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L’OFFENSIVE BARBARE DES ADF A MAMBASA : 100 ENFANTS ENLEVES ET SIX ASSAUTS EN HUIT JOURS

L’Ituri sombre un peu plus chaque jour dans l’horreur.

À Mambasa, le territoire entier est en train de basculer sous la botte des rebelles ADF, ces alliés de l’État islamique dont l’activisme mortifère s’est brutalement accéléré ces dernières semaines.

Ce n’est plus une simple guérilla dans les forêts ou les sites miniers : c’est une offensive systématique, rapprochée, qui frappe maintenant au cœur même du chef-lieu et qui s’accompagne d’une barbarie méthodique : enlèvements massifs d’enfants, massacres à répétition, villages incendiés et pillages systématiques.

Le signal d’alarme le plus glaçant vient du Parlement des jeunes de l’Ituri. En quelques semaines seulement, plus de 100 mineurs ont été arrachés à leurs familles par les ADF pour être transformés en combattants ou en boucliers humains. Gloire Abasi, son président, ne mâche pas ses mots : il parle de « crimes contre l’humanité » et d’une « aventure macabre » qui vole l’avenir de toute une génération. Ces enfants ne sont pas des dommages collatéraux ; ils sont devenus une ressource stratégique pour un groupe qui recrute, endoctrine et jette dans la bataille des gamins enrôlés de force.

Et pendant que les enfants disparaissent, les attaques se multiplient à un rythme infernal.

En seulement huit jours, six assauts ont été lancés dans le territoire. La nuit du 5 au 6 avril, les ADF ont osé ce que personne n’imaginait encore: ils ont frappé directement Mambasa-centre, aux PK2, PK3 et PK4.

Maisons incendiées, commerces pillés de fond en comble, civils enlevés de force pour porter le butin. Le bilan humain n’est pas encore connu.

La cité est aujourd’hui paralysée : boutiques fermées, écoles désertées, population terrifiée qui n’ose plus sortir. Les champs sont abandonnés, les routes deviennent des pièges. Jamais les rebelles n’avaient poussé leur audace aussi loin.

Quelques jours plus tôt, le 2 avril, c’était Bafwakoa qui tombait sous leurs coups : 43 morts au minimum, des dizaines de maisons réduites en cendres, véhicules et motos calcinés. Mi-mars, les sites miniers de Muchacha et Babesua subissaient le même sort : 35 civils tués à Muchacha, 15 à 17 à Babesua.

Partout, le même scénario terrifiant : villages rasés, populations déplacées par milliers, économie locale anéantie et ADF qui continuent d’occuper certains sites aurifères pour financer leur machine de mort.

Ce qui se passe à Mambasa n’est pas un accident de l’histoire.

C’est l’aggravation spectaculaire d’une crise que l’on croyait contenue. Les ADF profitent du vide sécuritaire pour passer à la vitesse supérieure : plus d’attaques, plus près des centres urbains, plus de destructions, plus d’enlèvements, plus de jeunes sacrifiés.

Assez de constats. L’état de siège est en vigueur en Ituri depuis mai 2021 et a été prorogé des dizaines de fois. Pourtant, à Mambasa, il n’a pas empêché cette escalade.

Le gouvernement congolais doit donc déclarer immédiatement un état d’urgence sécuritaire réel, ciblé et massif sur le seul territoire de Mambasa :

déploiement massif de troupes d’élite anti-terroristes, commandement opérationnel unique et dédié, couvre-feu strict, contrôle total des axes, opérations de ratissage systématiques et protection prioritaire du chef-lieu et des sites miniers.

Ce n’est plus une mesure générale et routinière qu’il faut, mais une réponse urgente, localisée et proportionnée à la gravité du drame qui se joue ici et maintenant.

La Cour pénale internationale doit poursuivre sans délai les commanditaires de ces crimes. La communauté internationale, qui se dit attachée à la protection des enfants et à la lutte contre le terrorisme, ne peut plus se contenter de communiqués : elle doit agir, maintenant, avant que l’Ituri ne devienne un immense cimetière d’enfants et de villages en ruines, entre les mains de l’ Etat Islamique.

Le temps des alertes est terminé. C’est celui de l’action urgente, implacable et ciblée qui doit commencer.

L’Ituri, et particulièrement Mambasa, ne peut plus attendre.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC