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« Joseph Kabila », un « président » aphone /CONGOINDEPENDANT

« Joseph Kabila », un « président » aphone

« Joseph Kabila »

    Depuis une semaine, des combats sanglants opposent l’armée congolaise aux rebelles du M23 aux environs de Goma. Un médecin a fait état de « lourdes pertes » de part et d’autre. En l’espace de 72 heures, plusieurs obus sont tombés sur cette ville tuant plusieurs civils et blessant tant d’autres.
Samedi 24 août, des Gomatraciens « fatigués » par les « atermoiements » des forces onusiennes, face au M23, sont allés manifester devant les installations de la Monusco au quartier Birere. Des coups de feu sont tirés. Bilan : deux morts. Qui a tiré? Pourquoi? Les protestataires accusent les casques bleus. Ceux-ci démentent. Une enquête sera ouverte incessamment.
Pendant que le sang des enfants de ce pays coule, « Joseph Kabila » reste non seulement invisible mais surtout aphone. Où se trouve-t-il? Que fait-il? L’homme ignore manifestement les devoirs de sa charge. Il voyage. Sous d’autres cieux, le chef de l’Etat aurait fait un bref message à la Nation non seulement pour exprimer la « compassion nationale » aux familles des victimes mais aussi pour rassurer la population sur les dispositions prises par les pouvoirs publics pour mieux garantir la sécurité des personnes et des biens. Rien!
Point n’est besoin de rappeler qu’après le déclenchement de la mutinerie des éléments des FARDC étiquetés « CNDP » en avril 2012, le « raïs » aura attendu deux mois avant d’exercer le ministère de la parole à travers un entretien accordé le 28 juin de cette année à un quatuor de journalistes kinois triés sur le volet. Et pourtant, le pays se trouvait à l’aube d’une grave crise. Gouverner ne consiste-t-il pas à résoudre des problèmes?
Cela fait bientôt treize ans que « Joseph Kabila » se trouve à la tête de ce pays. L’homme donne l’impression d’éviter – de fuir? – tout contact avec ses administrés. Qu’il vente ou qu’il pleuve, le « raïs » préfère se murer dans son mutisme devenu légendaire. Les réunions du Conseil des ministres sont rarissimes. Ne parlons pas non plus des conférences presse périodiques.
Au lieu d’assumer sa charge, l’homme se balade. Lorsqu’il n’est pas dans un avion, on le voit au volant de son véhicule 4×4. Il passe le clair de son temps à s’occuper des activités frivoles. Pour lui, le pouvoir d’Etat cesse d’être un service à rendre à la Collectivité pour se limiter aux privilèges et plaisirs qui s’y rattachent.
Incapable de « présider » effectivement le pays, « Joseph Kabila » a mis en place un système répressif pour faire taire voire éliminer physiquement ses contradicteurs. Pire, des magistrats inféodés au pouvoir ont érigé toute stigmatisation de la mauvaise gouvernance ambiante en crime d’ »offense au chef de l’Etat ». Le « raïs » qui intervient – en lieu et place du gouvernement – dans tous les domaines de la vie nationale est ainsi « exonéré » de l’obligation de rendre compte.
Dilettante, « Joseph Kabila » est également un carriériste. Il brûle d’ambition. L’ambition de demeurer Calife à la place du Calife. Pour quoi faire? Les Congolais ne cachent plus un ras-le-bol certain d’être dirigé un Président évanescent. Muet. Un Président de pacotille, dénué de sens de responsabilité et de l’intérêt général.
Les Congolais en ont marre d’un Président impotent, sectaire, inapte de jouer son rôle d’ »arbitre suprême » autant que de garantir « un fonctionnement régulier des pouvoirs publics ». Les Congolais ont besoin d’un Président capable de promouvoir le progrès et la paix civile aux quatre coins du pays.
En treize années de pouvoir, « Joseph Kabila » n’a pu réaliser qu’un seul « haut fait » : il a restauré l’autoritarisme que les Zaïrois d’alors avaient vomi bruyamment lors des consultations nationales initiées début 1990 par le maréchal Mobutu et lors des travaux de la Conférence nationale souveraine. La violence, l’arbitraire et la corruption constituent pour lui un « projet politique » autant que les piliers de son « système ». Un système aux contours maffieux qui considère le pouvoir plus comme un butin de guerre qu’un service pour le bien commun.

    Baudouin Amba Wetshi         © Congoindépendant 2003-2013

     

3 Réactions
Mandrake [mandrake1@live.fr] 26/08/2013 11:14:59


Mon cher BAW, Nous sommes fatigués par cette recrudescence de la violence à l’Est du pays. Et c’est toujours à l’Est, avec les mêmes groupuscules armés, les mêmes soi-disant rebelles ou mutins… bref la même manipulation, la même insouciance de la part des gouvernants, la même incapacité et la même irresponsabilité de la part de Kabila et ses suiveurs et jouisseurs. Nous sommes fatigués! Oublions les discours interminables, oublions les analyses pointues à longueur de journée, oublions les critiques acerbes et autres réactions épidermiques concernant notre vécu quotidien. Levons-nous comme un seul homme. Prenons-les armes pour restituer ce qui nous reste de dignité humaine, pour reprendre la destinée de notre pays. La loi fondamentale nous l’autorise, pourquoi alors nous en priver: tous les moyens sont bons pour faire échec aux prédateurs de notre nation. Nos frères du Maghreb nous ont montré la voie (Printemps Arabe). Que Dieu nous guide et nous garde. Vive le Congo Démocratique. 

muana ya mokolo lopango [muana@yahoo.fr] 26/08/2013 13:31:39


Monsieur B.A.W,
Celui qui s’attend au pire n’est jamais déçu et on ne peut pas attendre d’un manguier qu’il donne des avocats.
Ce jeune homme n’a aucun bagage intellectuel et aucune expérience professionnelle pour prétendre diriger un tel pays aux défis immenses. Pourriez-vous demander à un enfant de 7 ans  de piloter un Boeing ?  Cet homme est là par pur hasard, par un terrible accident de l’histoire, par la faute des congolais de souches qui l’entourent… par un malheur !
Les mauvaises langues disent qu’il était taximan, d’autres disent qu’il était le garçon de courses de Kabarebe. C’est un simple pion qui est placé là. La RDC est dirigée de Kigali le patron de la RDC (le vrai), le boss c’est Kagame, Paul de son prénom, qui ne le sait pas ?
Le surnommé Kabila n’est pas à blâmer, il fait ce qu’on lui demande de faire. Il ne fera rien car la RDC n’est pas son pays et ce n’est pas ce que son patron lui demande. Le vrai souci est les Congolais surdiplômés qui l’entourent et qui ont fait de lui le rOI avec un tout petit ‘’r’’ du Congo. Ils sont prêts à tout pour que cet homme reste au pouvoir (modification de la constitution, trucage des élections…) malgré les évidences et les 8 millions de morts.
Le manque de conscience de l’élite congolais corrompue, prête à se prostituer pour 3 fois rien est un gros problème. Est-ce le surnommé Kabila qui dit à l’ANR de tuer et d’arrêter arbitrairement? Si oui que leur dit leur conscience ? Matata, Mutond, Mende, Boshab, Kamehere, Tshibanda, Mulunda, Malumalu, Koyagialo, Muzito, Etumba… sont tous Rwandais ? 

Bois [djpcp@yahoo.fr] 26/08/2013 13:52:29


Merci BAW pour cet article. Je venais de lire un autre article sur RFI  » Martin Kobler: «La Monusco n’est pas responsable de tout ce qui se passe en RDC» qui m’a amené a avoir la même analyse que la tienne.  Voici l’extrait de la déclaration Kolber qui m’avait amené à cette réflexion : « C’est très important pour tout le monde de comprendre que les attentes vis-à-vis de la Monusco sont trop lourdes. Nous ne pouvons pas défendre toute la population ici ! On fait tout ce que l’on peut ! Mais en première ligne, c’est le gouvernement congolais qui est responsable, qui doit protéger la population. » (http://www.rfi.fr/afrique/20130826-martin-kobler-chef-monusco-je-comprends-frustration-population-goma-rdc). Franchement je crois qu’il a dit en bon diplomate ce que tu viens d’analyser. Et juste un petit commentaire: il est honteux de voir ce pouvoir en place, au delà de la population, s’attendre à ce que la MONUSCO se batte en lieu et place d’une armée trahie par son Commandant suprême!!!!!!!!