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NOUVELLE DONNE GEOPOLITIQUE DANS LES GRANDS LACS: LE RWANDA CEDE LA PLACE A L’AXE RDC-OUGANDA-TANZANIE

Comment Kinshasa, Kampala et Dar es-Salaam marginalisent Kigali et ses logiques sécuritaires, redessinant la région des Grands Lacs avec les accords économiques et les corridors de l’avenir.

Une nouvelle donne géopolitique se configure dans les Grands Lacs : le Rwanda est relégué au passé, alors qu’un nouveau axe économique est en marche.

En effet, un basculement historique est en cours dans la région des Grands Lacs.

Les accords de coopération stratégique signés le 11 mai 2026 entre la RDC et l’Ouganda à Kampala en sont le symbole le plus clair et le plus percutant.

Six protocoles d’accord – infrastructures, commerce, énergie, sécurité transfrontalière – transforment des frontières autrefois conflictuelles en véritables corridors de prospérité.

Pour Kinshasa, le message est limpide : diversifier ses partenariats régionaux pour briser enfin sa vulnérabilité sécuritaire à l’Est et accélérer son intégration économique. Pour Kampala, c’est une opportunité historique d’accès aux ressources et d’influence renouvelée. Ensemble, ils tournent la page.

Car le Rwanda, longtemps présenté comme le pivot incontournable de la région, appartient désormais au passé. Sa stratégie historique – fondée sur des réseaux sécuritaires opaques, des groupes armés proxies et une posture militaire dominante – montre aujourd’hui ses limites fatales qui l’isolent.

Le soutien au mouvement rebelle M23, les tensions diplomatiques avec ses voisins et la pression internationale croissante ont irrémédiablement fragilisé son modèle géocriminel.

Kigali se retrouve marginalisé dans un jeu où les leviers militaires et les logiques clandestines perdent leur pertinence.

À l’opposé, la RDC, l’Ouganda et la Tanzanie incarnent le choix résolu de l’avenir : celui des réseaux économiques et de l’interconnexion pacifique. Forts de leur complémentarité – potentiel minier exceptionnel de la RDC, position logistique de l’Ouganda, façade océanique de la Tanzanie –, ces trois États construisent un axe concret centré sur les infrastructures, les chaînes de valeur intégrées et les corridors commerciaux.

Le Partenariat stratégique RDC-États-Unis de décembre 2025 vient encore amplifier cette dynamique, en sécurisant l’accès aux minerais critiques tout en favorisant des routes d’exportation modernes et transparentes, notamment via les corridors économiques de Lobito et de Sakania.

La région change de paradigme. On passe d’une ère dominée par les rivalités militaires et les réseaux d’influence occultes à une compétition plus mature, axée sur les alliances diplomatiques, les infrastructures partagées et le contrôle pacifique des ressources stratégiques.

La RDC n’est plus vue comme un simple espace de crise : elle devient le pivot économique et diplomatique fondamental de l’Afrique centrale et orientale.

L’enjeu est désormais clair. Si les rivalités géopolitiques se muent en véritables mécanismes de coopération institutionnalisée, la stabilité régionale pourra enfin s’ancrer dans le durable.

Le signal est envoyé : les logiques néfastes du passé sécuritaire des prédateurs ont vécu.

L’ère de l’interconnexion économique pacifique, portée par Kinshasa, Kampala et Dar es-Salaam, est désormais en marche.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC