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Articles de la catégorie ‘UNPC’

GOMA SOUS SILENCE : LE M23/RDF SPOLIE LE DERNIER BASTION DE LA PRESSE LIBRE

L’Union Nationale de la Presse Congolais (UNPC) dénonce la volonté du mouvement rebelle de la faire fonctionner à Goma.

Dans les rues bouillonnantes de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo, un coup de semonce a retenti contre la liberté de la presse.

Le 2 février 2026, les bureaux de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) et le Centre de presse local ont fermé leurs portes, évincés par une décision abrupte du M23/RDF qui pue la censure orchestrée. Officiellement, la direction provinciale de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), dirigée par les rebelles, invoque un « litige foncier »: le bâtiment serait bâti sur une concession appartenant à l’État.

Mais la vérité est plus tranchante – ce siège a été érigé et équipé par la MONUSCO en 2015, offert en don exclusif à la presse du Nord-Kivu pour en faire un bastion d’indépendance médiatique, et non une propriété de la RTNC.

Pensé comme un legs durable au-delà du retrait de la mission onusienne, il symbolisait l’espoir d’une information libre dans une région déchirée.

Derrière cette façade administrative se cache une manœuvre sinistre, imputée à l’influence du mouvement rebelle M23, cobelligérant des Forces de Défense Rwandaises (RDF), qui qui étend son emprise sur la région depuis fin 2025.

C’est un assaut frontal contre l’indépendance médiatique, s’inscrivant dans une stratégie plus large de muselage imposé à la presse par les rebelles dans les territoires occupés. Dans ces zones, la liberté d’expression est étouffée : les M23 forcent une couverture médiatique alignée sur leur narratif, sous peine de menaces, d’enlèvements ou d’exécutions.

Des chasses à l’homme traquent les journalistes critiques, les obligeant à fuir en masse – plus de 90 d’entre eux ont déserté Goma et les environs, certains pourchassés par les rebelles eux-mêmes.

Les fermetures forcées de TV et surtout de radios locales s’enchaînent : plus de 25 stations communautaires ont été pillées, vandalisées ou contraintes au silence en North Kivu depuis 2024, avec les M23 prenant le contrôle direct de certaines, comme la branche locale de la RTNC à Goma.

À cela s’ajoute la strangulation de l’internet et des perturbations récentes, y compris l’occupation et la mise hors service de transmetteurs comme ceux de Vodacom par les rebelles, creusant un désert informationnel qui isole les populations et masque les exactions.

Rosalie Zawadi, présidente provinciale de l’UNPC, n’a pas mâché ses mots dans un communiqué daté du 31 janvier : « Cette expulsion est une atteinte grave à notre patrimoine institutionnel et à la liberté d’expression. »

Des journalistes locaux, contraints à l’anonymat par peur de représailles, parlent d’une « menace directe » contre leur métier, dans une zone déjà minée par les violences et les persécutions, où le groupe rebelle veut opérer sans témoins gênants…

Le Centre de presse, hub vital pour la coordination, les formations et la couverture des crises humanitaires, n’est plus qu’un fantôme. Sans cet espace neutre, les reporters se retrouvent dispersés, vulnérables, face à un vide informationnel qui s’élargit comme une plaie ouverte.

Sous l’occupation rampante du M23 et de ses cobelligérants rwandais, ce désert médiatique n’est pas un accident : c’est une stratégie. En muselant l’UNPC et en spoliant ce don onusien dédié à la presse, les forces rebelles visent à étouffer les voix qui dénoncent les exactions, les pillages et les violations des droits humains dans l’Est congolais.

« C’est une spoliation pure et simple », s’indignent des professionnels des médias sur les

L’UNPC appelle à l’urgence : intervention des autorités nationales, de la MONUSCO et des organisations internationales pour sauvegarder ce rare bastion de la vérité encore fonctionnant au Nord kivu.

Mais dans un Kivu en ébullition, où les armes parlent plus fort que les micros, cette fermeture sonne comme un avertissement funeste – la presse indépendante est en sursis, et avec elle, le droit du peuple à savoir et s’exprimer sur ce qu’ il subit sous occupation.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC