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Köbler est-il le véritable Commandant suprême des Armées en RDC ?/ J.J.WENDO ET DER SPIEGEL

19 nov, 2013
 Photo Gallery: Establishing Islands of Peace in Congo

Köbler est-il le véritable Commandant suprême des Armées en RDC ?

Commentaires et Résumé en français

Cet article du quotidien allemand Der Spiegel, qui a suivi pas à pas Martin Kobler, le chef de la MONUSCO, dans ses prises de décisions lors des dernières batailles des FARDC contre le M23 éclaire davantage l’opinion sur le rôle joué par ce représentant de l’ONU dans le déroulement de cet épisode de la guerre débutée depuis mai 2012.

Le premier constat qu’on peut en relever est que la décision de mener l’offensive contre le M23, contrairement à une certaine propagande orchestrée depuis Kinshasa, n’est pas venue des autorités congolaises mais bien de Köbler.  Cela pose évidemment le problème de la souveraineté de l’État congolais. Un État dépouillé de son initiative de l’exercice de son monopole de la violence légitime.

Comme nous l’écrivions par le passé,  par la résolution 2098 du Conseil de sécurité de l’ONU, les partenaires étrangers viennent pallier l’incapacité du gouvernement congolais d’assurer son droit au monopole de la violence. De ce fait, l’extérieur dépossède l’État congolais du contrôle de ce secteur stratégique de la sécurité, domaine par excellence de la souveraineté d’un État. Et pourtant, la communauté internationale, loin d’avoir permis à l’État congolais de former une armée républicaine et dissuasive, par manque de stratégie, complaisance et agendas divergents dans le cadre des coopérations bilatérales déstructurantes, le décharge par cette résolution de ses responsabilités de définir en premier lieu la forme et la puissance de son armée car il apportera désormais ce qu’il faut au Congo pour sécuriser l’Est.

Cet assistanat technique permanent de l’extérieur au Congo (depuis 1960) va davantage le maintenir pour longtemps dans une dépendance chronique. C’est que le professeur Guy Aundu Matsanza (L’Etat au monopole éclaté, 2012) qualifie de « régence extérieure » et de cercle vicieux. C’est le perpétuel recommencement dans l’armée, une « marche sur place » qui entretient la mainmise des réseaux (internes et externes) sur son organisation et son fonctionnement. Par ces « aides », les partenaires se dotent de créneaux d’influence au sein de l’Etat qui de fait est mis sous tutelle.

Le chercheur Thierry Vircoulon (ICG) qualifie le régime d’accompagnement de la RDC par la communauté internationale de « mise sous tutelle de fait » mais refusée et refoulée qui se traduit par une responsabilisation partielle du gouvernement de transition. C’est particulièrement le cas dans le processus d’adoption de programmes d’action RSS ou de textes juridiques (La Constitution par exemple conçue depuis les ‘bureaux climatisés’ de l’Université de Liège). D’autres analystes, dont Gauthier de Villers, qualifient de « semi-tutelle », le régime instauré sous le leadership du Conseil de sécurité en RD Congo. Ou encore, à la suite de Vircoulon à nouveau qui qualifie le mécanisme mis en place de régime de « souveraineté contrôlée », mais en précisant alors que le contrôle recherché ne fut guère effectif. (Conjonctures Congolaises 2012 ; L’harmattan, 2013).

D’autres enfin, James Fairon et David Laitin, vont plus loin et plaident même pour un transfert de souveraineté de l’Etat failli par la mise en œuvre de formes de « new international trusteeship ». Il s’agit en fait de confier la responsabilité des missions de stabilisation d’un Etat échoué à une autre puissance étatique ou régionale qui serait fortement impliquée dans le pays en crise, soit en raison de liens historiques, soit à cause des menaces que la situation de crise fait peser sur sa sécurité.

Ainsi, les rôles joués par les casques bleus tanzaniens (en première ligne et perdant même leurs soldats dans les combats) et sud-africains, mettant en action leurs puissants hélicoptères tendent peu à peu à créditer. Cette thèse et à donner raison à la ministre Sud-Africaine de la Défense, Nosoviwe Mapisa-Nqakula,  qui a déclaré que ses troupes venaient en RDC pour faire du baby-sitting :

« Nous avons la responsabilité de les assister, nous avons la responsabilité, je crois, de faire du baby-sitting chez eux [en RD Congo] jusqu’à ce qu’ils aient établi leurs propres structures gouvernementales comme nous l’avons fait dans notre pays depuis les élections multiraciales de 1994 qui ont instauré la démocratie… Tous les gouvernements qui ne s’occupent pas de leurs soldats s’exposent à des problèmes. (…) Si vous n’avez pas les systèmes bien structurés qui font que vos soldats savent qu’ils peuvent aller à la banque et toucher leur salaire à la fin du mois, vous allez avoir des problèmes… C’est malheureux de devoir dire ça, mais c’est le genre de choses pour lesquelles nous allons essayer d’aider en République démocratique du Congo. »

« Un pouvoir dépendant de soutiens extérieurs », c’est ce que relève l’ICG en réponse à la question :

 

Que reste-t-il au président Joseph Kabila pour asseoir son autorité en RDC ? Visiblement plus grand chose à en croire l’analyste Marc-André Lagrange. L’Etat central n’existe plus et les provinces, de plus en plus « indépendantes » , gèrent les problèmes sécuritaires avec des partenaires extérieurs. Dans l’affaire des Maï-Maï Bakata Katanga de Lubumbashi, c’est en effet le gouverneur du Katanga et la mission des Nations unies au Congo (Monusco) qui ont obtenu leur reddition. « Une fois de plus, les Nations unies et le pouvoir local ont dû se substituer à un gouvernement absent » , souligne Marc-André Lagrange. Dans l’autre dossier « chaud » congolais, celui du Nord-Kivu et des rebelles du M23, là encore, le président Kabila s’en remet à des « acteurs extérieurs » pour gérer la crise. Les autorités congolaises attendent en effet leur salut de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et de  de la brigade spéciale d’intervention de l’ONU, pour lutter contre les groupes rebelles. Après « sept ans de régime kabiliste », ICG note que « les capacités de gouvernance institutionnelle sont toujours très faibles » et que le pouvoir est « complètement dépendant de soutiens extérieurs » et d’un système de gouvernance par substitution ». (Afrikarabia, 22 avril 2013).

En effet, on peut lire ce qui suit dans cet article de Der Spiegel, des extraits suivants (traduits littéralement) :

Kobler et Cruz ont pris leur fonction au début Août. Deux semaines plus tard, l’Allemand a donné l’ordre de déployer des hélicoptères de combat pour la première fois de sa vie. La MONUSCO a bombardé des positions M23 près de Goma, d’où les rebelles avaient lancé des roquettes et des mortiers contre la ville d’un million de personnes sur les rives du lac Kivu. Dans le même temps, l’armée congolaise a attaqué les rebelles sur le terrain.

Des centaines de morts des deux côtés, dont deux soldats de la brigade d’intervention. Ensuite, il y a eu une accalmie d’un peu plus de deux mois, pendant lesquels un accord de paix a été négocié, même si aucune des deux parties n’était prête à faire des compromis réels.

Ensuite, l’armée a attaqué les positions M23 à nouveau le 25 octobre. Kobler était furieux, craignant que les combats puissent contrecarrer un accord politique. Mais l’armée a glané une victoire après l’autre, et Kobler n’eut d’autre choix que d’envoyer sa brigade d’intervention en première ligne  pour protéger les habitants de Kiwanja. Les casques bleus ont alors combattu sur le terrain pour la seconde fois.

Le matin même, Kobler a assisté aux funérailles d’un soldat de la paix déchu de la Tanzanie et dit: «Je vous remercie tous pour votre courage.  » Malgré les combats sanglants, at-il ajouté , il était temps d’être fier  » que nous [La Monusco et non les FARDC] avons protégé la population.  » Courage et fierté : Au cours des dernières semaines, Kobler a souvent utilisé ces deux mots , qui font partie d’un nouveau vocabulaire pour la MONUSCO.

Une question d’équilibre

Le véhicule blindé contenant la délégation de l’ONU s’arrête au milieu d’un camp de réfugiés. Dehors, il ya des abris de fortune faits de brindilles et de feuilles, et à l’intérieur des presses à Kobler de véhicules son téléphone portable à son oreille. Il vient de recevoir un appel du général Cruz, qui lui dit que les rebelles ont quitté le mont Hehu, et que l’armée congolaise veut désormais pour sécuriser les armes qu’ils ont laissés derrière eux . Mais la montagne est à la frontière avec le Rwanda, et au cours des dernières semaines, le pays a affirmé à plusieurs reprises que les coups de feu ont été tirés sur son territoire du Congo – et a menacé de riposter. Kobler doit maintenant éviter Rwanda d’attaquer les troupes congolaises.

« Que devons-nous [La Monusco] décider? » Kobler crie dans le téléphone. « Bon, alors je vais le dire aux Rwandais, et vous allez de l’avant. » Il compose quelques chiffres, mais personne ne répond. « Alors, je vais appeler le ministre de la Défense. Quel est son nom?  » Il recherche dans le carnet d’adresses sur son téléphone et trouve le nom : « Kabarebe. » Quand il appelle le numéro, quelqu’un répond, mais ce n’est que l’assistant du ministre de la Défense rwandais James Kabarebe.

Il y a des perles de sueur sur le front de Kobler. C’est une chaleur accablante dans le véhicule blindé. Comme il ne peut pas atteindre Kabarebe, il lui écrit un message texte :  » Le M23 a abandonné le mont Hehu. Nous tenons à sécuriser les armes. C’est à la frontière . . .» Le ministre de la Défense rwandais rappelle peu après. « L’armée Congolaise ne tirera pas sur vous si nous [Monusco]sommes là », promet Kobler.

La crise a été désamorcée.

Le voyage se poursuit.

Il L’incident est un exemple d’équilibrisme que Kobler doit effectuer constamment. Il sait que M23 est financé par le Rwanda, et qu’il reçoit également des commandes à partir précisément l’homme avec qui il vient de parler au téléphone : James Kabarebe.

« La MONUSCO [pas l’armée congolaise] vous protégera »

Un peu plus tard, le convoi de l’ONU s’arrête dans la ville de Rutshuru. Quand Kobler sort du véhicule, il est rejoint par un jeune homme dans une veste en cuir qui a été assis tranquillement à côté de lui pour la plupart du voyage. C’est Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu.

La présence du gouverneur vise à démontrer que le gouvernement est de retour dans la région, et que les agents de police, des juges et des fonctionnaires sont également de retour. Mais le gouverneur est aussi là pour que les gens ne dirigent pas leurs attentes uniquement à la MONUSCO, parce que les casques bleus n’ont pas les ressources pour faire toutes les choses qui sont maintenant nécessaires. Toute une région a besoin d’être reconstruit, et Kobler n’a ni l’argent ni le mandat pour le faire. C’est le dilemme de l’ONU maintien de la paix missions visage : Ils sont appelés à l’action quand un pays est faible, et pourtant ils sont aussi dépendants de l’État de devenir assez fort pour faire leur mission un succès.

 

 

Le vrai chef c’est Kobler. Même le Gen Bahuma ne peut décider sans son aval

Kobler et le gouverneur Paluku décident de rentrer dans le véhicule blindé et sont conduits à Kiwanja où ils donnent tous deux discours similaires, cette fois devant une foule de milliers de personnes. Après cela, Kobler décide de rentrer à pied à la base militaire. La foule le suit, mais malgré la bousculade et l’agitation, Kobler s’arrête pour serrer les mains des soldats et  des Casques bleus de l’ONU. « Great travail », leur dit -il. Le sourire des soldats, un peu interloqué par cet homme qui est si différent des anciens chefs de la mission, [même du président de la république Commandant en chef des armées]. Son prédécesseur [Ndlr. L’américain Roger Meece] était raide et homme d’Etat, et il a évité le contact avec la population locale. Kobler, d’autre part, privilégie les valeurs des rencontres personnelles.

Alors qu’il était l’ambassadeur d’Allemagne au Caire de 2003 à 2006, il a voyagé à travers l’Afrique avec son fils, en allant du nord au sud par les transports publics . Il lui a appris à être patient. Maintenant, il est presque toujours sur la route, même le week-end, comme s’il essayait de rattraper les années perdues de la mission MONUSCO dans ses 100 premiers jours au pouvoir. Les chars blancs de l’ONU sont positionnés ostensiblement dans les rues de nombreuses villes de l’est du Congo, mais ils restent inférieurs à ceux de l’armée congolaise. La MONUSCO aide les Congolais principalement avec l’approvisionnement du carburant, la reconnaissance par satellite et l’appui aérien. Les casques bleus n’apparaissent que sur la scène une fois les Congolais ont libéré la ville. Mais leur officier de liaison est toujours là quand congolais le congolais  Lucien Bahuma prend des décisions. Les deux hommes se consultent l’un et l’autre presque constamment au cours des dernières semaines.

Sans l’appui de la MONUSCO, l’armée ne serait probablement pas en mesure de passer d’une victoire à l’autre. Pourtant, pour les Congolais ce sont eux qui ont gagné les batailles.

La MONUSCO donc coopère donc avec une armée qui, jusqu’à récemment, était encore plus coupable de pillage, de viol et assassiner que toutes les milices. Par exemple, avant que les soldats congolais aient fui Goma au profit des rebelles, ils ont pillé la ville. Et au cours de leur retraite, ils sont descendus sur la petite ville de Minova, où ils [Ndlr desc : 391ème Bataillon formé par les américains] ont violé des femmes et des filles.

 

 

Mais la situation s’est sensiblement améliorée depuis. Les soldats sont maintenant payés en totalité, ils reçoivent de la nourriture et les nouveaux commandants responsables ont été nommés. Ils essayent de maintenir l’ordre et essayer d’empêcher la commission des crimes.. Tout cela a sensiblement augmenté discipline. Quand les soldats passent à travers les villages aujourd’hui, les villageois joie et la danse. Dans le passé, ils s’enfuyaient.

Un avenir incertain

Kobler souligne à quelques soldats sur le côté de la route. «Ils sont tous verts », dit -il. La MONUSCO a compilé une base de données dans laquelle les unités de l’armée régulière sont divisées en trois groupes. Les unités qui n’ont pas encore commis aucun crime sont décrits comme « vert », et ce sont les unités qui MONUSCO coopère. Puis il y a les unités jaunes, avec qui Kobler ne fonctionne que dans des cas exceptionnels. Il repousse ouvertement des unités rouges.

Malgré tout cela, la guerre que mène l’armée dans l’Est du Congo ressemble toujours à un conflit du XIXe siècle. Des milliers de Des milliers de fantassins marchent sur les lignes de front en longues colonnes. Très peu de soldats portent des uniformes complets. Certains portent des tongs et trimbalent leurs affaires dans des sacs en plastique, avec des amulettes faites de pattes d’animaux suspendus autour de leurs cous.

Cela peut-il réussir à long terme, une armée de haute technologie se battant aux côtés d’un contingent de soldats aux pieds nus ?

Qu’est-ce qui va arriver quand la MONUSCO, après avoir traité avec le détesté M23, décide de  prendre des mesures contre les autres groupes armés ? L’un d’entre eux pourrait être les FDLR, un groupe de miliciens hutus qui combat le gouvernement rwandais et bénéficie du soutien du Congo. Une autre cible est l’ ADF, qui est en guerre contre l’Ouganda à partir du territoire congolais. Est-ce que le président congolais Joseph Kabila pourra-t-il soutenir Kobler s’il décide d’attaquer ces groupes, qui ont été utiles au gouvernement congolais jusqu’ici ?

Et quelles sont les conséquences morales des combats au nom de ce gouvernement, qui a obtenu son pouvoir avec l’aide des élections truquées ? Que se passe-t-il si la MONUSCO, dans l’accomplissement de sa mission, soutenait un président non démocratique ?

Kobler est trop diplomatique de répondre directement à ces questions. Il dit que l’ONU ne se bat pas pour une seule partie – elle est là pour protéger les civils. Ce faisant, il a dit qu’il est possible qu’il agirait contre l’un de ces groupes si elle devait le faire.

Cependant, le Congo est l’une des nations les plus faibles du monde. Le gouvernement central a perdu le contrôle de vastes régions du pays. Le fait que des dizaines de milices font des ravages dans la partie orientale du pays n’est pas tant une cause que c’est un symptôme de cette faiblesse.

C’est malheureusement ce que nous ne cessons d’écrire sur DESC  et de dire dans nos différentes interventions, notamment sur radio Okapi où l’on répète sans cesse que la prolifération des groupes armées à l’est de la RDC est bien la conséquence de la faiblesse de l’Etat, incapable d’instaurer son autorité dans cette partie du pays, mais aussi l’échec de la réforme du secteur de la sécurité.

