MPP juge ce discours « trop tardif, trop bref et trop irresponsable «
Sur le plan sécuritaire, » Kabila n’a pas de leçon à donner à la Monusco, alors que lui-même ne tire aucune leçon de l’échec de sa propre politique sécuritaire « , relève le porte-parole de la Majorité présidentielle populaire.
Réagissant au discours sur l’état de la nation prononcé par Joseph Kabila samedi 15 décembre dernier devant le parlement réuni en Congrès, le porte-parole de la Majorité présidentielle populaire (MPP) et président de la Démocratie chrétienne (DC), l’honorable Eugène Diomi Ndongala, juge ce discours » trop tardif, trop bref et trop irresponsable « .
Pour Eugène Diomi Ndongala, Kabila a tenu un discours » dont le caractère soporifique et surréaliste a surpris la majorité des Congolais « .
Dans cette phase de l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC) où les formules » incantatoires » ne garantissent plus le statu quo, poursuit ce député, » les limites de cet exercices oratoire abstrait ressortent de son caractère déconnecté de la réalité politique, sociale et surtout sécuritaire du Congo « .
Diomi se demande comment Joseph Kabila pense reconstruire aujourd’hui une armée nationale, apolitique et républicaine, alors que cela fait 11 ans déjà depuis qu’il est au pouvoir, temps nécessaire pour comprendre cette faiblesse de l’état congolais.
Pour lui, on ne peut pas combattre des visées expansionnistes des pays voisins de la RDC en enrôlant, dans le désordre le plus total, nos agresseurs dans nos propres forces armées.
Concernant l’ensemble de la situation en République démocratique du Congo, la MPP note que beaucoup de questions n’ont eu aucune réponse précise dans cette » projection incantatoire » de l’état de la nation congolaise.
Allusion faite aux accords secrets signés avec le M23, ses vraies revendications, le choix de Kampala pour abriter les négociations en cours, la vérité des urnes…
De la cohésion nationale
L’honorable Eugène Diomi Ndongala Nzomambu trouve paradoxal l’appel à la cohésion nationale lancé par Joseph Kabila alors que » jusqu’à la veille de cet exercice oratoire, je continuais à faire les frais de la traque aux opposants politiques « .
En plus, des prisonniers politiques continuent à croupir dans des cachots, d’autres détenus au secret. Pour la Majorité présidentielle populaire (MPP) donc, le discours du week-end dernier est » trop bref et superficiel » car il ne donne aucune réponse aux Congolais sur les raisons de la débâcle politique, militaire et diplomatique que vit la République démocratique du Congo en ce moment.
» Que dire de la leçon que Kabila veut donner à la Monusco, alors que lui-même ne tire aucune leçon de l’échec de sa propre politique sécuritaire ? » se demande l’élu de la Funa.
Ainsi, face au » bilan désastreux » de sa politique de » navigation à vue « , il aurait été » plus sage » de la part de Kabila d’exprimer ses regrets et assumer ses responsabilités, car aucun Congolais ne croit plus aux » mirages des chantiers fantaisistes » toujours inachevés ou bien au mythe d’une modernisation de propagande vide de contenu concret en terme de développement et de sécurité. |