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Articles de la catégorie ‘REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO’

LE DOUTE FLAGRANT DE MASSAD BOULOS, SANS L’OMBRE D’UNE CONVICTION SUR LES INTENTIONS DE KAGAME

Entretien Exclusif sur France 24 du 16/02/2026 : Massad Boulos, Conseiller Afrique de Trump, Analyse la Violation de l’Accord RDC-Rwanda et la Position Pragmatique US Face au Doute sur Kagamé.

Dans l’entretien diffusé le 16 février sur France 24, Massad Boulos, conseiller Afrique de Donald Trump, ne mâche pas ses mots sur la crise explosive entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.

Face à la reprise des combats dans l’est de la RDC, où le groupe rebelle M23 – soutenu par Kigali – a osé s’emparer de la ville stratégique d’Uvira, Boulos qualifie cette offensive d’une « violation grave » de l’accord de paix signé à Washington en 2025. Un accord que les États-Unis ont parrainé en tant que « témoins », avec Trump lui-même apposant sa signature. Mais voilà, cet accord n’est pas une baguette magique : c’est « qu’un point de départ », martèle Boulos, pas une finalité. La paix, selon lui, est un processus laborieux, un marathon semé d’embûches, qui exige du temps et une complémentarité avec d’autres initiatives, comme celle du Qatar. Pourtant, derrière ces paroles mesurées, transparaît une déception palpable, presque amère, envers le Rwanda et son leader inamovible, Paul Kagame.

Au cœur de cette analyse se dessine le fond de la politique américaine sous Trump: une approche transactionnelle, pragmatique jusqu’au bout des ongles, fidèle à la doctrine « America First ». Les États-Unis ne jouent pas les gendarmes du monde ici ; ils se contentent d’un rôle de facilitateur, négociant des « deals » bilatéraux pour stabiliser la région sans s’embourber dans des engagements coûteux. Boulos évoque des discussions directes avec Kagame, qui ont abouti à un retrait partiel des forces du M23 d’Uvira – une petite victoire diplomatique.

Mais cette prudence masque une réalité plus crue : Washington exprime une « déception extrême » face aux violations répétées. Le Rwanda, accusé d’alimenter le chaos via son soutien au M23, est pointé du doigt sans ambages.

Et Kagame ? Boulos lâche une phrase assassine : « Nous espérons pouvoir faire confiance à Kagamé. »

Espérons ? Ce doute sonne comme un aveu d’échec, une reconnaissance que le dirigeant rwandais, malgré son aura de stabilisateur régional, joue un double jeu. Il a même déclaré publiquement ne pas craindre les sanctions – un défi lancé en pleine face aux Américains.

Cette déception n’est pas anodine ; elle révèle les limites de la stratégie US. Plutôt que de brandir le bâton immédiatement, Washington dégaine des outils sélectifs : des sanctions économiques déjà imposées à des figures comme James Kabarebe en 2025, et des discussions au Congrès sur d’éventuelles mesures contre Kagame lui-même. C’est une dissuasion graduelle, calculée pour ne pas rompre le fil du dialogue, mais qui trahit une tolérance relative aux écarts rwandais.

Si les combats persistent, l’escalade des sanctions pourrait survenir, mais Boulos reste évasif, optant pour un optimisme teinté de réalisme cynique.

En somme, cette interview dépeint une Amérique qui parie sur la patience et la pression mesurée, tout en masquant mal son irritation face à un Rwanda imprévisible.

Kagame, autrefois vu comme un modèle de développement post-génocide, apparaît ici comme un partenaire peu fiable, capable de torpiller un accord fraîchement signé.

Une leçon brutale : dans la jungle diplomatique africaine, la confiance est un luxe que même les superpuissances ne peuvent s’offrir sans garde-fous.

Le moment de la diplomatie attentiste est révolu : si les Usa ne veulent pas perdre la face, le moment est venu de réagir.

Eugène DIOMI NDONGALA,

Démocratie Chrétienne, DC