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LA RDC N’AURA PAS BESOIN DE TROISIEME MANDAT… SI ELLE N’EXISTE PLUS !

Article 64, sans article 63 : une opposition complice par omission. Pendant qu’ils comptent les jours jusqu’en 2028, la RDCongo est agressée.

La Déclaration de la C64, lancée le 19 mai 2026 à Kinshasa, claque comme un un coup d’épée dans l’ eau : « Pas de troisième mandat, pas de glissement, pas de changement de Constitution. La proposition référendaire est une déclaration de guerre. »

Cette faction d’ opposants invoque l’Article 64 pour rappeler le devoir sacré de résister à toute violation de l’ordre constitutionnel. Sur le papier, c’est clair, martial, mobilisateur.

Dans la réalité géopolitique congolaise de 2026, c’est un texte tragiquement myope, presque irresponsable.

Car pendant que l’on brandit l’Article 64 comme un étendard, on enterre dans un silence assourdissant deux autres piliers fondamentaux de la Constitution : l’Article 5 et l’Article 63.

Et ce n’est pas un détail. C’est une faute politique grave.

L’Article 5 est limpide : la souveraineté nationale appartient au peuple. Aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut se l’approprier.

Or, quand une partie du territoire national est occupée par des forces étrangères et leurs proxies, quand des pans entiers de la République échappent au contrôle de Kinshasa, c’est la souveraineté elle-même qui est violée.

Ignorer cela revient à réduire la démocratie à un simple jeu de chaises musicales à Kinshasa, pendant que l’Est du pays saigne.

Défendre l’alternance en 2028 sans d’abord affirmer que la Nation doit exister pour qu’il y ait des élections, c’est mettre la charrue avant les bœufs – ou plutôt, organiser une fête pendant que la maison brûle.

L’Article 63 est encore plus accusateur. Il impose à tout Congolais le droit et le devoir sacré de défendre le pays et son intégrité territoriale face à une agression extérieure.

Il frappe d’haute trahison toute autorité qui ne sauvegarde pas l’unité et l’intégrité du territoire. Cet article n’est pas une option. C’est un impératif existentiel.

La RDC ne vit pas une simple « crise sécuritaire » comme on dit pudiquement dans la déclaration.

Elle subit depuis près de trente ans une agression cyclique, systématique, qui menace son existence même en tant que nation indépendante et souveraine.

Le M23 n’est que le dernier avatar d’une stratégie de balkanisation et de prédation hégémonique qui a commencé bien avant, en 1996.

Massacres, occupation, pillage des ressources, crises humanitaires à répétition: ce n’est pas un accident de l’histoire, c’est une guerre d’usure contre l’État congolais.

Et la Constitution du compromis de 2006, censée être l’arme suprême du peuple, n’a manifestement pas réussi à endiguer cette menace existentielle.

Dans ce contexte, la Déclaration C64 fait preuve d’un aveuglement sidérant.

Elle se focalise exclusivement sur la politique intérieure, tout en faisant comme si la guerre d’agression n’existait pas ou n’était qu’un prétexte commode du pouvoir.

Pas un mot sur l’intégrité territoriale.

Pas une ligne sur le devoir sacré de défense nationale.

Pas une once de patriotisme concret qui lie la lutte pour la démocratie à la survie même de la patrie.

C’est là que la critique devient acerbe : ceux qui, dans cette faction de l’opposition, ignorent ou minimisent l’Article 63 et l’Article 5 se rendent complices – par omission – de la même logique qui a permis à l’agression de perdurer pendant trois décennies.

Ils reproduisent le même travers que le pouvoir qu’ils dénoncent : prioriser les querelles de palais pendant que le corps de la Nation est amputé.

Résultat ? Une opposition qui apparaît kinshasoise, tactique, calculée, au lieu d’être nationale, existentielle et intransigeante.

Une vraie déclaration de résistance aurait dû marteler ceci : pas d’alternance possible sans restauration préalable de la souveraineté.

Pas de débat sur un troisième mandat tant que l’Est reste sous botte étrangère.

Pas de « résistance de gré ou de force » seulement contre Tshisekedi, mais d’abord contre ceux qui démembrent le pays.

Invoquer l’Article 64 sans articuler les Articles 5 et 63, c’est faire de la politique politicienne par omission et au bord du gouffre.

La C64 voudrait réveiller les consciences contre des dérives autoritaires, selon ses auteurs.

Mais tant qu’elle ne hissera pas la défense de l’intégrité territoriale au même niveau que la lutte contre le troisième mandat, elle restera une belle coquille vide.

La RDC ne mourra pas d’un glissement constitutionnel, d’ailleurs justifiable par l’art 70C.

Elle risque de disparaître par saignement lent si l’on continue à traiter l’agression comme un simple bruit de fond, indifférent à la politique politicienne habituelle.

Le focus tactique exclusif sur l’Article 64 et le 3e mandat, sans articulation avec la guerre d’agression (Art. 63) ni propositions concrètes, rend l’action de cette opposition vulnérable à la contre-offensive du pouvoir (« vous divisez pendant que le pays est agressé »). Pour être crédible, la C64 aurait du rapidement élargir son discours à la souveraineté territoriale, proposer une alternative globale et maintenir une mobilisation pacifique et inclusive.

Mais, fort probablement, ce discours n’aurait pas été accepté par les marionnettistes et financiers dans l’ombre de la démarche…

Il est temps que cette faction de l’opposition comprenne : la première trahison n’est pas forcément celle qui viendra en 2028 à Kinshasa.

Elle est déjà en cours, depuis trente ans, à partir de l’ Est de la RDC.

Et l’Article 63C ne les pardonnera pas.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC