MEMORANDUM SUR LE DEPUTE DISSIDENT EUGENE DIOMI NDONGALA, PRESIDENT NATIONAL DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE, D.C. ET PORTE PAROLE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE POPULAIRE, M.P.P, PRISONNIER POLITIQUE DU REGIME KABILA
MEMORANDUM SUR LE DEPUTE DISSIDENT EUGENE DIOMI NDONGALA, PRESIDENT NATIONAL DE LA DEMOCRATIE CHRETIENNE, D.C. ET PORTE PAROLE DE LA MAJORITE PRESIDENTIELLE POPULAIRE, M.P.P, PRISONNIER POLITIQUE DU REGIME KABILA
LES FAITS
Le 08/04/2013 à 22h00, un commande de 20 policiers avec à leur tête le Colonel Kanyama, alias « Esprit de mort », débarquent au siège de la Démocratie Chrétienne sur Avenue Colonel Ebeya au numéro 7, défalquant les murs de la parcelle et agressant physiquement la sentinelle et toutes les personnes présentes sur le lieu, particulièrement M.lle Annie Fuala, secrétaire Exécutive de la D.C..
Ils demandent aux infortunés – entre un coup de crosse et une gifle – où se trouve Eugène Diomi Ndongala. Ils ne présentent aucun document légal justifiant la violation nocturne de domicile.
Par la suite, ils se rendent au Centre Cana, sur Avenue des Palmiers à la Gombe, où l’agent de sécurité qui est à la porte leur demande l’exhibition d’un document justifiant leur entrée nocturne dans l’enceinte du Centre. N’exhibant aucun mandat, ils défalquent le mur et brutalisent l’agent de sécurité. Le commando pénètre à l’intérieur du Centre et agresse les réceptionnistes avant même de leur poser des questions : une s’en sortira avec des gifles et l’autre avec un bras tordu. Ils demandent ensuite de leur indiquer où se trouve le député Diomi Ndongala. Le député Diomi Ndongala les approche demandant les raisons de ces violences et lui-même est agressé et jeté au sol par les policiers du commando, en recevant, entre autres, un coup de pied au bras. Blessé, il sera amené à une destination inconnue. Aucun document n’est exhibé pour justifier cette descente violente. Aucune justification n’est donné à Diomi Ndongala pour lui expliquer les raisons de cette descente violente et nocturne, contraire à la loi congolaise qui interdit toute action en exécution même d’ actes de justice la nuit.
Tant Eugène Diomi Ndongala que l’agent de sécurité Mamba sont amenés vers une destination inconnue.
La famille Diomi et les responsables de la Démocratie Chrétienne alertent la Monusco et les Ong des droits de l’homme, malgré l’heure nocturne, afin de demander leur aide pour localiser les personnes enlevées.
C’est l’agent de sécurité qui sera relâché tard la nuit, qui indiquera le lieu de détention de Diomi Ndongala et indiquera à la famille que celui-ci a été blessé au bras.
Le matin du 09/04/2013, Eugène Diomi Ndongala est transféré du cachot de l’Inspection Provinciale de la Police au Parquet Général de la République.
Il sera auditionné tard l’après-midi par l’Avocat Général qui l’informera de l’existence d’un mandat d’amener à son nom, daté 18 janvier 2013, selon lui.
Les avocats du député Diomi Ndongala mettront en exergue le fait qu’aucune invitation ou même convocation n’a jamais été envoyée au Député Diomi Ndongala, dont la résidence est connue à Kinshasa par les services du PGR.
Après une brève audition pendant laquelle on lui reproche des accusations incohérentes contenues dans le réquisitoire du PGR daté juillet 2012, et sans affronter le fond des accusations, il sera placé directement en détention provisoire à la prison de Makala. Il devrait être auditionné encore le 10/04/2013.
Plusieurs sources internes au système judiciaire indiquent que le mandant d’amener formellement daté 18/01/2013 a été en réalité émis le 08/04/2013 et pré-daté. Elles confirment aussi que Diomi Ndongala n’a jamais été ni invité ni convoqué par les magistrats avant le 08/04/2013.
Cela signifie que l’objectif de l’énième mise en scène et de l’action violente de Kanyama était manifestement d’humilier, tabasser et emprisonner le Président de la Démocratie Chrétienne.
Il sied de souligner que depuis le mois de décembre 2012, deux requête en inconstitutionnalité ont été introduites à la Cour suprême de Justice par Maitre Richard Bondo, avocat de Diomi Ndongala, dénonçant l’inconstitutionnalité du réquisitoire du PGR daté 19 Juillet 2012 ainsi que la procédure de la levée de l’immunité du député Diomi Ndongala, celle-ci n’ayant respecté plusieurs dispositions du Règlement d’ordre Intérieur de l’Assemblée Nationale, ni la Constitution en vigueur en RDC. Selon l’art.121 de la Constitution, les requetés en inconstitutionnalité ont un effet suspensif de toute action judiciaire ou administrative. Des lors, jusqu’à l’examen de la part de Cour suprême de Justice des deux requête en inconstitutionnalité, l’action menée par la justice ou la police après le dépôt des deux requêtes est illégale, surtout que les PGR ainsi que l’Assemblée Nationale ont été saisies par des correspondances des avocats de Diomi Ndongala les informant des recours en inconstitutionnalité valablement déposés.
Face à cette énième manipulation de la justice – qui n’a pas de gêne à se prévaloir des services « violents » des « hooligans » en uniforme de la police-politique dirigée par le Colonel Kanyama –
la DC dénonce l’incarcération du Président Eugène Diomi Ndongala en tant que prisonnier politique.
LE CONTEXTE POLITIQUE
Les collaborateurs du Président Diomi Ndongala mettent en relation le réveil soudain de ce dossier (fabriqué par le pouvoir kabila lui-même et instrumentalisé tel un « serpent de mer » qu’on réveil ou bien on endormi selon les exigences du moment), avec les récentes prises de position du porte-parole de la MPP qui a donné récemment des conférences de presse critiquant la politique sécuritaire et économique de l’actuel pouvoir en place à Kinshasa. En particulier, sa dénonciation de la responsabilité du régime Kabila dans la « Somalisation du Kivu » serait à la base de la volonté de le faire taire en évoquant, pour l’énième fois , le « serpent de mer » des accusations fantaisistes et contradictoires lancées contre Diomi Ndongale depuis le 26/06/2012, date de l’occupation policière illégale et du pillage du siège de la Démocratie Chrétienne par les homme du Colonel Kanyama pendant 2 mois, avec, en parallèle, la mise en détention au secret de Diomi Ndongala pendant 3 mois.
Il sied de souligner que depuis juin 2012, 7 militants de la Démocratie Chrétienne et de la MPP, ont été détenus au secret pendant des longs périodes par les services de sécurité congolais. En particulier, le Journaliste chargé de la communication et presse de la Démocratie Chrétienne, Verdict Mituntwa est détenu au secret – sans droit de visite – à l’ANR depuis bientôt trois mois.
Les raisons du harcèlement politico-judiciaire dont fait l’objet la Démocratie Chrétienne et ses dirigeants depuis 2010, en particulier, résident dans la participation active de notre parti au soutien de la candidature d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba à l’élection présidentielle.
Ce soutien s’est matérialisé avant, avec la fondation de la plateforme électorale « Union Sacrée pour l’Altenrance, USA » en sigle et, après, avec la revendication de la vérité des urnes et la dénonciation de la crise de légitimité qui paralyse le régime Kabila.
En particulier, la décision du député Eugène Diomi Ndongala de boycotter l’Assemblée Nationale jusqu’à ce que un Dialogue sérieux ne soit mis en place afin de résoudre la grave crise de légitimité qui mine les fondations des instituions politiques issues de la fraude électorale, constitue la position la plus combattue par le régime Kabila.
L’initiative prise par le Président National de la Démocratie Chrétienne de lancer, avec l’UDPS et plus de 50 formations politiques qui revendiquent pacifiquement la vérité des urnes, la Majorité Présidentielle populaire, MPP en sigle, a été interprétée par l’exécutif en place à Kinshasa comme une menace politique qu’il fallait neutraliser par un montage politico-judiciare visant à faire taire Eugène Diomi Ndongala.
Voilà pourquoi celui-ci est devenu l’homme à abattre, physiquement et politiquement.
Depuis le lancement de la MPP en avril 2012, l’incapacité du régime en place de continuer à gouverner par défi est éclatée au grand jour, manifestant la présence d’une opinion politique congolaise qui dénonce la crise de légitimité et la nécessité de lancer un programme sérieux de reformes en RDC.
D’ailleurs, les faiblesses du processus de démocratisation en RDC, mises en exergue par l’Accord Cadre d’Addis Abeba signé par 11 pays et 4 organisations internationales, confirment la nécessité de mettre un terme à l’intolérance politique aveugle et la répression systématique de l’opposition en RDC. En particulier, le nombre grandissant des prisonniers politiques et l’instrumentalisation honteuse de la justice à des fins politiques ne font qu’empoisonner le climat politique, en contradiction avec les engagements politiques souscrits personnellement par Joseph Kabila à Addis Abeba au nom de la République Démocratique du Congo.
Dans cette optique, la Démocratie Chrétienne demande aux partenaires de la R.D. Congo de soutenir effectivement le redémarrage du processus de démocratisation actuellement en panne. Ce soutien ne peut commencer à se manifester que par la revendication de la libération des prisonniers politiques en général et du député Eugène Diomi Ndongala, en particulier.
Fait à Kinshasa, le 10/04/2013
Freddy Kita,
Secrétaire Général de la Démocratie Chrétienne,
DC




