se porter candidat » des citoyens congolais est un droit civil et politique garanti par l’art. 5 de la Constitution  et par le « Pacte International relatif aux droits civils et politiques » et il ne peut être restreint que dans les cas prévus par la Loi Fondamentale  actuellement en vigueur en RDC.

Il sied aussi de souligner que l’utilisation de l’ancien fichier électoral  de 2011 qui contenait, selon certains experts et observateurs, presque  9 millions d’électeurs fictifs, est inadéquat pour constituer la base d’un énième cycle électoral, ayant été à la base de la fraude électorale massive des élections de 2011.

Voilà pourquoi  la DC invite les jeunes congolais à rester vigilants et refuser d’être traités comme des citoyens de deuxième zone à cause de prises de position inconstitutionnelles  de certains fonctionnaires du très contesté bureau de la « Commission Nationale Indépendante des Elections » qui ont élaboré un calendrier électoral irréaliste et basé sur la discrimination des citoyens congolais ( lire la dernière déclaration politique de la DC ici ).

Par rapport aussi à l’exclusion de certains congolais du droit de vote, le bureau  politique de la Démocratie Chrétienne fait noter qu’ un grand nombre de citoyens se plaignent de l’impossibilité de se procurer des duplicata de leurs cartes d’électeurs, le processus prévu à cet effet  par la Ceni s’estompant au niveau des dépôts de plaintes de perte de cartes d électeurs,  qui est monnayé dans les commissariats de la police nationale et même par la décision d’impliquer les communes avec une taxe  – dite quittance – ad hoc exigée aux citoyens demandeurs. Et malgré avoir payé aussi bien la PNC que la commune, la majorité des citoyens n’obtiennent pas le duplicata de la carte d’électeur indispensable tant pour voter que pour être élu.

Dans ce contexte de chaos organisé basé sur la  volonté politique d’exclure certaines  groupes de citoyens du processus électoral, la Démocratie Chrétienne réitère sa demande de revenir sur les fondations de l’actuel processus électoral en prévoyant l’identification des électeurs, d’autant plus qu’au moment où nous couchons ses lignes, curieusement deux organes se disputent l’organisation d’un recensement général de la population  contre l’organisation duquel la population congolaise s’est déjà exprimée le 19/20/21 janvier 2015 par des manifestations de masse:

d’un côté il y aura  l’Onip, n’ayant pas encore démarré son travail de recensement faute de moyens logistiques et qui est censé recenser la population  et le BCR, le Bureau Central du Recensement qui, selon l’actuel Ministre du Plan, aurait la charge de démarrer un recensement général de la population  mais –souligne-t-on – sans lien avec le processus électoral : ce qui ajoute du chaos à un processus déjà problématique, où on en sait plus qui fait quoi et pourquoi….

Dans ce conteste flou et dangereux pour la paix en RDC, la DC réitère sa proposition d’invertir l’ordre du calendrier électoral, donnant priorité à  l’élection présidentielle prévue, selon le timing constitutionnel  de l’ art. 73 de la Constitution, en septembre 2016, et cela après une nouvelle identification des électeurs qui ne prive personne de son droit légitime au vote. On donnerait ainsi   au nouveau président élu la lourde charge d’organiser, selon les règles, les autres scrutins à venir.

La Démocratie Chrétienne prévient qu’en cas de non-respect des préalables indispensables pour un processus électoral transparent, respectueux des dispositions constitutionnel et inclusif, notre parti appellera la population au  boycott, refusant que les citoyens congolais soient  appelés, encore une fois,  après les précédents de 2006 et de 2011,  à « voter » mais pas « élire » leurs dirigeants.

En cas de persistance de la part de l’actuel bureau de la Ceni, de sa volonté d’ exclure des citoyens congolais du vote, la Démocratie Chrétienne se réserve le droit de porter plainte contre la RDC et la Ceni,  auprès du Comité des Nations Unies Chargé du Contrôle  du  respect des dispositions du « Pacte International relatif aux droits civils et politiques » par les Etats signataires, et cela pour violations dudit traité international, en vertu de son « Protocole facultatif » souscrit par la RDC.

 Le bureau politique de la DC tient à alerter l’opinion nationale et internationale sur les conséquences fâcheuses d’une application tardive – après 9 ans de retard – et sans aucune préparation, du découpage administratif débouchant dans le démembrement de plusieurs provinces de la RDC.

Ce processus, lancé sans être budgétisé, risque de déboucher dans une multiplication d’entités administratives sans légitimation démocratique et qui ne seront pas la matérialisation du principe de la décentralisation administrative restée lettre morte jusqu’à ce jour en RDC.

Privées jusqu’à présent de ressources et même d’autonomie réelle de gestion financière et sécuritaire,  les provinces sont restées pendant 9 ans des entités essentiellement burocratiques et budgétivores, incapables de lancer le développement local des 11 provinces de la RDC.

En réponse aux menaces indépendantistes de certaines provinces, comme le Katanga, le régime Kabila à chercher à neutraliser cet élan en se rappelant, avec 9 ans de retard, de la décentralisation administrative, qui a été certainement un des points faibles de la gouvernance kabiliste. Plutôt que soigner le mal, les actuels dirigeants, essayent d’effacer les symptômes des velléités indépendantistes.

Vu le soubassement politique de cette décision non programmée (l’exécutif se donne 5 ans pour rendre les nouvelles entités administratives viables ),  le bureau politique se questionne sur   les conséquences de ce choix « politique » dans le cas où les provinces visées par le démembrement refuseraient  de coopérer, au niveau des assemblées provinciales,  en vue de leur propres mise à mort….

Cela étant, la Démocratie Chrétienne appelle les congolais à la vigilance surtout  dans le cas où aucun consensus national ne soit dégagé aussi bien sur la formation du bureau de la Ceni, le calendrier électoral que sur les préalables incontournables pour des élections inclusives, transparentes et démocratiques.

La Démocratie Chrétienne invite les autres forces politiques et sociales à ne pas chercher des  solutions palliatives, comme la proposition d’un calendrier qui exclue la participation de citoyens congolais au vote ou bien lançant des propositions qui sont toujours en contradiction avec la loi électorale dernièrement modifiées et qui maintient le recensement général de la population comme nécessité incontournable pour la tenue de certaines  élections.

 D’autant plus qu’ en ce qui concerne l’élection présidentielle, la Démocratie Chrétienne se demande toujours sur quel fichier électoral  cette élection cruciale pourrait-elle se tenir, vu qu’elle est déconnectée aussi bien du recensement général des électeurs que de toute nouvelle identification des électeurs…

En effet,  au stade actuel, l’élection présidentielle comme les élections locales ou provinciales, ne pourraient se tenir que  sur la base de l’ancien fichier électoral lequel  exclue aussi bien  5 générations de citoyens congolais récemment devenus majeurs d’âge  que, dans les faits,  tous les congolais qui auraient égaré leur carte d’électeur, le mécanisme pour les duplicata mis  en place étant onéreux et inefficace.

Egalement, le bureau politique de la Démocratie Chrétienne invite les partis d’opposition ayant des membres au bureau de la Ceni de les retirer en conformité à leur engagement plusieurs fois rendu publique mais jamais respecté.

En ce qui concerne le programme politique de  l’actuel gouvernement dit de « Cohésion Nationale », la Démocratie Chrétienne constate que l’actuel exécutif, plutôt que donner stricte application aux résolutions du forum politique dont il est issu, les « Concertations Nationales », il est en train de donner une application sélective des décision des différentes thématiques en ce qui concerne le dossier des prisonniers politiques et d’opinion.

En effet, la deuxième résolution contenue dans le Rapport de la thématique Gouvernance et Démocratie  prévoyait  la libération d’un liste de prisonniers politiques et d’opinion qui a été appliquée d’un manière sélective puisqu’à ce jour 3 prisonniers politiques restent en prison : il s’agit du Président National de la Démocratie Chrétienne, l’Honorable Eugène Diomi Ndongala, M. Eric Kikunda  (DC) et M Firmin Yangambi.

La Démocratie Chrétienne invite l’exécutif dit de « cohésion nationale » issu des concertations nationales à plus de cohérence et au respect de  ses propres engagements programmatiques,  pour sa  propre crédibilité politique et à prôner l’inclusivité du processus électoral en cours, en libérant les prisonniers politiques nommément cités dans la liste des concertations nationales et en reconnaissant le « droit de vote » ainsi que l’éligibilité  des jeunes congolais qui ont entre 18 et 23 ans.

Vérité et Justice pour le Congo,

 Fait à Kinshasa, le 07/03/2015

Le Porte Parole,

Jean-Pierre Boka Kapella

00243 814652936

CACHE DC

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