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LE DOSSIER KOBOLD VS AFRICA MUSEUM : LA VERITE QUI DERANGE

Imaginez des millions de cartes, de rapports de forages et de relevés géologiques accumulés pendant soixante-dix ans de colonisation.

Aujourd’hui, ces documents dorment à l’Africa Museum de Tervuren, en Belgique.

Et Kinshasa les veut. Tout de suite. En exclusivité mais pour un partenaire « privé » qui veut les numériser dans les locaux de l’Africa Museum.

Le 17 juillet 2025, le ministre des Mines Kizito Pakabomba signe un accord de principe avec KoBold Metals, la start-up américaine dopée par les milliards de Bill Gates et Jeff Bezos. Dans le texte même de l’accord, on lit noir sur blanc :

« KoBold Metals déploiera une équipe aux archives géologiques de la RDC conservées au Musée royal de l’Afrique centrale pour commencer la numérisation des documents avant le 31 juillet 2025 ».

Problème majeur :

Cet accord a été signé sans la Belgique, sans l’Africa Museum, sans aucune concertation préalable.

Kinshasa a agi comme si les archives lui appartenaient déjà et comme si elle pouvait dépêcher une équipe privée américaine en exclusivité, dans les locaux de l’Africa Museum.

Aucune clause ne mentionne un accord avec Bruxelles, aucun calendrier conjoint, aucun partage de propriété.

La Belgique a découvert l’existence de ce contrat dans la presse.

Sa réponse a été immédiate et glaciale : refus total.

Pourquoi ?

Parce que, selon le droit belge, ces archives sont des biens publics fédéraux. Elles appartiennent à l’État belge. Point.

Bruxelles accepte de transmettre des copies numériques (et elle le fait déjà depuis 2010 via un projet européen de numérisation de ces archives), mais les originaux ? Ils ne bougeront pas de Tervuren.

Et voici le coup de théâtre le plus violent :

Selon la législation congolaise elle-même, la RDC n’a aucun moyen légal de réclamer les originaux.

L’article 3 du Code Minier est limpide : l’État congolais est propriétaire des minerais dans le sol. Pas des vieux papiers conservés à 6000 kilomètres de là.

Ni la loi sur les archives de 1978, ni celle sur le patrimoine de 2010 ne donnent à Kinshasa le moindre levier pour récupérer les documents physiques et surtout, le faire numériser, par une société privée, qui voudrait installer sa cellule de numérisation directement dans les locaux de l’ Africa Museum, sans aucune concertation préalable…

En clair :

L’accord KoBold est juridiquement contradictoire et lacuneux dès sa signature.

Il promet ce que la RDC ne peut ni donner ni exiger : un accès exclusif et la numérisation sur place des archives belges.

La RDC va recevoir les archives numérisées que la Belgique va lui envoyer, ce qu’elle d’ailleurs déjà commencé à transmettre.

Les originaux – les vraies cartes, les vrais rapports, les vraies traces d’encre de l’époque coloniale – resteront définitivement en Belgique.

Pour sortir de l’impasse, une seule voie réaliste :

Lancer immédiatement un accord tripartite RDC – Belgique – KoBold.

La Belgique garde la propriété des originaux, KoBold finance la numérisation accélérée (avec un calendrier contraignant) même dans les locaux de l’Africa Museum – après son autorisation -, la RDC obtient un accès prioritaire et gratuit aux données numériques, le tout sous une commission mixte permanente (avec observateurs UE ou Belges) qui fixe les règles d’usage et de protection des données.

C’est la seule solution qui respecte le droit des deux États, débloque les investissements et fait taire les discours souverainistes creux.

Tout le reste n’est que perte de temps et de crédibilité. L’accord Kobold doit être amendé .

C’est brutal.

C’est la réalité.

Et c’est exactement ce que personne n’ose dire à haute voix.

Eugène DIOMI NDONGALA,

Démocratie Chrétienne