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PAS DE DIALOGUE SANS LIBERATION PREALABLE DES PRISONNIERS POLITIQUES / FREDDY KITA, SG DE LA DC A AFRIKARABIA

Dialogue en RDC : « Kabila a toujours cherché à diviser l’opposition »

Freddy Kita 31

Afrikarabia : Freddy Kita, le président Joseph Kabila souhaite ouvrir un dialogue national avec les « forces vives » de RDC. Participerez-vous à ce dialogue ?

Freddy Kita : A la Démocratie chrétienne (DC), nous ne serons pas partie prenante à ce dialogue sans la libération des prisonniers politiques dont le leader politique de l’opposition Eugène Diomi Ndongala. Il faut se rappeler qu’en 2012, il y a déjà eu l’accord cadre d’Addis-Abeba dans le lequel Joseph Kabila s’était engagé à convoquer un dialogue national. Ce qu’il n’a jamais fait. A notre grande surprise, en 2013, il a décidé d’organiser les Concertations nationales, mais encore une fois, les recommandations de ces Concertations n’ont jamais été appliquées. Et notamment la libération des prisonniers politiques, dont Eugène Diomi Ndongala, le président de la Démocratie Chrétienne, mais aussi tous les autres. Aujourd’hui, monsieur Kabila décide qu’il faut dialoguer avec l’opposition, qu’il a toujours sous-estimée et cherché à diviser. Nous pensons qu’il y a quelque chose de flou qui se cache derrière cet appel au dialogue. Nous connaissons tous Joseph Kabila : il a les armes, l’argent du Trésor public, l’imperium et il se réveille un matin pour dialoguer avec nous. Il faudrait  d’abord que monsieur Kabila applique les quelques 600 recommandations des Concertations nationales… et après, nous verrons sa bonne foi.

Afrikarabia : Les principaux partis d’opposition ont rejeté l’offre de dialogue de Joseph Kabila. Seule l’UDPS l’a accepté, à la condition qu’il se déroule sous l’égide de la communauté internationale. Est-ce que vous comprenez cette position de l’UDPS dont on connaît l’intransigeance avec le pouvoir ?

Freddy Kita : Le Président Diomi Ndongala avait lancé le 17 avril 2012 la Majorité présidentielle populaire (MPP) pour revendiquer la victoire d’Etienne Tshisekedi aux élections de 2011 (l’UDPS et la DC n’ont jamais reconnu la légitimité de Joseph Kabila après les élections chaotiques de 2011, ndlr). Dans la feuille de route de l’UDPS, on parle de dialogue pour faire reconnaître à Joseph Kabila sa défaite et qu’il remette « l’impérium » à Etienne Tshisekedi. Le problème, c’est que je ne crois pas que monsieur Kabila acceptera ce genre de condition. Donc tout cela ne sert à rien, surtout parce que il n’y a pas de bonne fois dans cette démarche. 

Afrikarabia : Si on ne peut pas négocier l’imperium avec Joseph Kabila, que peut-on négocier ? Le calendrier électoral ?

Freddy Kita : Depuis la publication du calendrier par la Commission électorale (CENI), nous savons que ce calendrier est irréalisable. On ne peut pas organiser sept élections en l’espace d’un an, c’est impossible. Mais attention, on ne peut pas parler du calendrier des élections avec monsieur Kabila. Il y a une CENI pour cela, qui est censée être indépendante pour discuter avec les différents partis politiques. Je demande donc à mes amis politiques de faire un seul bloc et de marcher la main dans la main.

Afrikarabia : Que souhaiteriez-vous dire à Félix Tshisekedi ? 

Freddy Kita : C’est un allié et un frère. Je le soutiens dans ses combats, mais je crois que l’heure est arrivée pour un grand rassemblement de toute l’opposition politique congolaise.

Afrikarabia : Le président de la Démocratie chrétienne, Eugène Diomi Ndongala est détenu depuis avril 2013 pour une affaire de moeurs que vous dénoncez être un « montage grossier ». Où en est-on dans cette affaire ?

Freddy Kita : Nous n’avons jamais cessé de le dire : Diomi Ndongala est le prisonnier politique personnel de Joseph Kabila. Le patron de l’ANR (les services de renseignements congolais, ndlr), monsieur Kalev, sait de quoi je parle. C’est son agence qui est derrière l’arrestation de Diomi Ndongala et de quelques militants de la DC. L’ANR a aussi planifié le saccage du siège du parti. Après l’UDPS, la DC est le plus ancien parti d’opposition populaire au Congo. Son « procès » en mars 2014 n’a été qu’une condamnation arbitraire… en l’absence de l’accusé ! Nous ne sommes pas dans une Etat de droit. Nous attendons maintenant que la Commission internationale des droits de l’homme à Genève puisse émettre une décision. Il y a déjà eu une lettre de « rappel à l’ordre », envoyée par Genève aux autorités de Kinshasa. Et nous demandons que Diomi Ndongala puisse être autorisé à voyager pour se faire soigner, car il est malade.

Afrikarabia avec DC

 

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