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Articles de la catégorie ‘MEUTRE PAR NEGLIGEANCE D UN BEBE’

MASINA: UN BEBE DE SIX MOIS BROYE VIVANT PAR UN BULLDOZER DE BUMBA. MEURTRE PAR NEGLIGENCE CRIMINELLE

TEMOIGNAGE DE LA MERE DU BEBE ECRASE, DEVANT SA MAISON DETRUITE A MASINA

Ce lundi 16 mars 2026, dans la concession Nzama du quartier Matadi-Siforco, à Masina, une jeune mère quitte sa maison pour le marché. Elle laisse son bébé de cinq/six mois profondément endormi, persuadée de rentrer une heures plus tard avec de quoi nourrir sa famille. Elle ne sait pas encore qu’elle vient de dire adieu à son enfant pour toujours.

TEMOIGNAGE DE LA MERE DU BEBE ECRASE, DEVANT SA MAISON DETRUITE A MASINA

Pendant son absence, des engins lourds envahissent le quartier. Une équipe de démolition, placée sous les ordres directs du colonel Luzolo Gérard du régiment CETA, est venue exécuter l’opération « Retour à la norme » lancée par le gouverneur Daniel Bumba et supervisée par le ministre provincial Léon Mulumba.

Objectif affiché : raser les constructions « anarchiques ».

Réalité sur le terrain : une destruction aveugle, sans préavis, sans vérification, sans pitié.

Les voisins réagissent immédiatement. Ils hurlent : « Il y a un bébé à l’intérieur ! Il dort encore ! » Ils supplient, crient, tentent de bloquer les machines, essaient même de forcer la porte pour sauver l’enfant. Certains sont repoussés, bousculés, frappés. Le colonel Luzolo, informé en direct, reste de marbre. Il ordonne de continuer. Sans délai. Sans le moindre contrôle. Sans la moindre humanité.

Le bulldozer avance. Les murs s’effondrent. La maison est réduite en gravats en quelques minutes.

Lorsque la mère revient du marché, elle découvre l’horreur : son bébé écrasé sous les décombres, déjà sans vie.

Ce n’est pas un accident.

Ce n’est pas un « dommage collatéral ».

C’est un meurtre par négligence criminelle.

Ignorer sciemment les cris désespérés d’une population qui alerte sur la présence d’un nourrisson vulnérable, refuser de stopper l’engin le temps d’une vérification élémentaire, et ordonner la destruction malgré tout relève d’une irresponsabilité meurtrière. Le colonel Luzolo et ses hommes ont choisi la rapidité de l’opération plutôt que la vie d’un enfant.

Les autorités provinciales qui pilotent cette campagne sans filet de sécurité sociale portent la même responsabilité.

Car ce drame n’est pas isolé. Il s’inscrit dans une politique d’assainissement urbain brutale qui rase des quartiers entiers sans relogement, sans indemnisation, sans respect des vies humaines.

À Masina comme ailleurs, on traite les plus pauvres comme des obstacles à évacuer.

Quatre jours plus tard, le silence des responsables est assourdissant. Ni le gouverneur Bumba, ni le ministre Mulumba, ni la mairie de Kinshasa n’ont réagi. Aucune enquête officielle n’a été annoncée. Aucun mot de compassion pour la mère désespérée. Aucune mesure contre les responsables.

Sur les réseaux, l’indignation est explosive. Vidéos et témoignages tournent en boucle. Les Kinois exigent justice et refusent que ce bébé devienne un simple chiffre dans le bilan d’une opération affichée comme « propre » mais en réalité qui viole les droits des congolais concernés.

Ce petit corps écrasé sous les décombres porte un verdict clair : à Kinshasa, quand l’ordre urbain prime sur la vie humaine, on franchit la ligne rouge du crime d’État.

Cette mère a tout perdu en une matinée. Kinshasa attend maintenant que les responsables répondent de leurs actes .

Plus jamais ça.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC