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COMMISSION D’ENQUETE DE L’ONU A GOMA : LE GLAS DE L’IMPUNITE A SONNE POUR LE M23 ET LE RWANDA

Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme suite à l’offensive du M23 et à la chute de Goma, cette Commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU, arrive enfin sur le terrain pour documenter les crimes de guerre et crimes contre l’humanité et identifier leurs responsables.

Cette Commission de trois experts a été créée par la résolution S-37/1 du Conseil des droits de l’homme du 7 février 2025, suite à la session spéciale sur la crise dans l’Est de la RDC. Son mandat est de documenter les violations graves, d’identifier les responsables et de préparer le terrain pour des mesures de reddition de comptes (sanctions et CPI). Les experts, attendus à Kinshasa le 7 juin avant de rejoindre directement Goma, vont documenter sans complaisance les atrocités dans l’Est de la RDC.

Pour la première fois, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité imputés au M23 et à son parrain rwandais ne resteront plus impunis. Sanctions ciblées, gels d’avoirs, poursuites devant la CPI : le vent a tourné.

Corneille Nangaa, coordinateur de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC) et figure de proue du M23, est acculé. Chaque massacre, viol de masse et exécution sommaire commis sous son commandement sera minutieusement consigné. La Commission prépare le dossier qui mènera les personnes indexées droit à la CPI.

Déjà condamné à mort par contumace à Kinshasa pour trahison et crimes de guerre, Nangaa est dans le viseur. L’impunité s’effrite : les preuves accumulées sur les exactions du M23 – exécutions de civils, recrutement forcé d’enfants, violences sexuelles systématiques – deviendront des véritables actes d’accusation pour le chef rebelle.

Le cas Joseph Kabila, aussi, illustre cette nouvelle ère. Déjà condamné à mort par un tribunal militaire de Kinshasa pour trahison, homicide, torture et viol en lien avec le M23, sous sanction des Etats Unis, l’ancien président voit son dossier internationalisé. La Commission va traquer les preuves matérielles et financières qui l’associent à la rébellion. Son affaire basculera vers les crimes contre l’humanité devant la justice internationale.

Les chiffres de l’ONU sont glaçants : entre octobre 2025 et février 2026, 2560 violations graves ont touché 6760 victimes, dont près de 600 exécutions sommaires causant plus de 1300 morts civiles. Le M23 porte la responsabilité écrasante, avec le soutien opérationnel avéré des forces rwandaises (RDF). Le bilan humanitaire atteint 6,4 millions de déplacés internes, un record tragique.

Derrière ces horreurs, un calcul géopolitique implacable et une échéance qui s’approche : Washington accélère car le M23 bloque la mine de Rubaya, l’un des plus grands gisements de coltan (15 % de la production mondiale), minerai stratégique promis aux entreprises américaines. Tant que le M23 et Kigali contrôlent la zone et pillent des centaines de milliers de dollars par mois, les Usa ne peut sécuriser ses chaînes d’approvisionnement ; de plus, l’échéance du retrait total des troupes rwandaises de la RDC, au plus tard fin 2026, conformément aux Accords de Washington, s’approche inexorablement.

Pour la première fois depuis des décennies, la culture de l’impunité dans l’Est de la RDC touche à sa fin. La Commission va nommer, documenter et transmettre.

Ses conclusions alimenteront les sanctions internationales en cours et seront transmises au Conseil de sécurité de l’ONU en vue d’une saisine officielle de la Cour pénale internationale.

Ni le M23, ni ses parrains rwandais, ni leurs complices ne pourront plus continuer de massacrer, violer et piller en toute impunité.

Pour la première fois depuis des décennies, la fin de l’impunité s’approche inexorablement, alors que le mouvement proxy pro-rwandais est désormais acculé de toutes parts : militairement, diplomatiquement et même par les échéances qu’impose la médiation et l’accord de Washington. L’ONU à Goma signe la fin d’une ère.

Le glas de l’impunité a sonné.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC