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J. KABILA LE « NATIONALISTE »? LE GRAND BLUFF DE K.K.MULUMBA POUR MASQUER LE BRADAGE ÉPIQUE DES MINES

Des contrats chinois hypothéquant 32 milliards d’actifs miniers aux cessions opaques de coltan au Rwanda – un régime de prédation qui a pillé les ressources au profit d’un clan et d’alliés étrangers, laissant la RDC exsangue.

Imaginez un ancien ministre de Kabila, Tryphon Kin-Kiey Mulumba, se pavanant sur les ondes de RFI pour peindre Joseph Kabila en héros nationaliste, un leader qui aurait sacrifié son pouvoir pour protéger les mines congolaises contre les rapaces multinationales.

Selon lui, Kabila a payé le prix fort en révisant le code minier en 2018 pour gonfler les revenus de l’État, déclenchant une tempête. « Il a refusé de brader les mines », clame Mulumba, concluant que Kabila a choisi l’intérêt national au détriment de sa longévité politique. Oubliant, peut-être, que justement le bradage minier, à permis à Kabila de rester au pouvoir pendant 19 ans.

Un conte touchant, n’est-ce pas, livré par cet apparatchik kabiliste à RFI.

Sauf que c’est un mensonge éhonté, servi par un homme qui a non seulement trempé jusqu’au cou dans ce régime, mais l’a activement promu en créant « Kabila Désir » – une association transformée en parti politique pour idolâtrer et prolonger le règne de son champion.

KK. Mulumba, journaliste devenu député et ministre sous Kabila – des Postes et Télécommunications aux Relations avec le Parlement – n’est pas un observateur neutre. En 2014, il lance « Kabila Désir » comme un cri de ralliement pour « réhabiliter un homme et ses œuvres », prônant ouvertement la prolongation du mandat présidentiel au-delà des limites constitutionnelles. Deux ans plus tard, cela mute en parti politique. Il admet lui-même avoir créé cette structure pour « fédérer » les Congolais autour du bilan de Kabila, un bilan qu’il qualifie d’exceptionnel.

Mais derrière cette façade de loyauté, se cache l’hypocrisie d’un insider qui sait pertinemment que le régime Kabila n’était pas un rempart nationaliste, mais une machine à brader les ressources minières de la RDC – un pillage systémique qui a hypothéqué l’avenir du pays pour des intérêts privés, souvent liés à des alliés étrangers ou au clan présidentiel.

Prenons le code minier, ce totem que Mulumba brandit comme preuve de souveraineté.

Il n’était pas une invention géniale de Kabila : il émanait des accords du Dialogue Intercongolais de Sun City en 2002-2003, un processus multipartite sous l’égide de l’ONU et la Banque Mondiale, conçu pour libéraliser le secteur avec transparence et appels d’offres. Mais sous Kabila, ce cadre est devenu une farce. Les signatures anarchiques des certificats Kimberley ont permis l’exportation de diamants sanguinaires sans traçabilité, violant les règles anti-conflit. Les Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA), prévues pour protéger les creuseurs informels, ont été annulées, laissant des milliers à la merci des milices et des exploiteurs illégaux – en totale contravention des articles 109-111 du code.

Et la Gécamines, joyau public au Katanga, a été charcutée : des gisements cédés à vil prix à des proches comme Katumba Mwanke ou à des alliés étrangers comme Dan Gertler, dont les deals opaques ont coûté 3,7 milliards de dollars à l’État, selon des enquêtes indépendantes. La révision de 2018 ? Un geste tardif et cosmétique, qui n’a pas effacé des années de court-circuitage, mais servi de bouclier rhétorique face aux critiques.

Pire encore, les contrats phares du régime révèlent un bradage pur et simple. Le « contrat du siècle » avec la Chine en 2008 (connu comme les Contrats Chinois) ?

Une hypothèque colossale : 32 milliards de dollars d’actifs miniers (cuivre et cobalt) échangés contre des avances liquides promises à 9 milliards, renégociées à 6, mais dont seuls 822 millions ont financé des infrastructures. Le reste ? Détourné via des sociétés-écrans comme Congo Construction Company, avec des millions atterrissant dans les poches de la famille Kabila, comme l’a révélé l’enquête « Congo Hold-up ».

Aucune route stratégique, aucun hôpital majeur – juste un piège qui a enrichi Pékin et vidé les caisses congolaises.

Et l’affaire Emaxxon ?

Ce partenariat canadien de 2007 avec la Minière de Bakwanga (MIBA) a précipité sa faillite : des fonds avancés pour relancer la production diamantifère, mais évaporés dans des malversations, forçant l’État à rembourser 14 millions et laissant l’entreprise en ruines, avec une production effondrée et des milliers d’emplois perdus.

N’oublions pas l’exploitation anarchique de la mine de Rubaya,ce bastion du coltan au Nord-Kivu, représentant 15 % de la production mondiale. Sous Kabila, ces mines ont été cédées à la Société Minière de Bisunzu, dirigée par Édouard Mwangachuchu, un proche de la milice tutsi CNDP – liée au Rwanda.

Résultat : des exportations opaques vers Kigali, via des routes de contrebande, finançant des groupes armés intégrés aux forces congolaises. Aujourd’hui, sous le contrôle du M23 (héritier du CNDP, soutenu par le Rwanda), 112 à 125 tonnes mensuelles fuient illégalement, générant des millions pour les rebelles.

Un « nationalisme » qui tolère l’infiltration rwandaise ?

Plutôt une trahison flagrante, violant toute traçabilité minière.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg.

Les affaires avec Dan Gertler, sanctionné par les États-Unis pour corruption, ont vu des actifs sous-évalués siphonner des milliards.

Les rapports de l’ONU ou de The Sentry dépeignent un système de prédation industrielle, avec 63 contrats révisés en 2007 au profit d’initiés.

Kin Kiey Mulumba, en encensant ce régime auquel il a participé activement, ne fait que perpétuer le mensonge.

Son « Kabila Désir » n’était pas un appel à la souveraineté, mais un outil de propagande « djaloliste » pour un pouvoir qui a bradé l’âme minière de la RDC.

La réalité ? Un legs de corruption et d’hypothèques qui pèse encore sur le pays, loin du sacrifice héroïque fantasmé par cet ancien ministre kabiliste.

Il est temps de démasquer ces contre-vérités pour ce qu’elles sont :

une défense désespérée d’un système qui a enrichi quelques-uns au prix de l’appauvrissement d’une nation entière.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne