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La Cenco se réjouit de la tenue d’un « Dialogue inclusif » / congoindependant

Politique nationale :

La Cenco se réjouit de la tenue d’un « Dialogue inclusif »

Des évêques du Congo-Kinshasa

D’après une dépêche de l’ACP, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) se réjouit des vœux réitérés par le président « Joseph Kabila » de voir le dialogue national être organisé au Congo-Kinshasa. A l’issue des élections chahutées du 28 novembre 2011, l’UDPS a été la première formation politique a demandé des pourparlers pour régler le « contentieux » né de ces consultations politiques. Une chose est sûre, ce « forum » va intervenir dans un climat d’arbitraire autant que d’intolérance politique. La MP se comporte de plus en néo parti-Etat. Pour les opposants au dialogue, la réunion annoncée n’aurait pour but que de faire réviser la Constitution pour permettre au Président sortant de briguer un troisième mandat. Qui dit vrai? Qui ment? L’avenir tranchera.

Lundi 2 novembre, « Joseph Kabila » a reçu une délégation de l’église catholique conduite par Mgr Nicolas Djomo, le président de la CENCO (Conférence épiscopale du Congo). A l’issue de l’entretien, l’abbé Donatien Nshole, premier secrétaire général adjoint de la CENCO, a déclaré que le Président de la République « a réitéré ses vœux de dialogue national ». Une position, a souligné Donatien Nshole, qui rejoint celle de la Conférence des évêques du Congo.

L’abbé Nshole qui semble se tromper de contexte d’ajouter : «Depuis février 2012, la CENCO a appelé de tous les vœux un dialogue national inclusif pour renforcer la cohésion nationale. Maintenant que le Président revient là-dessus, cela ne peut que nous réjouir, dans les conditions de promouvoir la paix et la cohésion». Dieu seul sait ce qu’est devenu la « cohésion nationale » claironnée jadis par le président sortant « Joseph Kabila » quand il faisait face aux coups de butoir des rebelles du M23.

Selon certaines indiscrétions, les membres de la CENCO sont loin d’être unanimes sur l’attitude à adopter à l’égard du pouvoir kabiliste. « Certains évêques sont en contact permanent avec certains bonzes de la Majorité présidentielle », confie une source kinoise. Il semble bien que Mgr Nicolas Djomo serait « très proche » des personnalités politiques natives du Sankuru. C’est le cas notamment du sénateur PPRD She Léonard Okitundu. « Chacun a le droit d’avoir les amis qu’il peut sans trahir l’intérêt général », glisse notre interlocutrice.

Accord-Cadre d’Addis Abeba

Au lendemain des élections chaotiques du 28 novembre 2011, l’UDPS d’Etienne Tshisekedi a été la première formation politique à réclamer un « dialogue » en vue de régler le « contentieux » né de ces consultations politiques. Le pouvoir kabiliste y a opposé son mutisme légendaire empreint de condescendance. Une occasion manquée pour que les uns puissent écouter l’argumentation des autres pour tenter de construire une paix durable.

Sous l’égide des Nations Unies, outre le Congo, onze Etats africains (Afrique du Sud, Angola, Burundi, Centrafrique, Rwanda, Soudan du Sud, Tanzanie, Zambie, Ouganda, Congo-Brazzaville), réunis dans la capitale éthiopienne, ont signé, le 24 février 2013, le très célèbre Accord-Cadre d’Addis Abeba. L’Etat congolais avait pris plusieurs engagements dont celui de « promouvoir la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation ».

Pour des raisons qui lui sont propres, « Joseph Kabila » attendra la date du 2 mai 2015 pour « réagir » en dépêchant son chef barbouze Kalev Mutond auprès des partis politiques les plus significatifs. But: examiner les modalités de l’organisation d’un « Dialogue politique ». Certains interlocuteurs du patron de l’ANR (Agence nationale de renseignements) refusèrent de serrer la main tendue tardivement.

Un « dialogue » aux objectifs énigmatiques

Après un tour de table, la mission confiée à Kalev se solda par un cuisant échec. Il faut dire que l’émissaire choisi par le « raïs » n’avait guère le profil d’un diplomate. L’homme est réputé comme étant un tortionnaire. Dans l’imaginaire populaire, Kalev incarne plus l’arbitraire et la brutalité que le compromis. Voilà « Kabila » qui reprend le flambeau pour amorcer des « consultations » avec les « forces vives ». La majorité des « consultés » a été unanime de relever que le locataire du palais de la nation est apparu évasif sur les buts à atteindre.

