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UVIRA : DES CENTAINES DE CORPS DANS DES FOSSES COMMUNES – LE RAPPORT CHOC DE HRW QUI ACCUSE KIGALI

Hier, le 1er avril 2026, Human Rights Watch a publié un rapport implacable qui brise le silence sur l’occupation d’Uvira.

Dans un entretien exclusif, Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale, et Clémentine de Montjoye, chercheuse senior sur les Grands Lacs, révèlent ce que leurs enquêtes de terrain à Uvira, menées en mars 2026, ont mis au jour : pendant l’occupation de la ville par le M23 et les forces rwandaises entre le 10 décembre 2025 et mi-janvier 2026, des centaines de civils ont été exécutés, enlevés ou violés.

Les chercheurs ont visité trois sites de sépultures et recueilli des preuves sur d’autres fosses communes. Les autorités provinciales, elles, ont déjà exhumé 151 corps dans les quartiers de Kavimvira et Kilomoni.

Ce ne sont pas des « dommages collatéraux ». C’est une terreur méthodique, documentée par des témoignages directs et des visites sur place.

Voici le récit complet, reconstruit à partir de ce rapport qui vient de secouer l’opinion internationale.

Uvira, décembre 2025. La nuit tombe sur les rives du lac Tanganyika quand les combattants du M23, épaulés par les forces rwandaises, déferlent sur la ville. En quelques heures, le dernier bastion gouvernemental du Sud-Kivu bascule. Ce qui suit n’est pas une bataille : c’est une traque systématique.

Pendant plus d’un mois, les hommes en armes passent de maison en maison. Ils accusent, fouillent, séparent. Les hommes et les garçons sont traînés dehors, soupçonnés d’appartenir aux milices Wazalendo.

Des dizaines d’entre eux disparaissent dans la nuit. Exécutés. Enlevés. Effacés.

Les femmes et les jeunes filles, elles, paient un autre prix : viols répétés lorsqu’elles osent sortir chercher de la nourriture dans les champs environnants, dans un silence de terreur qui dure jusqu’au retrait partiel du groupe, mi-janvier 2026.

Puis vient le retrait. Et avec lui, l’horreur que l’on ne peut plus cacher.

Dès les premiers jours de février, les autorités provinciales annoncent la découverte de fosses communes. Deux sites majeurs à Kavimvira et Kilomoni : 151 corps déjà exhumés. Cent cinquante et un. Des civils, pour la plupart. Lewis Mudge et Clémentine de Montjoye se rendent sur place en mars.

Ils visitent trois de ces charniers.

Ils entendent parler de bien d’autres encore.

Leurs conclusions sont glaçantes : le M23 et les forces rwandaises ont tué des centaines de personnes lors de la prise et de l’occupation d’Uvira.

Impossible, à ce stade, d’identifier chaque victime, de dater chaque exécution, de reconstituer chaque dernière seconde. Mais les preuves sont là, dans la terre retournée, dans les témoignages des survivants, dans le silence assourdissant des familles qui cherchent encore leurs disparus.

Uvira n’était pas qu’une ville. C’était un verrou stratégique : port sur le lac, frontière avec le Burundi, corridor vital pour les approvisionnements. Sa chute a coupé les lignes de ravitaillement, déplacé des centaines de milliers de personnes et fait basculer tout le Sud-Kivu sous influence rebelle et cela le lendemain de la signature de l’accord de paix signé à Washington entre RDC et Rwanda devant le président Trump.

Le M23 y a laissé une administration parallèle, des positions fortifiées au nord dans la plaine de la Ruzizi et sur les Hauts Plateaux. Aujourd’hui, en avril 2026, la ville est « calme mais tendue ». Les habitants respirent, mais ils savent : un seul faux pas, et tout peut repartir.

Mais ce qui frappe le plus dans ce rapport du 1er avril 2026, c’est la froide précision des chercheurs face aux fosses communes. Ces trous dans la terre ne sont pas des accidents de guerre.

Ils sont la signature d’une occupation qui a choisi la terreur comme méthode.

HRW exige aujourd’hui ce que la population réclame depuis des mois : des enquêtes sérieuses, indépendantes, avec expertise médico-légale pour exhumer, identifier, juger. Des sanctions ciblées contre les commandants du M23 et les officiers rwandais impliqués. Parce que sans justice, Uvira ne sera qu’une pause dans un cycle qui dure depuis trop longtemps.

La ville respire encore, mais elle porte les cicatrices ouvertes de ces fosses communes.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC.