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DESESCALADE HISTORIQUE EN RDC : LES TROUPES ÉTRANGERES RWANDAISES ET OUGANDAISES PLIENT BAGAGE

La vague historique de désescalade qui fait trembler l’Est de la RDC : nous y sommes.

Pour la première fois depuis des années, une dynamique concrète de retrait des forces étrangères se dessine en RDC. Et tout s’accélère au moment où l’échéance du 1er avril 2026 approche : date à laquelle les sanctions américaines contre l’armée rwandaise (RDF) deviennent pleinement effectives, après la période de grâce accordée depuis le 2 mars.

Tout a basculé lors de la réunion décisive de Washington, les 17 et 18 mars 2026. Sous médiation américaine, Kinshasa et Kigali ont acté un chronogramme précis et confidentiel de désengagement rwandais : retrait programmé des forces RDF et levée des « mesures défensives » dans des zones définies du territoire congolais.

Ce n’était plus de la diplomatie de salon. C’était une réunion militaire et technique, avec des généraux autour de la table.

Et là, le moment clé qui a tout fait basculer : l’intervention chirurgicale du général Patrick Sasa Nzita, patron du renseignement militaire congolais.

Face aux accusations rwandaises habituelles (« les FDLR sont intégrés aux FARDC, notamment à Uvira »), il a répliqué avec une précision de scalpel : « Les FARDC, c’est une armée structurée : pelotons, sections, compagnies, bataillons, régiments. Chaque unité a un code, un numéro, des matricules. Donnez-nous les noms, les unités, les matricules exacts de ces FDLR soi-disant intégrés. »

Silence radio côté rwandais. Aucune preuve structurelle fournie. Le prétexte FDLR – utilisé depuis des années pour justifier l’ingérence – s’est littéralement effondré en direct.

Washington a pris acte. Le chronogramme de retrait rwandais a été verrouillé. Et depuis, on voit les premiers mouvements concrets : le M23/AFC/RDF recule déjà de plusieurs positions dans le Nord-Kivu (Kipese, Katondi, Lunyasenge…).

Puis, un effet domino immédiat.

Le 25 mars, le général Muhoozi Kainerugaba, fils de Museveni et chef de l’armée ougandaise, annonce publiquement : « Nous sommes prêts à nous retirer de toutes nos positions de Lubero à Mahagi, en coordination avec Kinshasa. » L’UPDF, présente officiellement dans le cadre de l’opération Shujaa contre les ADF, choisit de surfer sur la vague. Pas de sanctions US sur Kampala, mais un calcul froid : mieux vaut partir en « bon élève » et consolider l’alliance bilatérale avec Tshisekedi plutôt que de rester coincé dans les frictions locales.

Deux forces étrangères majeures – rwandaise et ougandaise – qui annoncent leur retrait au même moment. Coïncidence ? Non.

C’est la pression américaine qui porte ses fruits.

Le 1er avril n’est plus une date lointaine : c’est le couperet, un ultimatum. Les sanctions sur la RDF deviennent totales. Plus de transactions, plus de soutien logistique indirect. Kigali n’a plus le choix : il faut désengager.

Bien sûr, rien n’est encore acquis. Les retraits restent progressifs, probablement partiels.

Mais pour la première fois, le récit change : le prétexte FDLR est affaibli, le chronogramme est sur la table, et l’effet en chaîne est lancé.

Le mois d’Avril s’annonce décisif.

Si la dynamique tient, l’Est de la RDC pourrait enfin respirer sans troupes étrangères sur son sol. La souveraineté congolaise n’est plus un slogan : elle devient une réalité en marche.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC.