Aller au contenu principal

VACANCES TERMINEES, CHANTAGE REPRIS : KAGAME REFUSE D’APPLIQUER SA PART DES ACCORDS DE WASHINGTON

Un chantage déguisé en doctrine nationale.

Paul Kagame revient de ses vacances de plus d’un mois. Premier dossier qu’il choisit d’affronter, au cours de sa conférence de presse au Convention Center de Kigali : la République Démocratique du Congo. Comme toujours.

Le 24 août 2026, devant la presse, il ressort le même disque rayé : le Rwanda restera « impliqué » tant que les FDLR ne seront pas éradiqués.

Le protocole de désarmement annoncé par Kinshasa ? Une farce, selon lui. Une preuve de collusion.

Les sanctions internationales ? Elles frapperaient les justes et épargnent les coupables. Discours rodé, ton péremptoire, posture de victime permanente.

Sauf que, pendant qu’il se prélassait en Europe, un processus avait démarré. Kinshasa a arraché un protocole de désarmement, démobilisation et cantonnement avec une faction des FDLR présente sur le territoire qu’elle contrôle. L’effort se concentre sur Walikale, l’un des derniers territoires encore sous contrôle de l’État congolais. C’est le seul endroit où les FARDC peuvent réellement agir. La communauté internationale à salué l’initiative, mais Kagame, avec une mauvaise fois manifeste, rejette.

Les médiateurs des accords de Washington ont cartographié les zones prioritaires de présence des FDLR. Cinq sur six de ces zones se trouvent en territoire contrôlé par le M23 et les forces rwandaises. Le rapport des experts de l’ONU de juin 2026 parle de 14.000 à 18.000 soldats RDF déployés, sans le moindre retrait significatif. Trente mille combattants M23. Ces forces tiennent les axes, les villes, les corridors miniers. Elles contrôlent l’essentiel du problème que Kagame brandit comme justification existentielle.

Et que font-ils ces milliers de militaires et miliciens rwandais et pro-rwandais pour désarmer, démobiliser et rapatrier les FDLR vers le Rwanda ? Absolument rien.

Des coups de semonce ponctuels pour sécuriser une route ou une mine, et c’est tout. Aucune campagne systématique. Aucun cantonnement massif. Aucun transfert vérifiable de combattants. Les FDLR restent tranquillement installés dans les zones sous contrôle M23/RDF. Cinq sixièmes du problème identifié par les médiateurs sont sous leur botte… et ils n’y touchent pas.

Et, certes, cet aspect du problème Kagame oublie de l’évoquer…

Pire encore : sur sa propre part des engagements – le retrait des troupes rwandaises massivement déployées en RDCongo – Kagame n’a pas seulement rien fait. Il a massivement augmenté la présence de la RDF en territoire congolais. Les différents rapports du Groupe d’experts de l’ONU l’attestent formellement : après la signature des accords de Washington en décembre 2025, aucun retrait significatif n’a été observé.

Au contraire, les effectifs ont été consolidés et renforcés, atteignant 14.000 à 18.000 hommes (6.000–8.000 au Nord-Kivu, 8.000–10.000 au Sud-Kivu), avec rotations, renforts et déploiement de capacités avancées, alors qu’au moment de la signature de l’Accord de Washington les troupes rwandaises étaient estimées à 6.000 hommes, par l’Onu.

Là où les accords prévoyaient un désengagement, Kigali a fait l’inverse. Plutôt que se retirer, il a doublé sa présence…

Voilà la contradiction brutale, cynique, insoutenable.

Kagame exige l’élimination totale des FDLR comme préalable absolu à tout retrait. Il pose une condition qu’il refuse de remplir là où il a le pouvoir de le faire. Il demande à Kinshasa de régler un problème dont la majorité échappe à Kinshasa, tout en s’abstenant de lever le petit doigt sur les territoires qu’il contrôle de facto… et en augmentant massivement sa propre présence militaire, qui , en théorie, serait là pour défendre le Rwanda des FDLR : une contradiction qui frise désormais le ridicule.

L’argument sécuritaire devient un prétexte permanent d’occupation et de prédation des minerais 3T et de l’or congolais.

Tant que les FDLR existent dans les zones M23/RDF, la présence militaire rwandaise reste « légitime », à ses yeux. Et rien n’est fait pour les faire disparaître. Au contraire : les troupes rwandaises se multiplient, avec plus de la moitié de tous les effectifs du Rwanda (environ 33.000 hommes) désormais déployés en RDCongo.

Le protocole congolais de neutralisation congolaise, basé d’abord sur gant de velours et après sur la force, a été salué par tous les pays impliqués dans le processus de paix.

Par contre, du côté de ceux qui tiennent cinq sixièmes du terrain prioritaire, il n’y a même pas l’esquisse d’un effort, alors que le problème est concentré dans les territoires que Kigali et son proxy M23 contrôlent avec des milliers d’hommes en armes et logistique déployés « officiellement » à cette fin.

Sur le retrait promis à Washington des forces armées rwandaises de la RDC, il y a même l’exact inverse que Kagame met en application, tout en pleurnichant sur les sanctions.

Kagame sort de vacances et exige encore et toujours un préalable, en s’offusquant, entre autres, avec son Ministre des Affaires Étrangères qu’il accuse de trop parler et de faire des polémiques : ce n’ est Olivier Nduhungirehe qui est responsable des contradictions rwandaises mais c’est Kagame lui-même, qui ne se rend plus compte de l’absurdité et la faiblesse diplomatique des positions qui essaye de défendre !

Sur sa part des engagements pris à Washington, Kagame ne fait strictement riensinon renforcer honteusement sa mainmise.

Ce n’est plus de la sécurité. C’est de la mauvaise foi stratégique pure.

Un chantage déguisé en doctrine nationale.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC