La CENI ne rassure qu’un camp
18/11/2011


A 10 jours des élections présidentielle et législatives nationales, la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ne rassure toujours pas les partis et regroupements politiques de l’opposition, des notables de plusieurs territoires et secteurs de la République ainsi que des millions, sinon des milliers d’électeurs. L’unique camp politique qui croit en la transparence du fichier électoral et qui trouve sans objet le contrôle du serveur se trouve être la Majorité Présidentielle (MP).
La crise de confiance entre le « pouvoir organisateur des élections » et plusieurs segments de la société congolaise est à chercher dans une large gamme de faits qui pousse des Congolaises et des Congolais, à continuer à douter presque de tout.
En effet, depuis que des réserves de toutes sortes sont émises au sujet des listes électorales, soupçonnées d’héberger des mineurs, des policiers, des militaires et des étrangers, la CENI a systématiquement rejeté les cas portés à sa connaissance.
Elle a affiché la même attitude défensive, voire de mépris et de menace face aux préoccupations de ses partenaires politiques relatives à l’inaccessibilité du serveur. Bien qu’ayant finalement admis le principe de l’ouverture de cette machine aux partis politiques, elle demande à l’opposition de convaincre la Majorité Présidentielle de lever son veto avant toute démarche de visitation du serveur. Le tabou entretenu autour de ce support informatique a pris tellement du temps et .de l’ampleur que non seulement l’opposition mais des observateurs étrangers sont tentés de croire que la CENI chercherait à cacher une situation peu propre.
S’agissant des bureaux de vote, dont la cartographie a été dévoilée il y a trois semaines, des réactions négatives fusent d’un peu partout au sujet de l’inexistence de certains sites aux adresses indiquées par la Commission Electorale Nationale Indépendante. Pas plus tard que mardi dernier, des notables du territoire de Demba, au Kasaï Occidental, sont montés au créneau pour protester contre la suppression, dans leurs contrées, de plusieurs bureaux de vote, ce qui devrait obliger certains électeurs à parcourir près de 80 kilomètres à pieds pour trouver un bureau de vote. Il a été donné d’apprendre qu’une manifestation de protestation a conduit hier des milliers de résidents de la ville de Mbandaka au bureau provincial de la CENI. La foule était mécontente de la manipulation du fichier électoral, à en croire des informations qui circulaient à travers le chef-lieu de la province de l’Equateur.
L’autre fait qui intrigue est qu’à ce jour des milliers de Congolaises et Congolais détenteurs des cartes d’électeurs ont disparu du fichier électoral. A la veille pratiquement du vote, leurs cartes d’électeurs risquent de ne servir à rien, sinon à leur éviter des tracasseries policières et administratives sur les voies publiques, dans les ports et aéroports. Un député national avait fait état, en son temps, du cas de plusieurs milliers de personnes enrôlées à Budjala et dont les données étaient perdues au niveau du fichier électoral.
La panoplie des contentieux qui affectent le fichier électoral est si nombreuse que d’aucuns doutent de la tenue, des élections à la date du 28 novembre 2011. L’optimisme que continuent d’afficher les membres du Bureau de la CENI, au lieu de calmer les esprits, relance au contraire le pessimisme au jour le jour. L’on se demande si, face au vaste brouillard que l’on observe au firmament des élections, les résultats des scrutins organisés dans les conditions actuelles de sentiment de fraudes planifiées pourraient être acceptés par la majorité de nos compatriotes.
Kimp





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