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LES EXPLOITANTS MINIERS CHINOIS AU KATANGA ACCUSES: ILS RASENT NOS CULTURES, POLLUENT, SANS DROIT

ABUS MINIER CHINOIS DANS LE HAUT KATANGA

Imaginez la scène, à Likasi, dans le cœur du Haut-Katanga : un agriculteur congolais regarde, impuissant, son champ de maïs detruit par un bulldozer. Pas un coup de fil, pas une autorisation, pas l’ombre d’une compensation. Les cultures sont rasées en quelques minutes.

L’engin appartient à Kai Peng Mining (KPM), entreprise chinoise qui trace sa route comme si la terre lui appartenait déjà.

Ce n’est pas un accident. C’est la norme qui s’installe.

Depuis des années, dans la ceinture cuivre-cobalt, des sociétés minières – chinoises en tête – imposent aux Congolais des pratiques illégales et brutales : destruction de champs sans étude d’impact, sans consultation publique, sans indemnisation digne de ce nom.

Le Code minier de 2018 est clair : il exige des négociations, des compensations justes, des zones tampons agricoles.

Dans les faits, on le piétine ouvertement. Les paysans deviennent des figurants sur leurs propres terres, relégués au rôle de gêneurs qu’on dégage d’un coup de lame.

KPM ne fait pas exception. Filiale du groupe Shenzhen Yite, elle exploite un parc industriel de 10,5 km² à Likasi.

Elle accumule les accusations : concessions empiétant illégalement sur les terres de la Gécamines, pollution des rivières, obligation pour les travailleurs congolais de chanter l’hymne chinois…

Et toujours, la même impunité. Pas de sanction réelle. Pas de justice rapide. Les autorités provinciales et les services miniers regardent ailleurs pendant que les bulldozers avancent.

Ce néocolonialisme-là n’a pas besoin de drapeau ni de gouverneur : il suffit d’un contrat mal ficelé, d’une gouvernance faible et d’une soif insatiable de cobalt et de cuivre pour les batteries du monde entier. Les Chinois contrôlent 80 % du raffinage congolais. Ils construisent des routes, oui… mais des routes qui servent d’abord leurs camions et leurs intérêts d’exploitation, pas les villages.

Les infrastructures promises en échange des mines ? Souvent surévaluées, inachevées, ou purement symboliques. Pendant ce temps, le paysan katangais, qui nourrissait sa famille et le marché local, se retrouve ruiné, sans recours.

Assez. Nous interpellons solennellement les autorités minières de la République démocratique du Congo – Ministère des Mines, Division provinciale du Haut-Katanga, Cadastre minier, Inspection générale des finances – : faites respecter la loi ! Appliquez le Code minier sans exception. Exigez des consultations réelles, des compensations immédiates et proportionnelles, des sanctions exemplaires contre toute entreprise qui traite les terres agricoles comme un obstacle à dégager.

Protégez les droits des agriculteurs katangais bafoués. Arrêtez de transformer le Haut-Katanga en zone franche où tout est permis sauf la dignité des Congolais.

L’Afrique n’est pas une mine à ciel ouvert.

Les Congolais ne sont pas des figurants sur leurs propres terres.

Il est temps que la loi parle plus fort que les bulldozers.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC