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ALLIANCE TROUBLE AFFICHEE EN CONFERENCE DE PRESSE A BRUXELLES: DIAKIESE ET LE M23 DANS LA TOURMENTE

Au cœur de Bruxelles, le 27 février 2026, s’est déroulée une conférence de presse au Press Club Brussels Europe qui devait initialement servir de plateforme pour discuter des enjeux en République Démocratique du Congo (RDC). Animée par Youri Ndjoli (ex UNC)

@YNdjoli

et Hervé Diakiese

@HDIAKIESE

, figures souvent associées à l’opposition congolaise et au parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, l’événement a vu la présence inattendue et incongrue de représentants du mouvement rebelle de proxy du M23.

Ce qui était censé être un exercice de plaidoyer diplomatique et juridique s’est rapidement transformé en un fiasco retentissant, marqué par des interruptions et des confrontations avec les rares membres de la diaspora congolaise présents. Des participants ont interpellé les orateurs sur les massacres attribués au M23 à l’est de la RDC, accusant les intervenants de banaliser les souffrances des victimes, ce qui a conduit à une évacuation précipitée et à l’annulation partielle de la session.

Ce qui frappe particulièrement dans cet épisode, c’est la profonde contradiction qu’il révèle au sein de certains représentants d’Ensemble pour la République. D’un côté, ces acteurs politiques se posent en défenseurs de la souveraineté congolaise, dénonçant avec vigueur les « crimes économiques » perpétrés contre la RDC, aussi bien par les rebelles que par le pouvoir en place à Kinshasa. Pourtant, de l’autre côté, ils n’hésitent pas à s’afficher publiquement aux côtés de membres d’un groupe rebelle de proxy accusé par l’ONU et des organisations internationales de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, incluant massacres et déplacements forcés de populations. Le M23 fait l’objet de sanctions sévères des Nations Unies et des États-Unis, qui le désignent comme une entité terroriste et un outil de déstabilisation régionale.

Cette proximité assumée soulève des questions légitimes sur la cohérence de leur engagement et donne encore plus de crédibilité au Rapport des experts de l’ Onu qui, en juillet 2025, avait mis en exergue la proximité entre kabila, katumbi et le M23. Comment peut-on prétendre lutter contre l’exploitation économique de la RDC où même critiquer la gouvernance du pouvoir en place à Kinshasa à ce sujet, tout en légitimant, ne serait-ce que par une présence au podium d’une conférence de presse « commune », un mouvement qui en est l’un des principaux instruments ?

Sur les réseaux sociaux, la polémique a enflé, avec des accusations d’alliance cachée entre l’opposition katumbiste et le Rwanda via le M23, visant à forcer un dialogue politique au détriment des victimes congolaises. Des défenseurs de Diakiese et Katumbi rétorquent en niant tout lien formel, affirmant que ces figures condamnent fermement les exactions du M23 et œuvrent pour une paix durable. Mais ces explications peinent à dissiper le malaise, dans un contexte où les sanctions internationales rappellent sans ambiguïté la gravité des actes imputés au groupe rebelle, comme la récente découverte de fosses communes à Uvira, le lendemain du retrait forcé des rebelles du M23 de cette ville.

Au final, cette conférence ratée n’a pas seulement exposé la faiblesse d’une certaine opposition en Europe ; elle met en lumière les paradoxes d’une opposition qui, en cherchant à tout prix à challenger le pouvoir en place, risque de compromettre sa crédibilité en flirtant avec des acteurs controversés.

L’événement reste confiné à des échos limités dans les médias traditionnels, vu d’ailleurs une présence très réduite de congolais à l’évènement, mais il alimente un débat fervent, soulignant les contradictions profondes de ces formations politiques, prête à toute sorte de compromission pour exister.

Marc Mawete,

Démocratie Chrétienne.