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NAVIGUER A VUE
Par Le Potentiel
La République démocratique du Congo est véritablement un pays atypique où le ridicule n’a jamais tué. Mais, il y a des limites que l’on ne peut se permettre de franchir, au risque de couvrir d’opprobre toute une nation.
Dans le Congo qui se veut démocratique, des choses, même des plus invraisemblables, sont quelques fois permises. C’est difficile de dire si cela procède aussi de la marche du pays vers sa « modernité ».
Depuis quelques mois, le pays fonctionne sans budget. Pas de trace non plus de crédits provisoires. Le Parlement de la législature passée, tout comme le gouvernement démissionnaire n’y ont pas songé. L’un pour solliciter les crédits provisoires, l’autre pour voter une loi d’autorisation. C’était le cadet de leurs soucis. Candidats au scrutin couplé, tous étaient plongés dans les préparatifs des élections de novembre 2011.
Aujourd’hui, ils sont mis devant un fait accompli et ne savent que faire. Les acrobaties juridiques auxquelles ils avaient habitué l’opinion n’auraient pas réussi. C’est le vide. C’est le stand by. Personne ne s’en émeut et l’on fait croire que le pays fonctionne. Alors, question : comment fonctionne donc le pays ? La réponse est que tout le monde peut se servir à la source du Trésor public, sans laisser des traces. Car, aucun texte ne régit à ce jour les opérations financières de l’Etat.
Que peut-on dès lors attendre de ce gouvernement qui tarde à rendre le tablier, dans la mesure où il se trouve officiellement, il ne dispose pas de moyens de fonctionnement ? Rien qui vaille, en tout cas. Sinon, de belles et fallacieuses promesses.
En ce 21ème siècle, il est aberrant de concevoir un Etat sans budget. Donc, sans boussole dans la mise en œuvre de sa politique économique. C’est cela malheureusement la situation dans laquelle se trouve actuellement la RDC. Jusqu’à ce mois de mars, le premier trimestre de l’année budgétaire en cours, le pays ne dispose toujours pas d’un budget. Il fonctionne par à-coups, dans un désordre indescriptible où tout est permis, même jusqu’à soutirer du Trésor des fonds publics.
Même à l’Assemblée nationale issue des élections du 28 novembre 2011, le budget ne semble pas passer pour une priorité. Les députés auraient encore la tête ailleurs. Certains doivent se battre au niveau de la Cour suprême de justice. Pas sûr donc que le budget trouve une place dans leur agenda. Ainsi, le pays continuera à tourner à vide. Sans boussole qui n’est autre que le budget. Craignons qu’il ne sombre dans un trou noir d’où il lui sera difficile de s’en sortir. Cela s’appelle naviguer à vue. A moins d’un sursaut d’honneur et surtout de patriotisme…





