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Articles de la catégorie ‘pillage’

RUBAYA : LES ESCLAVES OUBLIES DU COLTAN ENSEVELIS PAR CENTAINES

Des Congolais réduits à l’esclavage moderne, y compris des enfants, risquant leur vie dans des puits mortels sans aucune mesure de sécurité, pour alimenter l’avidité rwandaise en minerais 3T.

Au cœur des collines boueuses de Rubaya, dans le Nord-Kivu en République Démocratique du Congo, un effondrement minier a transformé une mine de coltan en tombeau collectif le 29 janvier 2026. Plus de 226 vies englouties – mineurs artisanaux, commerçants, et pire encore, des enfants – dans un glissement de terrain impitoyable, amplifié par les pluies torrentielles de la saison.

Ce n’est pas un accident isolé, mais le prix sanglant que paient les Congolais pour assouvir les appétits voraces du Rwanda voisin en minerais 3T : étain, tantale issu du coltan, et tungstène.

Ces ressources, vitales pour les gadgets high-tech du monde entier – smartphones, ordinateurs, batteries – sont extraites au prix de la chair humaine, dans un système d’esclavage moderne où les creuseurs congolais, réduits à des ombres dans des puits sombres et instables, risquent tout sans filet de sécurité.

Imaginez : des enfants, à peine adolescents, rampant dans des galeries étroites, sans casques ni soutiens structurels, exposés à des inondations et des éboulements récurrents. Rubaya, ce joyau maudit produisant jusqu’à 120 tonnes de coltan par mois selon les Nations Unies, est un enfer artisanal où les incidents mortels se succèdent – comme ces 17 corps extraits d’un site voisin déjà l’année précédente.

Sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23 depuis avril 2024, la zone est verrouillée, inaccessible aux humanitaires, aux journalistes, aux regards du monde.

Et pendant que les blessés agonisent vers Goma, les opérations de sauvetage pataugent dans la boue, la mine fermée temporairement par un gouverneur fantoche pour essayer de récupérer les centaines de cadavres de congolais.

Mais pour quoi ? Pour que ce coltan, pilier des 3T, soit smugglé vers le Rwanda, alimentant une économie prédatrice qui prospère sur le chaos congolais.

Cette géocriminalité rwandaise – un pillage systématique des richesses minérales de la RDC, accusé depuis des décennies de financer conflits et enrichissement illicite – impose un tribut insurmontable au peuple congolais.

Les mineurs, souvent des locaux piégés par la pauvreté, deviennent des esclaves jetables : exploités sans salaire décent, sans protections, leurs corps broyés pour extraire ce qui finira dans les circuits commerciaux opaques du Rwanda. Les défenseurs des droits humains hurlent contre ce « système toléré, voire soutenu, par des chaînes internationales qui ferment les yeux sur les horreurs des creuseurs ». Et les enfants ? Ils paient le prix fort, leurs rêves ensevelis sous des tonnes de terre, victimes innocentes d’une avidité qui transcende les frontières.

Les sanctions américaines du 12 août 2025 enfoncent le clou : elles visent la Cooperative des Artisanaux Miniers du Congo (CDMC), qui domine la concession de Rubaya, et les sociétés hongkongaises East Rise Corporation Limited et Star Dragon Corporation Limited.

Accusées de soutenir des groupes armés qui tenait Rubaya, via la contrebande de minerais de conflit vers le Rwanda, ces entités perpétuent le cycle : travail forcé, exécutions de civils, financement de la violence. CDMC vend ces minerais extraits dans le sang aux firmes hongkongaises, qui les écoulaient sur les marchés mondiaux, ignorant les cris des opprimés et les mesures minimales de sécurité pour les mineurs. Imposées sous l’Executive Order 13413 pour menaces à la paix en RDC, ces mesures révèlent comment le Rwanda profite d’un commerce illicite, transformant les souffrances congolaises en profits.

Les conséquences ? Un peuple exsangue, traumatisé, où chaque effondrement aggrave l’instabilité : communautés déchirées, enfants orphelins, régions isolées sans aide extérieure.

La géocriminalité rwandaise ne vole pas seulement des minerais ; elle vole des vies, des futurs, laissant les Congolais payer le prix fort d’une cupidité impunie.

Il est temps que le monde impose une traçabilité implacable, des sanctions élargies et une intervention pour briser ces chaînes – avant que Rubaya n’engloutisse encore plus d’âmes innocentes et, sans une intervention extérieure à cette zone occupée, cela va encore se reproduire.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC