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LA RECONQUETE DE RUBAYA EN COURS DE TELECHARGEMENT : CHEFS REBELLES FAUCHES DANS LA BATAILLE

Au cœur de la République Démocratique du Congo, où les minerais précieux alimentent les guerres autant que les smartphones du monde entier, la cité minière de Rubaya émerge comme un bastion stratégique incontestable. Nichée dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, cette localité n’est pas qu’un point sur une carte : elle représente 15 à 30 % de la production mondiale de coltan, ce minerai essentiel à l’industrie high-tech, des batteries aux circuits électroniques.

Contrôler Rubaya, c’est dominer un flux économique illicite qui finance les conflits armés, attise les rivalités régionales – notamment celle du Rwanda contre la RDC, soutenant ouvertement les rebelles – et dicte les enjeux géopolitiques d’une région déchirée par des décennies de violence.

Ce 24 février 2026, Rubaya est le théâtre d’une bataille furieuse qui pourrait redessiner les lignes de front à l’Est du pays.

Tout a commencé aux premières lueurs de l’aube, vers 2h40 locales, quand les drones des Forces armées de la RDC (FARDC) ont déchaîné un barrage de feu sur les positions rebelles de l’Alliance Fleuve Congo/M23-RDF.

Ces frappes ciblées, menées avec une précision chirurgicale, ont visé des locaux sur les collines dominant la cité, infligeant des pertes dévastatrices aux insurgés qui y étaient cachés.

Parmi les victimes confirmées : le lieutenant-colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, abattu dans une maison surplombant la mine de Rubaya. Sanctionné par l’ONU et les États-Unis pour violations des droits humains, Ngoma était plus qu’un communicant – il incarnait la voix médiatique des rebelles. Des rumeurs persistantes évoquent aussi l’hospitalisation de Sultani Makenga, leader militaire du groupe.

Ces coups durs soulignent la vulnérabilité des M23/RDF face à une offensive gouvernementale revitalisée, soutenue par des milices locales comme les Wazalendo.

Mais l’histoire ne s’arrête pas à ces pertes : des sources locales, amplifiées sur les réseaux sociaux, rapportent un abandon précipité de Rubaya par les rebelles dans la nuit du 23 au 24 février. Fuyant l’avancée inexorable des FARDC, les éléments du M23/RDF auraient cédé la cité, laissant derrière eux un vide que la population civile s’empresse de combler par des manifestations spontanées.

Vers midi de ce 24/02/26, les rues de Rubaya ont vibré au son des chants et des appels au retour triomphal des forces gouvernementales. « Nous sommes en joie dans l’attente de notre armée, » clament les habitants, selon des témoignages directs. Cette euphorie n’est pas anodine : après près de deux ans sous contrôle rebelle, Rubaya aspire à une stabilité qui pourrait relancer son économie minière légale, tout en coupant les vivres aux groupes armés et au Rwanda.

Pourtant, des tirs nourris persistent en périphérie, forçant des déplacements massifs de la population civile et rappelant que la victoire n’est pas encore complétement scellée. Les Wazalendo, alliés farouches des FARDC, avancent avec détermination, récupérant villages et positions stratégiques, mais le risque de représailles ou de pillages plane comme une ombre sur ce joyau minier.

À l’Est, les combats s’étendent : offensives à Masisi, tandis que la réouverture de la frontière avec le Burundi relance le commerce transfrontalier, offrant un rare souffle d’espoir économique surtout aux congolais refugiés au Burundi.

Pourtant, c’est Rubaya qui captive l’attention des congolais.

Cette localité, pivot du conflit pour son coltan convoité, symbolise les enjeux globaux : une guerre où les minerais financent l’occupation, où la diplomatie trébuche sur les intérêts économiques, et où une reprise par les FARDC pourrait marquer un tournant décisif du conflit.

Dans cette arène volatile, la population, lasse des exactions, réclame la paix – une paix qui, si elle advient, pourrait transformer Rubaya d’un champ de bataille de rivalités militaires et géostratégiques, en un pilier de reconstruction nationale, alors qu’actuellement elle alimente financièrement l’occupation militaire de l’Est de la RDCongo.

La situation sur le terrain évolue heure par heure, néanmoins, la reprise totale de la cité de Rubaya n’a jamais été si à portée de main des FARDC et leurs alliés.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC