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INTERVIEW DE « CONGOLAIS TELEMA » AVEC EUGENE DIOMI NDONGALA, RTNC, 19/01/2026

CLIP DE L’ INTERVIEW D’EUGENE DIOMI NDONGALA AVEC CONGOLAIS TELEMA

RESUME DE L’INTERVIEW DONNEE A CONGOLAIS TELEMA PAR LE PRESIDENT EUGENE DIOMI NDONGALA, RTNC, 19/01/2026

  1. Vous avez dans une tribune, d’une guerre qui ronge l’Etat de l’intérieur.  Expliquez-nous en quelques minutes comment cela se fait

Dans ma tribune du 17 janvier 2026, « EST DU CONGO : UNE GUERRE QUI RONGE L’ÉTAT DE L’INTÉRIEUR », j’ai démontré que cette agression rwandaise par M23/AFC interposé n’est pas une guerre classique : c’est une stratégie géocriminelle délibérée, motivée par la convoitise des minerais stratégiques (coltan, cobalt, or) et un projet hégémonique  et/ou de balkanisation.

Depuis plus de 30 ans, le Rwanda déstabilise sciemment la RDC pour empêcher son décollage économique : en maintenant l’Est en feu, il bloque les investissements, paralyse les infrastructures, pille nos ressources et étouffe notre potentiel de grande puissance continentale. Cette guerre ronge l’État de l’intérieur en créant une instabilité chronique qui infiltre nos institutions et freine toute mobilisation nationale cohérente.

La seule réponse à la hauteur de cette menace existentielle serait, à mon avis,  la déclaration immédiate de l’état d’urgence nationale (article 85 de la Constitution). Cela concentrerait tous les pouvoirs exécutifs sur le rétablissement de la paix, mobilisera le peuple et mettra fin à l’enlisement. Le Congo est prêt à se lever – il attend ce signal décisif pour repousser l’agresseur et reprendre son destin en main.

2. 25 ans après l’assassinat de Laurent Désiré, comment évaluez-vous à ce jour, l’héritage qu’il a légué au peuple ?

Dans ma déclaration du 16 janvier 2026, intitulée « 25 ans après l’assassinat de LD. Kabila : Le Congo aux Congolais ! », j’ai rappelé que vingt-cinq ans après son assassinat, la blessure reste à vif pour le peuple congolais. L’héritage de Laurent-Désiré Kabila est profondément négatif. L’«aventure» de l’AFDL en 1996-1997 n’a jamais été une révolution congolaise authentique : c’était, dès l’origine, une agression rwandaise orchestrée par Paul Kagame, avec le soutien actif de Washington sous Bill Clinton et l’alliance d’autres pays voisins. Cette invasion du Zaïre visait à renverser Mobutu, installer un régime docile et ouvrir la voie au pillage systématique de nos minerais stratégiques.

LD Kabila n’était qu’une façade congolaise, un vieux maquisard recyclé pour légitimer cette opération. Les vraies commandes étaient à Kigali, avec James Kabarebe comme chef militaire effectif. Cette imposture fondatrice – l’AFDL comme cheval de Troie rwandais – a enclenché un chaos durable : occupation, rébellions proxies successives (RCD, CNDP, M23/AFC aujourd’hui), millions de morts, viols de masse et extorsion permanente de nos richesses sous prétexte d’une « dette » fictive pour avoir « libéré » le Congo.

Vingt-cinq ans après sa mort, le Congo paie encore le prix de cette « libération » qui n’était qu’une conquête déguisée. Son assassinat en 2001 a profité à ceux qui ont perpétué l’hégémonie rwandaise.

Aujourd’hui, nous devons briser ce cercle vicieux : plus de marionnettes, plus de proxies, plus d’extorsion sous le prétexte de l‘ effort de guerre de l’Afdl, dont l’article 23 de ses statuts (faisant fonction de Constitution matérielle, à l’époque) prévoyaient que «  le sol et le sous-sol du Congo appartenait à ses conglomérats d’aventuriers qui était l’Afdl ». Cela explique clairement comment le peuple congolais fut exproprié de ses richesses à des fins géocriminels.

3. En observant notre incapacité de taire nos intérêts égoïstes au profit de l’intérêt commun, sommes-nous digne d’être héritier du combat de Lumumba ?

Non, dans l’ensemble, nous ne sommes pas dignes héritiers du combat de Patrice Émery Lumumba.

Lumumba a sacrifié sa vie pour la primauté absolue de l’intérêt commun face aux forces néocoloniales. Aujourd’hui, l’incapacité chronique de tant de Congolais – élites politiques, acteurs économiques, citoyens ordinaires – à taire leurs intérêts égoïstes, tribaux ou personnels au profit du bien collectif, trahit son idéal. Ces divisions perpétuent la souffrance du peuple, facilitent l’agression extérieure et prolongent le pillage de nos richesses.

Pourtant, beaucoup de Congolais s’inspirent profondément du sacrifice de Lumumba et continuent son combat au prix fort. Comme le rappelle l’article publié par Le Potentiel le 2 juin 2025, intitulé « PONA CONGO : 20 ans de combat pour la liberté – Eugène Diomi Ndongala face à la répression » ou mon livre « Prisonnier Politique en RDCongo »,  j’ai moi-même consacré plus de vingt ans à cette lutte non violente pour la démocratie, la souveraineté et la justice, au sacrifice même de ma liberté : enlèvements, tortures, détentions secrètes, parodies de justice et années de prison sous les régimes Kabila père et fils. « PONA KONGO » – Pour le Congo – est devenu mon cri de résistance, comme celui de tant d’autres patriotes anonymes ou connus qui refusent la compromission et placent le peuple au-dessus de tout.

Ces sacrifices, inspirés des nos pères de l’indépendance, prouvent que l’esprit de 1960 vit encore. Mais pour que le Congo tout entier devienne digne de leur héritage, il faut un sursaut collectif : transcender les égoïsmes, retrouver l’unité sacrée et le courage du sacrifice pour l’intérêt commun. C’est le seul chemin vers une souveraineté véritable et une nation enfin libre.

  • 4. Pour terminer, quelle lecture faites-vous de l’engagement du Président de la République face à cette guerre qui dure depuis plus de 30 ans ?

Ma lecture de l’engagement du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est résolument positive et porteuse d’un espoir historique.

Il est, après le président Joseph Kasa-Vubu, le deuxième président civil de la RDC à avoir accédé au pouvoir par un processus électoral démocratique – ce qui ne fut le cas pour Mobutu, Laurent Désiré Kabila ou bien Joseph Kabila, tous arrivés au pouvoir par des coups d’états – ce qui confère au Président Tshisekedi une légitimité populaire forte et une responsabilité immense face à l’agression que subit notre pays depuis plus de trois décennies.

Je salue particulièrement son combat diplomatique acharné et sans compromission contre la géocriminalité rwandaise qui endeuille le Congo depuis 1996 : pillage organisé de nos minerais, massacres, déplacements forcés et tentative de balkanisation.

En dénonçant clairement l’agresseur et ses soutiens internationaux, il a brisé le silence complice du passé et restauré la dignité nationale.

C’est précisément cette offensive diplomatique déterminée – menée auprès des instances régionales, continentales et mondiales – qui a permis la reprise d’Uvira et un retrait forcé de l’occupant de cette ville, sous pression internationale.

Cette avancée majeure annonce incontestablement le rétablissement progressif de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, jusqu’ à la libération de Goma, Bukavu et Bunangana.

Si cette ligne politique ferme est maintenue jusqu’au bout, sans concessions ni accords ambigus, elle sauvera définitivement la RDC mettant un terme au visées hégémoniques du Rwanda.

Parallèlement, l’amélioration indispensable de la gouvernance doit être amorcée dès à présent, malgré le conflit qui frappe encore certaines parties du pays, afin d’accroître l’efficacité gouvernementale, de renforcer la cohésion nationale et de soutenir pleinement l’effort diplomatique.

Une fois la paix consolidée, le Congo pourra alors concentrer toutes ses énergies et ses immenses richesses sur son développement accéléré et parachever la reconstruction de son administration et son armée.

Le Président Tshisekedi a ouvert cette voie décisive et j’estime que le peuple congolais est prêt à l’accompagner jusqu’à la réappropriation totale de notre souveraineté.

« CONGOLAIS TELEMA » AVEC EUGENE DIOMI NDONGALA,

PRESIDENT NATIONAL DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE

Kinshasa, 19/01/2026

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