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HAUT-KATANGA : RAID VIOLENT A LUSINGA… ET VICTOIRE EXPRESS DES FARDC

Haut-Katanga : Lusinga n’est pas tombée. Voici exactement ce qui s’est passé. Halte à la désinformation!

Dans la nuit du 2 au 3 mars 2026, vers 4 heures du matin, des miliciens Maï-Maï Bakata Katanga ont lancé un raid fulgurant sur Lusinga, le quartier général du Parc national de l’Upemba, à 45 km de Mitwaba (Haut-Katanga).

Après plusieurs heures d’échanges de tirs avec les éco-gardes, ils ont temporairement pris le contrôle du site. Ils ont pillé l’armurerie, emporté armes, munitions, véhicules et matériel, incendié des installations et pris en otage une quinzaine de personnes – dont plusieurs originaires du Kasaï, ciblés lors d’interrogatoires ethniques. Bilan provisoire : au moins 4 morts parmi le personnel civil du parc (certaines sources font état de 5-6). La directrice Tina Lain et plusieurs expatriés ont été concernés par les premières alertes ; tous ont finalement été localisés sains et saufs.

Mais la « chute » s’est arrêtée là.

Vers minuit, dans la nuit du 3 au 4 mars, les FARDC sont intervenues en force. Elles ont repris le contrôle complet de Lusinga. Les 15 otages ont été libérés. La majorité des employés ont été exfiltrés vers Likasi et Lubumbashi ; cinq à six expatriés cachés en brousse ont été contactés et sont en cours d’évacuation. Le site est pillé et endommagé, mais il est de nouveau aux mains des autorités.

Pas de « forteresse rebelle ». Pas de Parc Upemba sous contrôle sécessionniste. Pas de « poumon minier du Katanga » menacé.

C’était un raid meurtrier, classique des Bakata Katanga dans cette zone isolée et chroniquement instable. Rien à voir avec une offensive coordonnée ou une « Force de Libération du Katanga » nouvelle et triomphante.

Le territoire de Mitwaba connaît ces incursions depuis plus de dix ans. Celle-ci a été plus violente que d’habitude, mais elle a été contenue en moins de 24 heures.

Oui, les FARDC sont étirées : des milliers d’hommes concentrés au Nord et Sud-Kivu face à l’AFC/M23 laissent des brèches ailleurs. Oui, le Katanga reste le cœur économique du pays (cuivre, cobalt, 70-80 % des recettes d’exportation). Et oui, chaque attaque qui touche un site stratégique – même symbolique comme le QG d’un parc – est un signal d’alarme rouge.

Mais transformer un raid repoussé en « séisme national » ou en début de sécession du Katanga, c’est du sensationnalisme pur.

Lusinga a été reprise. Le parc n’est pas tombé. Le cœur économique bat toujours.

L’urgence réelle, elle est claire : renforcer la sécurisation des sites sensibles, mieux protéger les éco-gardes et les communautés riveraines, et arrêter de laisser les milices prospérer dans les zones que Kinshasa a trop longtemps négligées.

Les faits, rien que les faits. Le reste, c’est du bruit.

Eugène DIOMI NDONGALA,

DEMOCRATIE CHRETIENNE, DC

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