Le 21 mai, le porte-parole de l’UDPS, Bruno Tshibala, a annoncé la volonté de l’UDPS de participer au dialogue «proposé» par «Joseph Kabila» estimant que ces pourparlers restent «la meilleure solution pour sortir le pays de la crise politique qu’il traverse».

Dans un communiqué publié le 19 octobre dernier à l’issue de la séance de travail qui a eu lieu à Bruxelles entre Etienne Tshisekedi et l’Envoyé spécial des Etats-Unis pour la région des Grands lacs, Thomas Perriello, la Présidence de l’UDPS d’énumérer les « objectifs recherchés » au travers du dialogue. A savoir : l’élaboration d’un calendrier électoral réaliste et consensuel, qui tient compte des délais constitutionnels; l’organisation d’un processus électoral crédible et dans un climat apaisé; le transfert pacifique du pouvoir, dans le respect de l’expression de notre peuple.
L’UDPS d’insister sur la « nécessité » d’organiser ces assises « sous l’égide de la communauté internationale ».

Dans un compte-rendu fait lundi 2 novembre, le ministre de l’Intérieur Evariste Boshab a annoncé que le « dialogue » «pourrait être convoqué incessamment». C’était à l’occasion d’une réunion interinstitutionnelle présidée par « Kabila ». « Les participants à cette réunion ont dégagé une vision commune sur l’impératif de rechercher un consensus sur le processus électoral», a ajouté Boshab.

Intolérance politique et recul démocratique

Le « dialogue politique » annoncé va sans doute avoir lieu. Reste qu’il va intervenir dans un climat vicié par l’intolérance politique, l’arbitraire et le recul démocratique. Pire, la Majorité présidentielle est de plus en plus hautaine, sectaire et totalitaire. Le message pourrait être déclamé comme suit : « Point de salut en dehors de la MP ».

Depuis plusieurs mois, plusieurs personnalités politiques et des activistes de la société civile se trouvent embastillés à Makala. Certains ont été victimes de cabale. C’est le cas d’Eugène Diomi Ndongala. D’autres, ont fait usage de leur liberté d’expression et de pensée en s’opposant à toute idée de révision de la Constitution. C’est le cas notamment de Jean-Claude Muyambo, Vano Kiboko, Ernest Kyaviro, Christopher Ngoy Mutamba, Fred Bahuma, Yves Makwambala.

Depuis l’exclusion des frondeurs du « G7 » de la MP, des fonctionnaires étiquetés membres de sept partis concernés sont intimidés par les « services ». Certains ont été purement et simplement « chassés » de leurs emplois. Pire, au Katanga, les activités politiques sont interdites sauf celles organisées par la MP en général et le PPRD en particulier. La nomination des « Commissaires spéciaux » par « Joseph Kabila » en lieu et place des gouverneurs élus – sous le fallacieux prétexte de circonstances exceptionnelles – est perçue par des observateurs comme une démonstration du « recul démocratique » et une flagrante violation de la Constitution.

Le 8 septembre, l’association de défense des droits humains « Asadho » a adressé une lettre ouverte au président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba. On peut lire notamment ces mots : «(…), l’aspiration du peuple congolais est qu’au mois de décembre 2016, le président de la République, (…) Joseph Kabila, respecte les termes des articles 70 et 220 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qu’il passe le pouvoir à un(e) autre congolaise ou congolais à l’issue d’une élection présidentielle libre, transparente et démocratique organisée dans le délai constitutionnel ». L’Ashado de prévenir : « Quiconque ne reconnaîtra pas ce désir collectif du peuple de voir le président de la République partir à la fin de son second mandat fera un naufrage politique spectaculaire ».

Lors de l’émission « Deux sons de cloche » de la RTNC ayant opposé, vendredi 30 octobre, le porte-parole de la MP Atundu Liongo au député national de l’opposition Franck Diongo, ce dernier a semblé enfoncer le clou planté par l’Ashado : « Le dialogue a pour finalité le changement de Constitution. (…). Tous les participants au dialogue seront combattus par la majorité des Congolais ». Il faut espérer que Diongo et l’Ashado auront tort. Et que l’avenir donnera raison tant à l’UDPS qu’aux prélats catholiques.

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=10344

Baudouin Amba Wetshi

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