ILS ALLAIENT SE PARTAGER 1,9 MILLIONS/$ A NDJILI-LE MINISTRE DE LA JUSTICE A TOUT BLOQUE EN URGENCE
Ce dimanche 22 mars 2026, l’aéroport international de Ndjili, théâtre habituel des trafics en tout genre à Kinshasa, a vécu une scène qui aurait pu se terminer comme tant d’autres : dans l’indifférence et la disparition silencieuse. Environ 1,9 million de dollars américains ont été interceptés par les services compétents, soigneusement rangés dans deux valises. Une somme énorme qui, dans le passé, aurait très bien pu fondre comme neige au soleil une fois entre les mains de certains agents.
Mais cette fois, quelqu’un a dit stop. Et ce quelqu’un n’a pas traîné.
À peine informé de l’interception, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a réagi avec une vitesse et une fermeté rares.
Le même jour, il dégaine une lettre officielle, datée du 22 mars, adressée au Procureur général près la Cour de cassation. Un texte glaçant, sans détour : « Il m’est revenu, avec la plus grande gravité, qu’une somme d’environ 1.900.000 dollars américains a été interceptée ce dimanche 22 mars à l’aéroport international de N’djili […] et que des intentions de manipulation irrégulière, voire de partage de ces fonds, seraient envisagées, en violation manifeste des lois de la République. »


Traduction sans filtre : il sent le coup fourré arriver. Des agents allaient peut-être se servir avant que l’État ne voie la couleur de cet argent. Au lieu de laisser faire, Ngefa verrouille tout, dans l’heure. Il ordonne, « avec effet immédiat et sans aucune exception » :
- la saisie régulière et intégrale des fonds ;
- leur mise sous scellés en présence d’officiers de police judiciaire ;
- l’établissement immédiat d’un procès-verbal détaillé (circonstances, identification des porteurs et des agents) ;
- le dépôt obligatoire des billets à la Banque centrale du Congo ;
- la transmission express des pièces à la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) pour traçage anti-blanchiment ;
- l’ouverture d’une enquête judiciaire approfondie sur l’origine exacte de cet argent.
Et il conclut par un avertissement qui claque : toute tentative de manipulation sera poursuivie « avec la plus grande rigueur ». L’affaire, dit-il, revêt un « caractère de haute sensibilité pour l’ordre public et la crédibilité des institutions ».
Ce n’est pas une simple note administrative. C’est un coup de maître. En agissant avant même que les valises ne changent de mains illégalement, le ministre a empêché le scénario classique : celui où l’argent saisi à Ndjili finit par disparaître dans les circuits opaques de la capitale. Ndjili n’est pas n’importe quel aéroport. C’est la porte de sortie privilégiée des devises illégales. Des millions – parfois des milliards – s’évaporent chaque année via ces mêmes couloirs, souvent avec la complicité passive ou active de l’intérieur.
Dans un pays qui perd chaque année des fortunes colossales via les flux illicites (or, cobalt, cuivre, surfacturations minières), ce geste a valeur de symbole. Le Ministre de la Justice envoie un message clair : la lutte contre la corruption et le blanchissement d’argent n’est plus un slogan. Pour une fois, la justice a un temps d’avance.
À l’heure où ces lignes sont écrites, les 1,9 million USD sont bloqués à la Banque Centrale du Congo.
L’enquête commence. Aucune identité des porteurs n’a encore été rendue publique. L’essentiel est là : grâce à la réaction immédiate du ministre de la Justice, ces fonds n’ont pas suivi le chemin habituel de l’évaporation.
Eugène DIOMI NDONGALA,
DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC.




