Aller au contenu principal

KINSHASA A GENOUX: 470 MILLIONS/$ ENCAISSES PAR LE GOUVERNORAT ET SES AGENTS IMPAYES DEPUIS 13 MOIS

Kinshasa à genoux : 300 à 470 millions de dollars encaissés par le Gouvernorat en 2026… et ses agents communaux – y compris les 3000 contrôleurs récemment engagés – impayés depuis des mois. L’ Hôtel de ville de Kinshasa cadenassé par les grévistes!

Ça suffit. Depuis le 22 avril, la capitale est totalement paralysée.

Guichets fermés, portes cadenassées à l’Hôtel de Ville,services communaux muets dans les 24 communes.

Plus un seul acte d’état civil, plus une taxe perçue, plus un document délivré. La raison ? Une grève sèche, radicale et sans concession des agents et cadres de l’administration publique urbaine. Ils n’ont pas vu un franc de leur salaire depuis 8 à 13 mois. Certains attendent jusqu’à 15 mois.

Et pendant ce temps, le Gouvernorat de Kinshasa, sous Daniel Bumba Lubaki, se gave.

Entre janvier et avril 2026, il a raflé entre 300 et 470 millions de dollars de recettes propres. Vignette auto à 70 USD, contrôle technique à 80 USD, impôts fonciers, marchés, stationnement… Les caisses débordent. En quatre mois seulement, l’exécutif provincial a déjà atteint – voire dépassé – son objectif annuel de 420 millions USD.

Voir notre précédente analyse sur le sujet:

Alors où est l’argent ? C’est la question qui brûle les lèvres de tous les Kinois. Ces recettes proviennent directement des poches des citoyens. Elles sont censées financer précisément l’administration provinciale et communale, l’assainissement de la ville et améliorer la circulation. Pourtant, les agents qui font tourner cette machine – ceux-là mêmes qui perçoivent les taxes et délivrent les services – sont laissés sur le carreau.

Le scandale est encore plus indécent quand on regarde du côté des 3000 agents de la « mission mixte permanente de contrôle routier ». Engagés avec pompe et tambours par le gouverneur en janvier 2026 (déploiement massif annoncé en grande pompe au Stade des Martyrs), ces agents ont été les soldats de première ligne qui ont rempli les caisses via les contrôles vignettes et techniques. Promesse officielle : 600 000 FC par semaine. Réalité dénoncée : selon des témoignages recueillis par Le Tonnerre Magazine fin mars 2026, la plupart n’ont touché que deux semaines de paie (première et deuxième semaine de travail)… puis plus rien, malgré des mois de contrôles intensifs, des conditions de travail épuisantes et des risques quotidiens.

Le même Gouvernorat qui les a mobilisés en fanfare pour générer ces centaines de millions les a purement et simplement abandonnés. Exactement comme les agents communaux permanents.

Le paradoxe est indécent. Le Gouvernorat affiche une machine fiscale très étendue quand il s’agit de ponctionner la population, mais devient soudainement impuissant dès qu’il faut payer ses propres équipes – permanentes comme opérationnelles.

L’intersyndicale des agents communaux, menée par David Delord Luyeye Ngongite, a tourné les services, rencontré le ministre provincial des Finances et lancé un ultimatum clair : « Payez ou on ne bouge pas. »

Résultat ? Kinshasa suffoque. Commerçants bloqués, familles en détresse administrative, entreprises paralysées. Dans une ville déjà étranglée par l’insécurité, la saleté et la misère, cette grève vient mettre en lumière l’hypocrisie crasse d’une gouvernance qui collecte l’argent du peuple… pour mieux l’oublier dans ses tiroirs.

Aucune annonce de déblocage ce dimanche. Pas un mot du gouverneur. Le silence est assourdissant.

Pendant que les caisses du Gouvernorat débordent, ses agents ont faim. Pendant que les recettes battent des records, les services publics sont à l’arrêt. C’est plus qu’une grève. C’est un scandale de gouvernance. Les Kinois en ont assez d’être pris en otage par une administration qui encaisse sans rendre. L’heure n’est plus aux promesses. Elle est au paiement immédiat – pour les agents communaux comme pour les 3000 contrôleurs – et à la reprise du service public.

Sinon, que le Gouvernorat assume : il préfère une ville morte à une administration honnête. L’intersyndicale tient bon. Les Kinois aussi.

À quand le réveil du Gouvernorat ?

A quand le réveil de la capitale de la RDC?

Eugène DIOMI NDONGALA,

§Démocratie Chrétienne, DC

Aucun commentaire pour le moment

Commentaire :