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CRISE BUDGETAIRE EN RDC : L’INACTION DE SUMINWA, CATALYSEUR DU RETARD DE PAIEMENT DES FONCTIONNAIRES

En République Démocratique du Congo, où les promesses d’assainissement budgétaire se dissolvent dans un océan d’inaction, la saga du gaspillage public prend un tour tragique sous le leadership de la Première ministre Judith Suminwa. Nommée pour redresser une gouvernance chancelante, elle porte une responsabilité politique écrasante dans la dégradation accélérée de la situation financière, marquée par un mépris flagrant des instructions présidentielles.

Sous le premier mandat de Félix Tshisekedi, 53 institutions publiques ont surgi comme des champignons après la pluie, sans égard pour les maigres recettes de l’État. Parmi ces entités budgétivores, souvent rattachées à la Présidence et accusées de redondance flagrante, figurent des exemples criants comme l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), le Conseil Présidentiel de Veille Stratégique (CPVS), l’Agence Congolaise de la Transition Écologique et Développement Durable, la Coordination pour le Changement des Mentalités, l’Agence pour l’Amélioration du Climat des Affaires, ou encore l’Office National de Pêche et Aquaculture (ONPA).

Ces créations, gonflées de salaires exorbitants et de recrutements anarchiques, ont vidé les caisses publiques, privant les priorités essentielles comme la sécurité, l’éducation et la santé de ressources vitales – une dérive que Mme Suminwa, en tant que chef du gouvernement, avait le devoir impérieux et la responsabilité politique de stopper.

C’est l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi, qui avait levé le voile en mai 2025, dans une interview explosive à Paulette Kimuntu. « Comment expliquer qu’au premier mandat du président, l’État ait créé cinquante-trois nouveaux établissements publics ? Ce sont des fonctionnaires à payer, et pourtant ils sont mis en place en cours d’année, sans aucune prévision budgétaire, » tonnait-il, fustigeant une « indiscipline budgétaire » et une « culture de la jouissance immédiate » où les fonds s’évaporent en primes plutôt qu’en projets concrets. Ces révélations ont mis en lumière un chaos la Cheffe du gouvernement, investie de l’autorité exécutive, devait corriger sans délai.

Au lieu de cela, elle incarne le pivot d’une farce amère : le non-respect systématique des décisions prises en conseil des ministres, transformant les directives présidentielles en vaines incantations.

Le summum de cette irresponsabilité ? L’instruction du 2 mai 2025, émise par Tshisekedi lors d’un conseil des ministres sous haute pression sécuritaire. Conscient du péril, le président ordonne à Suminwa de soumettre « dans les plus brefs délais » une méthodologie pour évaluer ces institutions parasites – y compris au cœur de son propre Cabinet – et procéder à des suppressions radicales ou reconfigurations. Une mesure audacieuse, censée rationaliser les dépenses et restaurer l’équilibre budgétaire.

Pourtant, cette directive s’est muée en « lettre morte ». Aucune initiative tangible, aucune réforme, aucune entité budgétivore assainie : la Première ministre, responsable directe de l’exécution, a laissé filer un dépassement budgétaire de 22 % pour les dépenses de fonctionnement, atteignant 1,529 milliard USD fin décembre 2025.

Ce dédain pour les instructions présidentielles n’est pas un faux pas isolé, mais un pattern destructeur amplifié par l’inaction.

Revenons au 29 janvier 2025 : dans un discours à la nation sur la RTNC, le Président Tshisekedi, confronté à l’intensification des conflits à l’Est avec le M23/RDF, enjoint le gouvernement – dirigé par Suminwa – à imposer des « mesures rigoureuses » pour tailler dans le train de vie extravagant des institutions et de leurs animateurs.

Objectif : réallouer ces économies à des primes pour les forces armées et à l’effort de guerre, priorisant la défense sur les luxes inutiles. Réitérée au conseil des ministres du 31 janvier, cette consigne visait à mobiliser la solidarité nationale.

Mais Mme Suminwa, en tant que gardienne de l’exécution, l’a laissée s’enliser : qualifiée de « promesse sans lendemain » dès février 2025, elle reste lettre morte un an plus tard, permettant aux institutions d’engloutir des budgets et des dépassement budgétaires records.

Le Fonds Monétaire International (FMI) assène le coup de grâce avec ses déclarations incisives du 16 février 2026 : la masse salariale publique est devenue « incontrôlable », un « facteur majeur de vulnérabilité » pour 2025-2026.

Cette explosion absorbe les ressources, creuse les déficits et bride les investissements en infrastructures. Le FMI pointe une « inertie budgétaire » où les hausses salariales deviennent irréversibles, menaçant la stabilité et la confiance des donateurs. Ses recommandations tombent dans le vide quand la Première ministre ignore les ordres de son propre président.

Les conséquences sont cataclysmiques : inégalités béantes, violation des engagements FMI, et un Cadre Budgétaire à Moyen Terme 2026-2028 annonçant un déficit moyen de 11,971 milliards FC par an, comblé par des emprunts risqués et chers. En somme, la responsabilité politique de la cheffe de l’Exécutif dans cette dégradation de la situtation est accablante :

en bafouant les instructions présidentielles du 2 mai et celles du 29 janvier, elle incarne une gouvernance paralysée, où les conseils des ministres ne seraient que théâtre d’ombres.

La RDC exige mieux : une exécution ferme pour purger les finances, servir le peuple et rebâtir la confiance. Sans cela, le naufrage budgétaire continuera, alimenté par une inertie impardonnable qui pénalisera d’ailleurs la masse de fonctionnaires impayés.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC