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L’ORDONNANCE A POSE LA PREMIERE PIERRE DE LA PYRAMIDE INVERSEE PREFIGUREE PAR DIOMI

Cinq jours après la feuille de route d’Eugène Diomi Ndongala, Tshisekedi crée le comité d’organisation du dialogue – et confirme la séquence de l’organisation en deux actes, comme il avait bien anticipé le Président de la Démocratie Chrétienne, dans son « architecture » du Dialogue.

Kinshasa, 13 septembre 2026. Cinq jours après la publication de sa feuille de route par Eugène Diomi Ndongala –

« Donner vie à la pyramide inversée du Dialogue national »

(https://democratiechretienne.com/#/article/donner-vie-a-la-pyramide-inversee-du-dialogue-national-la-feuille-de-route)-

le président Félix Tshisekedi a signé l’ordonnance n°26/136 portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Annoncée par Tina Salama, le texte n’ouvre pas encore la salle.

Il installe d’abord la machine. Et sur ce point précis, il épouse, presque terme à terme, l’architecture que le président de la Démocratie chrétienne avait mise sur la table le 8 septembre.

Diomi n’avait pas demandé un discours de plus. Il avait demandé une conversion :

la doctrine du 27 août – le dialogue part des provinces et aboutit à Kinshasa, il ne partage pas le pouvoir, il laisse Doha et Washington traiter les armes, il refuse l’amnistie générale, il produit un Pacte et une matrice en trois mois – ne survit, écrivait-il, que si elle devient des organes, des textes et des actes vérifiables. L’ordonnance d’aujourd’hui est le premier de ces actes.

Ce qui n’est plus une proposition, mais un fait juridique

Le fait le plus lourd est aussi le plus simple.

Diomi exigeait deux organes, dans sa feuille de route, pas un.

· Première confirmation :

Un comité technique d’abord.

Une commission préparatoire ensuite.

Fusionner les deux, prévenait-il, « c’est recréer le dialogue d’appareil ». Le texte lu dimanche tranche : le comité créé n’est pas la commission préparatoire. Il doit organiser sa mise en place et réunir les conditions du processus. La séquence est désormais écrite dans un acte présidentiel.

· Deuxième confirmation

le nom et le métier du premier organe. Chez Diomi, le comité d’organisation « n’arbitre pas le fond. Il rend possible la tenue matérielle du processus ». L’ordonnance lui assigne l’identification des besoins matériels, financiers, techniques, sécuritaires, logistiques, communicationnels et protocolaires, plus les contacts avec les partenaires selon les orientations du chef de l’État.

C’est justement la fiche technique du « Comité » qu’il avait rédigée.

· Troisième confirmation :

qui tient la barre opérationnelle. Diomi voulait un coordinateur civil nommé par ordonnance, assisté d’experts chargés des termes de référence, de la feuille de route, des études, de la centralisation des contributions et des archives. L’ordonnance crée un coordonnateur, un adjoint, des membres, et un secrétariat technique de onze experts, tous nommés par le président, avec le même cahier des charges.

· Quatrième confirmation,

et c’est celle qui donne son rythme au calendrier : le rapport préliminaire. Dans la feuille de route, rien ne se convoque avant ce livrable. Dans l’ordonnance et le schéma rappelé par la présidence, le comité remet un rapport ; une seconde ordonnance convoquera ensuite le dialogue, en fixera les principes, les étapes, la représentation, le suivi, et instituera la commission préparatoire – y compris la place des confessions religieuses.

Les deux ordonnances que Diomi jugeait suffisantes, « à condition d’être précises », existent maintenant comme méthode d’État : A est signée. B est due.

S’y ajoutent des confirmations plus sèches, mais décisives pour qui connaît les dialogues avortés du passé. Le comité doit favoriser des rencontres préalables avec les composantes. Il peut entendre toute personne utile. Il est financé par le Trésor public, avec dons et legs possibles, et une allocation forfaitaire. Il accompagne le processus jusqu’à un rapport final. La doctrine du 27 août n’est pas rouverte.

Le tableau ci-dessous met ces recoupements en évidence

CE QUE LA CONFIRMATION REVELE – ET CE QU’ELLE N’A PAS ENCORE TRANCHE

Une confirmation n’est pas une victoire totale. Elle est un basculement de statut. Avant dimanche, la pyramide inversée de Diomi Ndongala était une méthode proposée par un acteur politique. Depuis dimanche, son premier étage institutionnel – le comité qui prépare la commission qui préparera la parole des provinces – a force d’ordonnance.

Le reste, Diomi l’avait déjà nommé pour qu’on ne puisse pas dire plus tard qu’on ne savait pas.

La commission préparatoire, avec ses quatre pôles et ses 21 à 25 sièges, n’est pas encore née. Les quotas, le cahier de diagnostic unique, l’interdiction faite au gouverneur de présider sa propre province, la publicité des procès-verbaux : tout cela relève de l’ordonnance B et du règlement intérieur.

Sur la publicité, le texte d’aujourd’hui va même à contre-courant : accord de confidentialité et secret professionnel, là où la feuille de route de Diomi exigeait des documents signés, contradictoires, mis en ligne pour une transparence absolue, non réécrits.

Diomi l’avait résumé en une phrase qui sert désormais de critère, plus que de slogan : tant que « qui convoque, qui préside, qui fusionne, qui a le droit d’ajouter une ligne à Kinshasa » reste dans une seule main, la pyramide inversée n’est qu’une métaphore.

L’ordonnance du 13 septembre a séparé la première fonction.

Elle a créé le comité. Elle a reporté la commission, comme le Président de la Démocratie Chrétienne avait souhaité.

Cette séparation entre comité et commission a confirmé que le dialogue ne se décrète pas en une seule signature.

La pyramide n’est pas encore totalement dressée.

Mais sa base juridique, celle que le Président Diomi Ndongala, dans sa clairvoyance, demandait avant le premier micro, n’est plus seulement une proposition. C’est maintenant un acte du chef de l’État.

La suite nous dira si la fameuse pyramide inversée de Diomi Ndongala sera construite avec cohérence : l’ordonnance B ouvrira-t-elle vraiment la remontée de la pyramide inversée, ou se contentera-t-elle d’habiller seulement le sommet ?

Pour que la pyramide tienne debout, il ne faudra pas trahir le plan de son architecte.

Démocratie Chrétienne, DC