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ALERTE / L’INTRUSION NUMERIQUE A GOMA : UN CORRIDOR ILLEGAL G2M DEFIE LA SOUVERAINETE CONGOLAISE

ALERTE ET ENQUETE DC

Le groupe Paratus vient d’activer un corridor fibre optique G2M (Goma to Mombasa) reliant Goma – sous contrôle rebelle M23 et de l’armée rwandaise- à Mombasa via Kigali, sans licence ni autorisation de l’État congolais à Kinshasa, exploitant le chaos pour contourner la souveraineté nationale.

Imaginez : au cœur de l’Est de la République Démocratique du Congo, une ville stratégique comme Goma, tombée aux mains des rebelles du M23 et de l’armée rwandaise depuis janvier 2025, devient le point de départ d’un réseau de fibre optique reliant l’Afrique de l’Est à l’océan Indien.

Ce corridor de 2000 km, activé le 9 février 2026 par le groupe Paratus, serpente de Goma à Mombasa via Kigali, Kampala et Nairobi, promettant une connectivité redondante et à haute vitesse.

Sur le papier, un bond technologique pour la région.

Mais creusez un peu, et la réalité frappe comme un coup de poignard : ce projet opère sans l’ombre d’une licence ou d’une autorisation de l’État congolais central.

Une connexion illégale et illégitime, qui non seulement bafoue la souveraineté nationale, mais risque de légitimer les rebelles comme interlocuteurs de facto, au détriment de Kinshasa.

Paratus Group, cet opérateur basé en Namibie, clame haut et fort son ancrage en RDC via une joint-venture à l’Ouest – FAST Congo, qui gère un réseau de 620 km entre Muanda et Kinshasa depuis 2023. Une présence légale, certes, mais LIMITEE ET AUTORISEE à cette zone opérationnelle et pas prévue pour fonctionner à l’EST de la RDCongo.

À l’Est, rien. Aucune filiale dédiée, aucun feu vert de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC).

Le corridor G2M (Goma-to-Mombasa) est déjà opérationnel, transportant du trafic pour des clients wholesale, connecté au câble sous-marin Equiano pour un accès mondial.

Pourtant, dans les annonces triomphantes de Paratus, pas un mot sur une approbation congolaise.

Pourquoi ? Parce que Goma est sous le joug du M23, cobelligérant du Rwanda selon les rapports accablants de l’ONU.

Pour déployer des équipements au bord du lac Kivu, il a fallu naviguer – ET négocier – avec les autorités rebelles en place. Des taxes imposées par les miliciens, des accords de facto pour la sécurité: une légalité totale!

Le silence de Paratus sur ces détails hurle l’évidence :

ce projet contourne l’État légitime, exploitant le chaos pour s’implanter, et préfigure un escamotage pur et simple de la souveraineté congolaise.

Cette intrusion n’est pas isolée. Souvenez-vous du scandale MTN Rwanda, que nous avions alerté en premier dans notre article publié le 5 février 2026: « L’invasion est aussi digitale : L’internet rwandais MTN, outil de guerre et de domination au Kivu«  (disponible ici :

).

Nous y dénoncions l’expansion illégale du réseau MTN dans des zones comme Rutshuru et Kiwanja, où des équipements rwandais sont installés sur des antennes locales, et des SIM cards vendues au grand jour.

Cette alerte a été suivie d’effet par les autorités congolaises, avec l’ARPTC dénonçant publiquement MTN pour avoir fourni des services mobiles et internet à Goma et Rutshuru sans autorisation – une exploitation transfrontalière illégitime qui profite du contrôle rebelle.

Mais les activités illégales de MNT (rwandaise) n’etaint que la pointe de l’iceberg !

Paratus suit le même chemin : en reliant Goma directement à Kigali, exploitant entre autre le réseau illégal de MTN, il renforce les liens économiques avec un voisin accusé d’agression, tout en ignorant superbement Kinshasa: une perte de revenus fiscaux pour l’État congolais, et d’un risque sécuritaire majeur.

Et parlons-en, de ce risque sécuritaire : l’internet n’est plus un simple outil de communication ; c’est aussi un instrument de guerre électronique dans le conflit en cours.

Comme nous l’avons détaillé dans notre article, les réseaux rwandais facilitent la coordination militaire, y compris les opérations de drones (chinois ou turcs, avec des portées jusqu’à 730 km), le brouillage des signaux congolais pour créer des « déserts informationnels », et la guerre électronique tout entière – surveillance, propagation de désinformation, répression des journalistes et activistes. Des attaques comme celle sur l’aéroport de Kisangani en février 2026 montrent comment ces outils numériques servent la guerre.

Ignorer ces alertes ? Impossible. Cela mine l’autorité de l’État, encourage d’autres acteurs à traiter avec les rebelles, et perpétue l’instabilité qui saigne l’Est depuis des décennies.

Mais la RDC n’est pas impuissante. En tant que Démocratie Chrétienne, nous appelons à une riposte ferme et structurée pour mettre un terme à cette farce.

Voici des contre-mesures concrètes, inspirées de la loi n°20/017 sur les télécommunications et des précédents comme les sanctions contre les opérateurs défaillants :

  • Actions nationales immédiates pour paralyser l’opération : L’ARPTC doit lancer une enquête flash dans les 30 jours, qualifiant Paratus d’exploitant irrégulier sans titre valide.
  • Sanctions : une amende colossale – jusqu’à un quart de la valeur d’une licence nationale, soit des millions de dollars – et une suspension immédiate des opérations en RDC, y compris la JV FAST Congo à l’Ouest. Interdire aux représentants de Paratus de quitter le territoire, comme pour les DG d’Airtel ou Vodacom en cas d’évasion fiscale, et imposer un redressement pour revenus non déclarés. Si lien avec le M23 prouvé, saisie des équipements à Goma par les FARDC, sous couvert de sécurité nationale.

Escalade régionale pour isoler les complices : À l’Union Africaine, où la RDC siège au Conseil de paix et de sécurité, pousser une résolution condamnant les projets transfrontaliers illégitimes, avec gel d’actifs de Paratus. Dans la Communauté d’Afrique de l’Est, exiger une enquête conjointe et imposer des blocages douaniers sur le trafic data via le Rwanda, l’Ouganda et le Kenya, forçant Paratus à plier devant Kinshasa.

  • Sanctions internationales pour frapper au portefeuille : Mobiliser les États-Unis via l’Executive Order 13413, inscrivant Paratus sur la liste SDN pour contribution à l’instabilité – gel d’actifs et interdiction de transactions.
  • À l’ONU, étendre l’embargo sur la RDC aux infrastructures numériques illégales, bloquant les technologies télécoms frauduleuses dans les zones rebelles.

Ces mesures, appliquées avec vigueur, non seulement stopperont ce corridor illégal, mais affirmeront que la RDC ne tolère pas l’escamotage de son territoire et sa souveraineté.

C’est un appel au respect de l’unité nationale :

protégeons notre souveraineté numérique, ou risquons de perdre le contrôle de notre avenir. La Démocratie Chrétienne en tête, mobilisons-nous pour que Goma redevienne un bastion congolais, pas une porte dérobée pour des intérêts rwandais et kényans !

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne