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CONFERENCE DE PRESSE DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC, / Paris, 21/01/2016

ENTETE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU 210116

I- MOT DE BIENVENUE ET CONTEXTE DE LA CONFERENCE

Mesdames, messieurs de la presse,

Chers invités,

Chers camarades,

En ce début d’année 2016, il est de la tradition d’adresser à tous, et particulièrement au peuple congolais, mes sentiments d’amour et d’espoir pour cette année nouvelle que nous venons de commencer.

L’occasion nous est aussi donnée pour faire un bilan de notre action, du combat engagé depuis les élections chaotiques du 28 novembre 2011. Voilà donc plusieurs années que nous luttons pour l’instauration d’un Etat de droit dans ce beau pays qu’est la République démocratique du Congo. Mais avec une comptabilité macabre de nos nombreux martyrs.

Je veux donc ici rendre un hommage particulier à tous les compatriotes exécutés, enlevés, tués lors des différentes manifestations ou dans leur domicile, par des forces de l’ordre ou des milices pro-gouvernementales, torturés ou emprisonnés à cause de leurs opinions, du fait de leur appartenance à l’opposition ou à la société civile.

Ici je pense plus particulièrement à Eugène DIOMI NDONGALA, Président National de la Démocratie chrétienne, initiateur et porte-parole de la Majorité présidentielle populaire, M.P.P, emprisonné à Kinshasa à cause de son combat et ses opinions politiques.

Je présente mes souhaits d’espoir aux malades dans les hôpitaux, aux blessés de guerre, aux personnes vivants avec handicaps, aux veuves, aux orphelins, à tous les prisonniers politiques et au peuple de la RD Congo dont l’immense majorité des 80 millions d’habitants vit sous le seuil de la pauvreté absolue (8 habitants sur 10 selon les chiffres du FMI publiées au mois d’octobre 2015), en dépit d’une croissance macro-économique théorique de 7%.

La Démocratie Chrétienne, D.C en sigle, vous remercie pour votre présence à cette conférence de presse, aussi bien au nom de son Président National, M. Eugène Diomi Ndongala, qu’à mon nom propre, en ma qualité de Secrétaire Général.

Notre parti politique a déjà exprimé toute son inquiétude par rapport à la grave crise politique que traverse la R.D.Congo en ce moment, à cause d’une impasse politique généralisée et, il faut l’avouer, savamment entretenue, afin d’empêcher l’organisation de l’élection présidentielle en septembre 2016, comme prévu par la Constitution actuellement en vigueur.

Des voix se sont levées pour que les problèmes politiques très graves qui secouent en ce moment la RDC soient résolus à travers un Dialogue Politique essentiellement centré sur le lancement d’un processus électoral dont notre pays est actuellement dépourvu, à seulement quelques mois de la date constitutionnellement prévue pour l’élection présidentielle.

Le constat est pour le moins dramatique :

  1. En RDC, en ce moment, il n’y a pas de calendrier électoral ;

  2. Le fichier électoral n’est pas viable ni mis à jour, excluant jusqu’à présent près de 8 millions de jeunes devenus majeurs d’âges depuis 2011 ;

  3. Le financement alloué depuis 2012 pour la tenue des élections et inscrit au budget national depuis cette date a été détourné pour d’autres finalités non inscrites au budget et seulement un infime partie a été versée à la Commission Électorale Nationale Indépendante, CENI en sigle, en vue d’organiser les élections ;

  4. Aucune opération technique de viabilisation du fichier électoral n’a été effectuée à ce jour ;

  5. Un calendrier électoral inapplicable et inappliqué a été rendu public en février 2015 et aucun scrutin prévu n’a été organisé selon ce calendrier, devenu caduc, que d’ailleurs la Démocratie Chrétienne avait déjà défini comme « irréaliste » depuis son lancement en février 2015.

  6. La communauté Internationale ne peut participer au financement des élections à l’absence d’un calendrier réaliste.

II- SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN RD CONGO

Cette situation est marquée sur le plan politique par un blocage, du fait de l’absence d’un véritable dialogue entre la majorité au pouvoir et l’opposition, puis un Etat des droits de l’homme catastrophique.

A l’absence de processus électoral s’ajoute une situation répressive des droits civils et politiques à dire peu scandaleuse, avec la détention arbitraire des opposants qui osent dénoncer les dérives du pouvoir en place à Kinshasa :

nous citons le cas du leader de la Démocratie Chrétienne, M. Eugène Diomi Ndongala, d’ailleurs malade, qui a du introduire un recours près du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies afin de dénoncer son arrestation et détention arbitraires, à la suite d’un procès juridiquement nul et non advenu et qui viole le Pacte International Relatif aux Droits civils et politiques, dont la RDC est signataire ; nous citons aussi les défenseurs des droits de l’homme M. Firmin Yangambi et Christopher Ngoy, les jeunes des mouvements citoyens arrêtés à Kinshasa et à Goma à qui s’ajoutent tant d’autres, tous victimes d’accusations fantaisistes et d’une instrumentalisation flagrante de la justice à des fins politiques.

A cette situation d’impasse et de répression politique s’ajoute une situation sécuritaire très inquiétante pour la population de la RDC, avec des massacres au Nord Kivu, où plus de 600 personnes ont été exécutées à l’arme blanche près de la ville de Beni au cours des derniers 14 mois, et la macabre découverte, à Kinshasa et au Katanga, en décembre 2014, de fosses communes contenant des centaines de cadavres ensevelis nuitamment par des militaires et dont l’origine reste à déterminer. Le régime Kabila refusant toute enquête indépendante sur l’identité et les circonstances de la mort des citoyens congolais qui y sont enterrés, sans aucun respect de la dignité humaine.

Le droit à la libre expression, socle de toutes les libertés, n’est pas respecté au Congo-Kinshasa et une censure systématique plane sur les médias aussi bien publics que privés.

Dans ce contexte de piétinement des droits civils et politiques, la proposition d’un Dialogue  pour trouver des réponses aux graves problèmes qui se posent dans notre pays, n’est pas à banaliser.

Il est aussi nécessaire de souligner l’incapacité des institutions issues des élections frauduleuses du 28 novembre 2011, de fonctionner normalement et de donner des réponses aux défis électoraux, politiques, sécuritaires et économiques qui se posent au Congo Kinshasa.

Voilà pourquoi, d’ailleurs, le Forum politique appelé « Concertations Nationales », tenu en 2013, a échoué à trouver des solutions aux problèmes qui se posent en RDC, à cause de son approche strictement institutionnelle dans laquelle les forces politiques et sociales qui contestaient les élections législatives et présidentielles de novembre 2011 n’étaient pas associées.

Certes, un Dialogue National qui puisse être considéré comme inclusif et représentatif du panorama politique congolais ne devrait jamais éluder la question politique centrale de la libération préalable des prisonniers politiques par rapport auxquels le leader historique de l’opposition congolaise, M. Etienne Tshisekedi wa Mulumba, vient récemment d’exiger la libération immédiate, aussi bien dans un discours qu’il a adressé à la nation congolaise le 08/01/2016 que dans une correspondance officielle du 09/01/2016 adressée au Secrétaire Général de l’Onu, M Ban-Ki -Moon.

Le respect de la Constitution de la RDC et du nombre de mandats présidentiels sont aussi des exigences incontournables pour la tenue d’un Dialogue National Inclusif qui puisse apporter des solutions à la grave crise institutionnelle qui sévit en République Démocratique du Congo.

Néanmoins, nous constatons que la majorité au pouvoir en RDC multiplie les manœuvres dilatoires pour retarder aussi bien la libération des prisonniers politiques que le dialogue.

III- PROPOSITIONS DE LA DC POUR SORTIR DE CETTE SITUATION

Pour sortir de cette situation de blocage et favoriser l’instauration d’une démocratie apaisée, au sein de laquelle tous les acteurs puissent jouer chacun sa partition, la Démocratie Chrétienne avance quelques pistes :

1. la libération des prisonniers politiques avant le lancement du Dialogue ;

2. La présence d’un facilitateur International;

3. Le lancement dans le meilleur délai, par le facilitateur, d’un comité préparatoire devant organiser techniquement le dialogue ;

4. Le lancement dans le meilleur délai de la phase technique de la préparation des élections par la CENI, en parallèle avec la recherche d’un consensus national sur le processus électoral par la classe politique au sein du Dialogue (devant se pencher essentiellement sur la révision de la Loi électorale ; la préparation d’un calendrier électoral consensuel ; la libération des médias et le respect du droit d’expression, de réunion et manifestation pendant la phase pré-électorale ; la sécurisation des populations à risque).

5. Passer de la logique de propagande dite « Kabila Désir » à celle de « Congo Désir ».

Il serait irresponsable, de notre part, de ne pas évoquer les conséquences néfastes qui découleraient de la persistance de l’impasse politique actuelle, aussi bien sur le plan politique que social, car l’absence de processus électoral en RDC risque d’exposer le pays à l’instabilité politique, économique et sécuritaire, de plus dans un moment de récession économique internationale. En d’autres termes, la banalisation de la crise politique actuelle pourrait faire reculer dangereusement le processus de démocratisation, ramenant la RDC à une situation comparable à celle du Zaïre de 1996.

Aussi, serait-il nécessaire d’évoquer la mauvaise interprétation du Dialogue que la majorité artificielle au pouvoir en RDC propose aussi bien aux citoyens congolais qu’à l’opposition politique dans son ensemble.

Le Dialogue, officiellement annoncé depuis novembre 2015 et toujours pas lancé, semble être présenté comme un simple « slogan de campagne », au contenu flou et qui est lancé depuis des mois sans approche politique sérieuse, au point de provoquer dans la population congolaise une forme de désaffection, car les citoyens congolais sont conscients de la gravité des problèmes qui vont se poser, à notre pays, au cours de l’année 2016.

En effet, la recherche de consensus politique se dilue chaque jour qui passe dans les slogans d’un Dialogue politique que le pouvoir Kabila veut manifestement tirer en longueur, afin de mettre le peuple congolais face au fait accompli d’un lancement tardif du processus électoral, avec une CENI, il faut l’avouer, trop complaisante et peu consciente de ses responsabilités.

La Démocratie Chrétienne tient à alerter l’opinion politique tant nationale qu’internationale sur les conséquences néfastes, pour la stabilité de la R.D.Congo, d’un plan machiavélique visant à faire du Dialogue National dit Inclusif, une simple caisse de résonance des visées politiques inavouables de la majorité Kabiliste.

Voilà pourquoi nous invitons ladite majorité, qui continue à s’essouffler et tirer en longueur le processus électoral et à maintenir ses otages politiques en prison, de décrisper immédiatement la situation politique et de respecter l’ordre constitutionnel.

Vérité et Justice pour le Congo,

Vive la République Démocratique du Congo.

Que Dieu vous bénisse.

Paris, 21/01/2016

Freddy KITA,

Secrétaire Général de la Démocratie Chrétienne, DC

Coordonnateur de l’IPDD,

Chevalier de la Paix

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2 Commentaires Poster un commentaire
  1. nous vous soutenons pour votre action politique, pour un pays de droit

    J'aime

    24 janvier 2016

Rétroliens & Pings

  1. CONFERENCE DE PRESSE DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC, / Paris, 21/01/2016 | CARNET D'UN PRISONNIER POLITIQUE EN R.D.CONGO

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