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RWANDA: CO-BELLIGERANT ET GEOLIER DE L’AIDE HUMANITAIRE A L’EST DU CONGO – RESPONSABILITE DIRECTE

Co-belligérance rwandaise : la responsabilité étatique et pénale directe pour violations graves du droit international humanitaire, ouvrant la voie à des poursuites devant la CPI contre le Rwanda et ses dirigeants.

Le dernier rapport du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RDC (S/2025/858, publié en janvier 2026) ne laisse plus place au doute : le Rwanda est un co-belligérant actif dans le conflit à l’est de la République Démocratique du Congo. Avec 7.000 soldats des Forces de défense rwandaise (RDF) déployés sur le terrain, un commandement conjoint avec l’Alliance Fleuve Congo/M23 (AFC/M23), et un soutien logistique massif, Kigali porte une responsabilité directe dans les crimes et les entraves systématiques à l’aide humanitaire.

Ce n’est plus une simple ingérence : c’est une occupation déguisée qui viole ouvertement le droit international humanitaire (DIH), avec les conséquences qui en découlent.

Dans les territoires sous contrôle du M23/RDF– Nord-Kivu et Sud-Kivu –, l’accès humanitaire est délibérément bloqué. Les ONG internationales sont harcelées, taxées illégalement, parfois menacées de fermeture et refoulées.

L’aéroport de Goma, pris en janvier 2025, reste fermé aux vols civils humanitaires et transformé en plateforme militaire rwandaise, à la barbe des décisions de la Conférence Humanitaire de Paris de 2025.

Les axes routiers stratégiques sont verrouillés, les déplacés interdits de retourner sur leurs terres agricoles, provoquant une famine programmée.

Le cas d’Uvira est particulièrement révoltant : à peine l’encre de l’Accord de paix de Washington (4 décembre 2025) sèche-t-elle que le M23/FDR, s’empare de la ville. Plus de 100.000 personnes fuient vers le Burundi, où elles croupissent sans aide substantielle, ce qui a provoqué le décès de plus de 53 personnes parmi le déplacés.

À cela s’ajoute une pratique particulièrement odieuse : le transfert forcé de milliers de personnes vers le Rwanda, dont la véritable nationalité reste souvent incertaine et contestée. Selon le rapport de Human Rights Watch publié en juin 2025, plus de 1.500 à 2.000 civils – dont de nombreux citoyens congolais soupçonnés sans preuves d’avoir des liens avec des groupes armés hutus, et des réfugiés rwandais – ont été expulsés de force en mai 2025 depuis les zones autour de Saké et Goma. Sous prétexte de « rapatriement », ces personnes ont été rassemblées, privées de leurs documents congolais (cartes d’électeur brûlées publiquement), et convoyées vers le Rwanda, souvent sous contrainte et sans possibilité de recours. Beaucoup craignaient des persécutions à leur arrivée, violant ainsi le principe de non-refoulement.

Ces pratiques ne sont pas des effets collatéraux de la guerre : elles sont une stratégie.

Et le gouvernement rwandais les assume sans détour.

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, s’est illustré par des déclarations intempestives et répétées rejetant toute entrée libre des humanitaires dans les territoires sous contrôle du M23/FDR. À plusieurs reprises, il a affirmé que les ONG internationales étaient « politisées », « biaisées » ou servaient de couverture à des groupes hostiles au Rwanda. Il a justifié le contrôle strict des accès en prétendant que l’aide humanitaire « profite aux milices » ou prolonge le conflit – des arguments qui masquent en réalité la volonté de maintenir un désert de l’information total dans ces zones et priver les déplacés d’assistance humanitaire: un crime de guerre, rien de moins….

Le désert informationnel est une arme à part entière. Journalistes, observateurs indépendants et travailleurs humanitaires sont filtrés, surveillés ou refoulés à l’entrée des territoires occupés. Les télécommunications sont parfois brouillées, internet bloqué, les témoignages étouffés, les atrocités commises à huis clos. Ce black-out permet à l’AFC/M23 et à la RDF d’opprimer la population civile sans témoins: expulsions forcées, exécutions sommaires, recrutement forcé– tout se déroule dans l’ombre, loin des regards internationaux.

Ces agissements violent frontalement le droit international humanitaire :

  • Règle 55 du droit coutumier (Étude du CICR) et article 70 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève (1977): obligation de permettre et faciliter le passage rapide et sans entrave de l’aide humanitaire impartiale.
  • Article 18 du Protocole additionnel II aux Conventions de Genève: protection et autorisation des opérations de secours.
  • Principe de non-refoulement et interdiction du transfert forcé de populations (Article 49 de la IVe Convention de Genève).

En exerçant une co-bélligérance avec le M23 – critères confirmés par la jurisprudence internationale (CIJ, affaire Nicaragua c. États-Unis, 1986 ; TPIY, affaire Tadić, 1999) –, le Rwanda est juridiquement responsable de ces violations.

Le président Paul Kagame, commandant suprême des RDF, et son gouvernement portent une responsabilité pénale directe, y compris au titre de la responsabilité du supérieur hiérarchique (Article 28 du Statut de Rome de la CPI) : ils savent, documentent publiquement les faits, et refusent de prévenir ou de punir.

Le silence international face à cette oppression à huis clos ne peut plus durer.

Le Rwanda doit retirer immédiatement ses troupes, ouvrir les corridors humanitaires et lever le voile sur les territoires occupés. Faute de quoi, la communauté internationale devra agir : sanctions renforcées, saisine de la CPI et reconnaissance les graves conséquences de la pleine co-belligérance rwandaise.

La population congolaise mérite mieux que de souffrir dans l’obscurité imposée par Kigali et Kagame n’a plus droit à l’impunité, car sa responsabilité directe est désormais prouvée et, avec elle, les graves conséquences qui en découlent…

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne