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KISANGANI ENCORE SOUS LE FEU DES DRONES : UNE RECIDIVE TERRORISTE QUI NE PEUT PLUS RESTER IMPUNIE

Dimanche 1er mars 2026, l’aéroport international de Bangboka, à 30 km de Kisangani, a une nouvelle fois été pris pour cible. Située à plus de 1 000 km des lignes de front, cette infrastructure civile et stratégique – base arrière majeure des FARDC – subit là sa deuxième attaque de drones en un mois seulement.

Selon le communiqué officiel du gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia Lebabonga, et de sa porte-parole Claudine Atisadi, tout a commencé vers 2 h 00 du matin : une première vague de drones kamikazes chargés de sous-munitions a surgi dans la nuit. Les frappes se sont ensuite poursuivies en plein jour, aux heures de pointe de l’activité civile. Les systèmes de défense aérienne, récemment renforcés sur ordre du président Tshisekedi, ont réagi avec précision. Quatre drones ont été interceptés et abattus l’un après l’autre :

15 h 48 : premier drone neutralisé

17 h 30 : deuxième drone

19 h 30 : troisième drone

19 h 48 : quatrième et dernier drone

À cet instant précis, un avion civil de la Compagnie Africaine d’Aviation (CAA) était déjà en approche finale depuis 19 h 45. L’appareil n’a été touché par aucun éclat. Miracle.

Bilan : aucune victime humaine. Seules quelques vitres brisées sur des bâtiments périphériques. L’aéroport a repris ses opérations dans la soirée.

Le gouvernement provincial accuse sans ambiguïté l’armée rwandaise (RDF) en coalition directe avec l’AFC/M23. Le gouverneur qualifie ces actes de « lâches et terroristes », de violation flagrante du cessez-le-feu et surtout de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, car ils visent délibérément une infrastructure civile tout en mettant en danger des vies de passagers innocents.

Cette récidive intervient moins d’un mois après la première attaque des 31 janvier-1er février.

Dès le 6 février 2026, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, avait déjà condamné fermement cette première frappe et l’avait explicitement qualifiée de possible acte de terrorisme, en référence à la Convention de l’OUA de 1999 et son Protocole de 2004. Il soulignait alors que « les groupes armés non étatiques ne peuvent invoquer aucune justification pour viser ou mettre en danger des civils ou des infrastructures civiles ».

Aujourd’hui, face à cette récidive manifeste, le message est clair : cette nouvelle attaque ne peut rester impunie. L’Union africaine, la communauté internationale et tous les États attachés à la souveraineté congolaise sont désormais attendus au tournant. Les mots ne suffisent plus. L’escalade doit cesser. Et les responsables doivent répondre de leurs actes terroristes.

Le M23/AFC, qui avait revendiqué la première frappe, reste étrangement muet sur celle du 1er mars.

Les experts pointent des drones de type turc Baykar YIHA-III ou estonien Threod Systems, déjà utilisés par le groupe rebelle M23/RDF.

Kisangani a tremblé. La RDC tout entière regarde maintenant vers Addis-Abeba et les capitales du monde : jusqu’où tolérera-t-on que l’on bombarde encore une fois impunément un aéroport civil à plus de mille kilomètres du front, en menaçant aussi un aéronef civil dans le même espace aérien ?

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC.