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LES ADF, CES REBELLES OUGANDAIS QUI NE TUENT PAS EN OUGANDA MAIS SAIGNENT LE CONGO : ENIEME MASSACRE

Qui sont-ils ? Qui se cache derrière l’un des groupes les plus meurtriers de la RDCongo ?

Il y a à peine quelques jours, dans la nuit du 16 au 17 mars 2026, les ADF ont encore frappé.

À Babesua, un poste de patrouille des écogardes au cœur de la Réserve de Faune à Okapi (Ituri), 19 civils ont été massacrés à la machette et à l’arme à feu. Un camion calciné, des cases réduites en cendres, des corps abandonnés sur la route nationale 4. Les assaillants venaient des forêts profondes de Bapere (Lubero, Nord-Kivu). Ils progressent vers l’axe Kisangani, et personne ne les arrête.

Encore une fois, des Congolais innocents paient le prix du sang.

C’est la signature des « Allied Democratic Forces » : une machine à tuer qui hante l’Est de la RDC depuis trente ans.

Tout commence en 1995 en Ouganda. Jamil Mukulu, un islamiste radical opposé à Museveni, crée le groupe pour renverser le pouvoir de Kampala et instaurer un État islamique. Pendant quelques années, ils frappent chez eux. Puis l’armée ougandaise les traque. Chassés comme des rats, ils franchissent la frontière et s’enfoncent dans les forêts impénétrables de Beni, Lubero et Irumu. Là, ils mutent. En 2015, Mukulu est arrêté en Tanzanie.

Son successeur, Seka Musa Baluku, prend les commandes et fait le grand saut : en 2017-2019, les ADF prêtent allégeance à l’État islamique.

Ils deviennent la « Province d’Afrique centrale » de Daech. Chaque massacre est désormais revendiqué par le califat noir.

Aujourd’hui, 1000 à 1500 combattants – dont des Congolais recrutés de force – vivent du pillage pur : or illégal, charbon de bois, rançons, taxation sur les routes. L’EI leur envoie de l’argent et des instructions.

Leur mode opératoire ?

Une brutalité glaçante et calculée : villages rasés à l’aube, églises incendiées pendant les offices, décapitations filmées, femmes et enfants enlevés pour servir d’esclaves ou de chair à canon. Ils ne visent pas les villes. Ils veulent la terreur pure, le contrôle des mines et le recrutement dans le sang.

Et le bilan est terrifiant.

Depuis leur installation définitive en RDC, les ADF ont assassiné entre 9000 et 12000 Congolais, presque tous des civils.

Rien qu’en 2024 : plus de 1600 morts.

En 2025 : les horreurs de Ntoyo (plus de 70 chrétiens tués pendant un enterrement) et Komanda (43 morts dans une église). L’Église catholique et les observateurs indépendants sont formels : les ADF sont, avec le M23, un des groupes les plus meurtriers contre les populations civiles de toute la RDC ces dernières années. 95 % de leurs victimes sont congolaises.

Contre l’Ouganda, leur pays d’origine ? Presque rien. Entre 300 et 1500 Ougandais tués au tout début (1996-2002), puis… le silence radio.

Depuis plus de vingt ans, ils ont totalement abandonné leur terre natale pour se concentrer sur le Congo.

Alors pourquoi l’armée ougandaise, présente depuis des années avec l’opération Shujaa et plusieurs milliers de soldats, n’arrive-t-elle pas – ou ne veut-elle pas – les éradiquer ?

Officiellement, elle détruit des camps, tue des chefs. Dans les faits, les massacres de civils augmentent. Le terrain forestier est un cauchemar, les ADF se dispersent, reviennent, posent des bombes artisanales. Mais surtout : une ADF affaiblie mais vivante arrange certains.

Elle justifie la présence militaire ougandaise, protège des intérêts économiques (or, bois, corridors commerciaux) et maintient une zone tampon géopolitique (contre les amis/ennemis rwandais présents dans les territoires occupés par le M23/RDF).

Les ADF ne sont plus des « rebelles ougandais ». Ce sont des jihadistes professionnels du chaos congolais, financés par nos propres ressources pillées et protégés par l’indifférence calculée.

Un cancer qui saigne la RDC depuis des décennies, village après village, église après église, que la solution militaire n’éradique pas.

Une métastase qui continue de se propager, alors que l’opinion publique congolaise – y compris la communauté chrétienne directement visée – ne se mobilise pas suffisamment pour l’arrêter.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC