La procureure de la CPI saisie sur des crimes contre l’humanité commis à Kitshanga
La liste s’allonge après Bosco Ntaganda
Une plainte adressée à la procureure Bensouda par des Bahunde de Masisi, précisément à Kitshanga dans le Nord-Kivu, tend à démontrer qu’un génocide s’y serait perpétré.
Selon le signataire de cette plainte adressé à la procureure près la Cour pénale internationale, 202 morts seraient enregistrés. Ces morts se recrutent principalement parmi les Hunde. Ils auraient été tués par balles ou par des obus. Le nombre de victimes calcinées s’élèvent à 42 personnes et les recherches se poursuivraient encore. De même, les victimes tuées par machettes et jetées dans des fosses septiques sont au nombre de 19, selon la même source. Selon le docteur Hangi Vumiliya Augustin, les victimes seraient au nombre de 263 personnes tuées pour lesquelles la communauté des Hunde sollicite la justice internationale. Jusque-là, 15 personnes seraient portées disparues. Pour ce qui est de viol sur les femmes, on aurait enregistré 8 victimes.
Quant aux dégâts matériels, la plainte dénombre 320 maisons incendiées. 187 maisons auraient été pillées, à en croire les éléments d’accusation contenus dans cette plainte. Se fondant sur des faits survenus le 27 février 2013, le président de la communauté hunde note :
« Les agissements du colonel Mudahunga à Kitshanga en date du 27 février 2013 étant constitutifs des crimes contre l’humanité et du génocide, et donc de la compétence de la Cour pénale internationale, la division des enquêtes du bureau du procureur devrait se mettre en œuvre pour rassembler tous les éléments de preuve en charge de cet homme qui a intentionnellement et délibérément dirigé des attaques systématiques contre les populations civiles hunde pour des motifs ethniques ».
Une chose est d’accuser, une autre est d’aboutir effectivement à des enquêtes préludes à des poursuites judiciaires. Jusque-là, l’officier supérieur des FARDC est couvert par la présomption d’innocence. D’ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations unies vient d’inviter le gouvernement congolais à mettre rapidement en œuvre le mécanisme des poursuites contre toutes les personnes accusées des crimes dans l’Est de la RD Congo. Engagé sur plusieurs fronts, le gouvernement n’a donc pas de temps de répit. Les juridictions locales devraient également entrer en danse.




