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M23/RDF : DERRIERE LA FAUSSE LIBERATION, UNE MACHINE A CRIMES CONTRE L’HUMANITE

L’ONU sonne l’alarme : 6 760 morts civils en quatre mois d’exactions massives du AFC/M23/RDF (novembre 2025 – février 2026).

Derrière l a fausse « libération » du M23/RDF : une machine à crimes qui doit enfin rendre des comptes. Ce dimanche 29 mars 2026, l’AFC/M23 annonce en grande pompe la libération de près de 2700 soldats FARDC qu’il détenait. Un geste présenté comme un acte de « bonne volonté » pour apaiser les tensions. Mais à quelques kilomètres de là, dans les territoires qu’il occupe depuis janvier 2025 – Goma, Bukavu, Uvira, Rutshuru, Masisi, Walikale –, la réalité est tout autre.

Sous le contrôle de cette rébellion sanguinaire par procuration, soutenue militairement par l’armée rwandaise (RDF), se déploie une occupation brutale qui accumule, jour après jour, des exactions d’une ampleur sidérante.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et ils sont glaçants.

Entre octobre 2025 et février 2026, l’ONU a documenté 2560 violations des droits humains dans l’Est, faisant 6760 victimes civiles.

https://www.ohchr.org/en/statements-and-speeches/2026/03/deputy-high-commissioner-al-nashif-democratic-republic-congo-peace

L’AFC/M23 et ses alliés cobelligérants rwandais en sont les principaux auteurs : exécutions sommaires, viols collectifs, tortures, enlèvements, recrutements forcés d’enfants et d’adultes, bombardements indiscriminés sur des civils.

Des défenseurs des droits humains, des journalistes sont traqués, enlevés, torturés ou menacés de mort simplement pour avoir osé documenter ces horreurs.

Ce n’est pas une guerre « classique ». C’est une occupation systématique.

Le M23/RDF pille les mines de coltan de Rubaya (transformant la mine en tombeau pour des milliser de congolais), bloque l’aide humanitaire, transforme des écoles et hôpitaux en bases militaires.

Des camps de détention – Rumangabo, Tchanzu – fonctionnent comme des centres de torture où les gardes sont souvent des militaires rwandais. Ceux qui refusent le recrutement forcé ou tentent de fuir sont battus, affamés, exécutés. Des milliers de civils, dont des femmes et des enfants, y croupissent dans des conditions inhumaines.

Human Rights Watch et le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme parlent sans détour de crimes de guerre et crimes contre l’humanité : meurtres, esclavage sexuel, déportations forcées.

Derrière les communiqués triomphants et trompeurs du M23/RDF se cache donc une stratégie claire : consolider un contrôle territorial au prix d’une terreur diffuse.

La population de Goma et Bukavu vit sous une chape de plomb : chômage massif, économie paralysée, peur permanente. Les autorités coutumières sont intimidées, les journalistes arrêtés, les voix dissidentes réduites au silence.

Et pendant ce temps, plus de 7 millions de Congolais sont déplacés, avec un accès à l’aide bloqué et la famine qui rôde, alors que la rébellion de proxy refuse aux humanitaires de pouvoir acheminer l’aide par l’aéroport de Goma.

Face à cette spirale, la communauté internationale commence à hausser le ton.

Lors de la récente réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, le Danemark a été l’un des plus fermes :

il a exigé que les dirigeants du M23/AFC/RDF soient appelés à répondre de leurs crimes, sans exception, et a réclamé le retrait immédiat des troupes rwandaises. Une position qui rejoint celle de plusieurs pays et qui met le doigt sur l’essentiel : l’impunité est le carburant de ce conflit.

Car voilà la vérité nue : le M23 et l’AFC ne sont pas des « libérateurs ». Ils sont une rébellion proxy qui reproduit, en pire, les schémas de violence et de pillage qu’ils prétendent combattre. Sans justice réelle – sanctions ciblées, enquêtes CPI, accountability des chefs –, aucun cessez-le-feu ne tiendra.

Les civils du Kivu paient déjà le prix fort.

20.000 vies perdues, selon des estimations les plus basses entre janvier 2021 et janvier 2026, et plus de 7 millions de déplacements internes.

Tant que l’impunité perdurera, le Kivu continuera de saigner et l’histoire n’oubliera pas ceux qui auront choisi de pactiser avec les bourreaux du peuple congolais.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC