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LE PRINCIPE POLITIQUE DE « LA FEMME DE CESAR »

En politique, peu de maximes résonnent aussi fort que « La Femme de César » : un personnage public, surtout en fonction, doit être irréprochable, au-delà de tout soupçon.

Cette idée, née dans la Rome antique, s’invite aujourd’hui dans les couloirs du pouvoir à Kinshasa, où le ministre de la Justice, Constant Mutamba, est sous le feu des projecteurs. Mais suffit-il d’un nuage de suspicion pour pousser un ministre vers la sortie, ou la Constitution exige-t-elle davantage ?

Une Leçon Venue de la Rome Ancienne

Retour en 62 avant J.-C. Jules César divorce de sa femme, Pompéia, après un scandale : un homme s’était infiltré, déguisé, dans une cérémonie réservée aux femmes, soi-disant pour la séduire. Bien que l’accusation ne tienne pas, César tranche : « Ma femme ne doit même pas être soupçonnée » et elle fut répudiée.

Depuis, cette formule est devenue un étalon d’or pour les figures publiques.

En République Démocratique du Congo, où la confiance envers les institutions vacille, ce principe prend une résonance particulière. Mutamba dans la Tourmente Constant Mutamba, ministre de la Justice et gardien des Sceaux, est aujourd’hui au cœur d’une tempête. Des contrats douteux à 39 millions de dollars attribués sans appel d’offres, un paiement de 19 millions à une entreprise de construction sans expérience et nouvellement mise en place, le lendemain de l’ouverture de son compte bancaire, des fonds puisés dans les réparations de guerre des victimes de la guerre de Kisangani, gérées par une agence sous son contrôle: les accusations pleuvent.

Une deuxième accusation d’outrage aux corps constitués »…. Face aux parlementaires, Mutamba a reconnu des « erreurs », implorant le pardon tout en criant au complot. Mais dans un pays lassé des excuses, ses mots sonnent creux. Et ce n’est pas tout. Sa proposition de rétablir la peine de à tout bras à divisé l’opinion entre défenseurs de la fermeté et partisans des droits humains.

Pour un ministre censé incarner la justice, le tableau est sombre : chaque controverse érode un peu plus sa crédibilité.

Constitution vs. Perception

Le nœud du problème est là : que dit la loi ? L’article 166, paragraphe 3 de la Constitution congolaise est limpide : « un membre du gouvernement mis en accusation doit démissionner ». Mais le principe de « La Femme de César » va plus loin, suggérant qu’un simple soupçon pourrait suffire pour justifier un départ, au nom de la confiance publique. Où placer Mutamba dans cette équation ?

En droit, la frontière est nette : seule une accusation oblige au retrait. Pourtant, dans un contexte où la corruption est un fléau endémique, le principe romain impose un standard plus élevé.

Pour un ministre de la Justice, dont le rôle est de garantir l’intégrité du système, la crédibilité compte autant que les faits.

Un Équilibre Fragile La RDC navigue en eaux troubles. Entre une histoire marquée par l’instabilité et un peuple excédé par les promesses trahies, le gouvernement joue gros.

Laisser un ministre entaché par le doute, déambuler dans les allées du parquet, avec son avocat, pour y être interrogé, c’est risquer de creuser le fossé avec les citoyens.

Une chose est sûre : dans un pays où la confiance est une denrée rare, le principe de « La Femme de César » n’est pas qu’une relique du passé. C’est une question de crédibilité pour un exécutif autrement trainé dans la boue.

Eugène DIOMI NDONGALA

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En politique, peu de maximes résonnent aussi fort que « La Femme de César » : un personnage public, surtout en fonction, doit être irréprochable, au-delà de tout soupçon.

Cette idée, née dans la Rome antique, s’invite aujourd’hui dans les couloirs du pouvoir à Kinshasa, où le ministre de la Justice, Constant Mutamba, est sous le feu des projecteurs. Mais suffit-il d’un nuage de suspicion pour pousser un ministre vers la sortie, ou la Constitution exige-t-elle davantage ?

Une Leçon Venue de la Rome Ancienne

Retour en 62 avant J.-C. Jules César divorce de sa femme, Pompéia, après un scandale : un homme s’était infiltré, déguisé, dans une cérémonie réservée aux femmes, soi-disant pour la séduire. Bien que l’accusation ne tienne pas, César tranche : « Ma femme ne doit même pas être soupçonnée » et elle fut répudiée.

Depuis, cette formule est devenue un étalon d’or pour les figures publiques.

En République Démocratique du Congo, où la confiance envers les institutions vacille, ce principe prend une résonance particulière. Mutamba dans la Tourmente Constant Mutamba, ministre de la Justice et gardien des Sceaux, est aujourd’hui au cœur d’une tempête. Des contrats douteux à 39 millions de dollars attribués sans appel d’offres, un paiement de 19 millions à une entreprise de construction sans expérience et nouvellement mise en place, le lendemain de l’ouverture de son compte bancaire, des fonds puisés dans les réparations de guerre des victimes de la guerre de Kisangani, gérées par une agence sous son contrôle: les accusations pleuvent.

Une deuxième accusation d’outrage aux corps constitués »…. Face aux parlementaires, Mutamba a reconnu des « erreurs », implorant le pardon tout en criant au complot. Mais dans un pays lassé des excuses, ses mots sonnent creux. Et ce n’est pas tout. Sa proposition de rétablir la peine de à tout bras divisant l’opinion entre défenseurs de la fermeté et partisans des droits humains.

Pour un ministre censé incarner la justice, le tableau est sombre : chaque controverse érode un peu plus sa crédibilité.

Constitution vs. Perception

Le nœud du problème est là : que dit la loi ? L’article 166, paragraphe 3 de la Constitution congolaise est limpide : « un membre du gouvernement mis en accusation doit démissionner ». Mais le principe de « La Femme de César » va plus loin, suggérant qu’un simple soupçon pourrait suffire pour justifier un départ, au nom de la confiance publique. Où placer Mutamba dans cette équation ?

En droit, la frontière est nette : seule une accusation oblige au retrait. Pourtant, dans un contexte où la corruption est un fléau endémique, le principe romain impose un standard plus élevé.

Pour un ministre de la Justice, dont le rôle est de garantir l’intégrité du système, la crédibilité compte autant que les faits.

Un Équilibre Fragile La RDC navigue en eaux troubles. Entre une histoire marquée par l’instabilité et un peuple excédé par les promesses trahies, le gouvernement joue gros.

Laisser un ministre entaché par le doute, déambuler dans les allées du parquet, avec son avocat, pour y être interrogé, c’est risquer de creuser le fossé avec les citoyens.

Une chose est sûre : dans un pays où la confiance est une denrée rare, le principe de « La Femme de César » n’est pas qu’une relique du passé. C’est une question de crédibilité pour un exécutif autrement trainé dans la boue.

Eugène DIOMI NDONGALA