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Des syndicalistes de l’Onatra frappés et poignardés à Kinshasa: non à la repression syndicale violente en RDC !!!

Des syndicalistes frappés et poignardés à Kinshasa

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Serge Basaula, ADG ai de la STCP ex ONATRA foule au pied les articles 22 et 38 de la constitution congolaise.

En date du 9 mars 2011, vers 9h 30, devant le bâtiment administratif de la STCP ex ONATRA, deux syndicalistes ont été poignardés par les agents de la Police Nationale Congolaise sous la conduite du Colonel Kanyama;

il s’agit de : Messieurs Wobo et Mandjandja, tous deux du Département de Chemin de fer. Ces incidents sont intervenus à la suite du mouvement de grève. Un mois plus tard, le 7 avril 2011, quatre syndicalistes de la SCTP ont été arrêtés par la police et transférés au cachot du Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, Il s’agit de : Monsieur Agbayo Vital, Président de la délégation syndicale ; Monsieur Mukulungu Puis, Vice Président ; Monsieur Lino Metikwiza Olivier, Délégué syndicale/Services généraux ; Monsieur Yilu Yilu, Délégué syndical du Port de Kinshasa. Précisons qu’en date du samedi 09 avril 2011, Monsieur Lino Metikwiza et Monsieur Yilu Yilu ont été transférés au CPRK. Monsieur Agbayo Vital les y a rejoints quelques jours plus tard. Ces 3 syndicalistes croupissent jusqu’aujourd’hui au CPRK. Pourquoi ces syndicalistes sont-ils intimidés et jetés en prison ?

Menaces de mort
Serge Basaula s’est donc inspiré des méthodes en vogue dans d’autres entreprises publiques. Au courant du mois de février 2011, des syndicalistes de la DGRAD dénonçant la mauvaise gestion des fonds perçus par leur Régie ont subi des menaces de mort par sms, tel est le cas de Monsieur Pierre Liandja. Quant à Monsieur Tshétshé Ingulu Ngangeli, il a été arrêté et transféré au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK).
Nous recommandons donc

1. Aux travailleurs et syndicalistes
a. De continuer à revendiquer leurs droits inscrits dans la constitution et dans leur contrat de travail et ce malgré les intimidations et les menaces des mandataires publics.
b. De respecter la procédure de la grève qui sous tend une soumission d’un cahier des charges, la négociation avec l’employeur, le préavis de grève et la grève proprement dite.
c. De ne pas croire servilement au COPIREP qui déclare un bilan positif des contrats de stabilisation d’entreprises publiques. N’ont-ils pas déclaré qu’ils ont endigué la dérive qui emportait inexorablement l’ONATRA ? N’a-t-elle pas dit à ceux qui veulent l’entendre que les salaires ont été revus à la hausse conformément à la nouvelle loi sur le SMIG et que la paie des agents a été stabilisée ? N’a-t-elle pas affirmé que chacun touche désormais son salaire tous les 20 du mois et que
les arriérés des salaires ont été résorbés?
d. Comprendre pourquoi Marie-Françoise marie-Nelly a dernièrement devant la presse réunie au siège de la banque mondiale reconnu ouvertement que la
réforme telle que menée par le gouvernement via la COPIREP a été un échec à tout point de vue.
e. De ne pas toujours réclamer le départ des dirigeants mais susciter un dialogue franc pour comprendre les difficultés réels encourus par ces dirigeants bien formés mais qui ont difficile à assumer dignement leur responsabilité face à l’Etat propriétaire, aux travailleurs et leurs représentants, aux fournisseurs et clients, à l’INSS et le ministère des finances.

2. Aux dirigeants de l’ONATRA :

a. De gérer ce fleuron des entreprises publiques congolaises en bon père de famille
– Respecter l’équilibre contribution (travail) et rétribution (salaire)
en vue de participer à la relance de la consommation
– Aider l’Etat propriétaire en participant à la reconstruction du pays
• mobiliser et accroître les recettes de l’entreprise
• De repérer et sanctionner toutes les malversations financières au
niveau des départements des chantiers navals ainsi que dans celui des ports
maritimes et fluviaux.
• De repérer et sanctionner toute sous facturation qui a des ramifications au niveau de la comptabilité et de la trésorerie.
• De repérer et sanctionner tout détournement des fonds
• Identifier et démanteler la destination des fonds non retracés au
niveau de la comptabilité mais imputés au débit du compte courant de l’entreprise, à l’insu de la direction générale
• verser les cotisations quote-part patronale et quote-part ouvrière à la sécurité sociale (O.N.S.S)
• verser les précomptes professionnels au ministère des finances
b. Ne pas continuer à considérer la Présidence de la république, la primature, le parlement (chambre haute et basse) comme des institutions politiques non impliquées directement dans la gestion de l’ex ONATRA et ne jeter son dévolu que sur le ministère du portefeuille
c. De ne pas toujours chercher des raccourcis (appeler le renfort de la
police pour poignarder les syndicalistes) au lieu de privilégier un dialogue
avec les représentants des travailleurs et résister au stress causé par
les revendications sociales et salariales.
d. De ne pas toujours subtilement faire passer des revendications sociales et salariales pour d’abord des manipulations d’opposition politique ou ensuite pour des manipulations d’anciens dirigeants de l’entreprise et enfin pour une tentative de sape du programme de stabilisation mise en place par le gouvernement congolais via la Commission de Pilotage sur les Reformes des Entreprises Publiques (COPIREP).
e. De ne pas panser la plaie (occasionner l’arrestation des syndicalistes pour obtenir une fin de grève factice) mais de la guérir (honorer ses engagements face aux travailleurs pour une paix durable)
f. De relire l’article 235 du code du travail qui empêche
l’interférence de mandataires dans les matières inhérentes aux forces syndicales

3. Au gouvernement congolais
a. De veiller aux droits, liberté et protection des travailleurs
d’entreprises et des syndicalistes conformément aux articles 22 et 38 de la constitution congolaise
b. De ne pas permettre aux mandataires publics de museler les syndicalistes afin de fragiliser l’action syndicale et priver les travailleurs de leurs droits fondamentaux et syndicaux spécialement ceux édictés par les conventions 87, 98 et 135 de l’OIT.
c. De chercher à comprendre pourquoi malgré l’appui de la COPIREP, les travailleurs de l’ex ONATRA sont-ils restés longtemps impayés ? Nous venons d’apprendre que depuis l’arrestation des 3 syndicalistes, en un mois seulement, monsieur Basaula vient d’apurer à Kinshasa les 4 mois d’arriérés. Où a-t-il subitement trouvé l’argent ? Voulait-il d’abord régler ses comptes au syndicat ? Ou simplement en ce jour de la fête du travail il veut mettre la poudre aux yeux des travailleurs et leur faire oublier le calvaire subi depuis le 09 avril et ce jusqu’à présent par leurs 3 syndicalistes Monsieur Agbayo Vital, Monsieur Lino Metikwiza et
Monsieur Yilu Yilu ?
d. De sanctionner les mandataires publics qui touchent aux ambitions de la république d’améliorer le cadre macro économique de la RDC en refusant de payer le salaire et les appointements. Cela occasionne des grèves légales et sauvages, ce qui amenuise la productivité et donc diminue la Valeur Ajoutée.
e. De neutraliser aussi tous ceux qui pillent le patrimoine ONATRA en vue de l’exposer au bradage. La tolérance zéro a déjà frappé à la porte de la SONAL, du Sep Congo et au ministère de développement rural. Pourquoi pour l’ONATRA personne ne bouge alors que l’argent destiné à payer les travailleurs a pris une destination inconnue et que les menus fretins (syndicalistes) croupissent à la prison tandis que ceux qui directement ou
par des noms d’emprunts vont hériter des unités de production qu’ils ont condamné à la déconfiture se frottent déjà les mains ?
f. Socialiser les mandataires publics congolais afin qu’ils comprennent une fois de plus que ne pas payer le salaire bloque le produit intérieur de la nation, il diminue le revenu national et freine ou diffère la consommation, sachant surtout que si les revenus de la plupart des mandataires publics participent à la consolidation d’autres économies où leurs femmes et enfants vivent, les revenus des travailleurs sont destinés dans le marché
interne congolais à faire face principalement au logement, à l’éducation des enfants, à la santé et à la nourriture.
g. D’organiser ex ante et à temps réel, le contrôle permanent des
ressources et des emplois des entreprises publiques au lieu de faire confiance, fermer les yeux aux pratiques managériales assez alarmantes et se retrouver ex post dans une situation de batailleur pris dans le filet.
h. L’affaire de la faillite frauduleuse d’une banque au début de cette année doit faire réfléchir. L’Etat a procédé trop tard aux
arrestations mais les 175 millions de $ sont certainement hors de nos frontières ou ont été blanchis dans les constructions qui poussent comme des champignons à Kinshasa.

4. Aux autorités judiciaires congolaises

a. De faire appliquer la loi conformément aux articles 22 et 38 de la loi fondamentale congolaise et de libérer les syndicalistes arrêtés depuis le 07 avril 2011.
b. De ne pas trop se focaliser sur les éléments d’extranéité mais sur l’essentiel car un engagement contractuel n’a pas été respecté : le paiement de salaires.
c. D’entendre monsieur Serge BASAULA, l’ADG ai de l’ex ONATRA et l’obliger à payer ses travailleurs tous les 20 du mois, gage de la paix entre l’Etat employeur et les 12.000 familles qui vivent grâce à un contrat de travail avec la société.
d. De poser la question à monsieur Basaula de ce qu’il pense du protocole d’accord du 17 au 30 mars 2011 entre le syndicat et ses propres représentants , à savoir : son conseiller juridique, l’inspecteur des relations professionnelles, les directeurs des ressources humaines, de l’audit et de la trésorerie ?
e. Rassurer monsieur Serge BASAULA, l’ADG ai de l’ex ONATRA que s’il se comporte en manager attentif et responsable, il ne verra plus toutes ses mains manipulatrices qui cherchent son fauteuil et il constatera que les travailleurs passeront plus de temps à leur poste de travail que devant l’immeuble de l’ONATRA, scandant des chansons hostiles à ceux qui ne veulent pas leur donner leur dû : le salaire.

GRANDLACS.INFO

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