Maintenant que le terrain explosif du Nord-Kivu semble déblayé par la Monusco, après s’être brillamment remarquée par son absence aux côtés des militaires qui se sont battus et qui ont bénéficié d’un soutien moral sans faille des populations locales les aidant avec tout ce qu’elles pouvaient, un déploiement impressionnant des services de sécurité rapprochée du président Kabila se fait déjà signaler dans la région. Kabila va enfin aller cueillir les dividendes d’une guerre qu’il a suivie à plus de 1.500 Km pendant que Kobler était au front, en bon véritable commandant suprême des armées [Brigade d’intervention et FARDC] au Congo ?

Il n’est dès lors pas étonnant que ce soit l’ONU qui dicte désormais l’agenda politique de cette guerre inédite ‘gagnée’ sans que le perdant n’ait signé son acte de reddition alors que le gagnant veut signer une déclaration reconnaissant la réintégration et l’amnistie des vaincus. Une première dans l’histoire militaire… Oui c’est effectivement l’ONU, le chef des armées au Congo et le véritable détenteur du monopole de la violence légitime qui va orchestrer l’agenda politique des prochains mois au Congo et le ton est déjà donné avec la visite du « président » Kobler chez Etienne Tshisekedi. Qui a dit que le Congo de Kabila est encore un État souverain? Après les concertations échouées et taillées sur mesure de Kabila, qui a ressemblé à une sorte de convention de sa majorité présidentielle à laquelle ont été invitée quelques brebis galeuses dites de l’opposition partisans de la politique du « ventre creux et affamé » et une poignée de transfuges de la diaspora en quête des postes politiques alimentaires, place au vrai dialogue préconisé par l’Accord-cadre d’Addis-Abeba sous la supervision par l’ONU. Et Kobler donne déjà le ton. Suivez mon regard….

Jean-Jacques Wondo

Ci-dessous, l’intégralité de l’article de Der Spiegel en anglais.

A Pacifist at War : An Unlikely Leader’s Success in Congo

By Juliane von Mittelstaedt

Phil Moore/ DER SPIEGEL

In the embattled region of eastern Congo, the United Nations is deploying a real combat brigade for the first time. It’s being led by a German pacifist who believes peacekeeping sometimes requires the use of military force. His approach appears to be working.

On a Monday morning in late October, Martin Kobler is sitting in an armored personnel carrier, bumping along National Road No. 2 from Kiwanja to Rutshuru, which is more of a path than a main road. It leads through the eastern part of Congo, a country the size of Western Europe. In recent years, more people have been murdered, tortured and raped in Congo than anywhere else in the world. And now Kobler, a German, has come here to bring about peace by armed force.

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He opens the vehicle’s hatch and pushes his upper body through the opening to behold a breathtaking landscape of volcanoes, rain forest and fertile fields. « What a beautiful country this is, » he says, « or rather, could be. »

He waves to children by the roadside and gazes with satisfaction at the first refugees returning to their abandoned villages, carrying mattresses and water cans on their backs.

For the first time in one-and-a-half years, it is possible to walk along this road without the fear of being attacked, raped or killed. That’s how long the M23, a militia consisting primarily of members of the Tutsi ethnic group and supported with arms and money from neighboring Rwanda, controlled the region. But now the Congolese army has managed to drive the M23 out of the region in less than a week. It’s a success for Congo — and for Kobler.

Since August, he has been leading the world’s largest and most expensive United Nations peace mission, the United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of Congo (MONUSCO). Until recently, it was also the UN’s least successful mission. Since it was created 14 years ago, it has mainly been known for having peacekeepers in blue helmets who played volleyball with mass murderers or locked the gates of their military camps when persecuted civilians sought protection.

Kobler’s job is to transform MONUSCO into an effective force. If he succeeds, it will not only change Congo, but the United Nations as a whole.

The UN’s First True Combat Force

A year ago, 2,000 M23 rebel fighters managed to capture the major Congolese city of Goma without UN peacekeepers putting up a fight. As a reaction to this humiliating incident, the UN Security Council became more combative and, in March, passed Resolution 2098. Under the resolution, MONUSCO was provided with a 3,000-man intervention brigade, in addition to its 17,000 regular peacekeepers. It was the organization’s first true combat force.

Some other UN peacekeepers are permitted to engage in combat operations, but they almost never do. And none of them has such a robust mandate or is as well armed as the new intervention brigade. MONUSCO now has combat helicopters, tanks and heavy artillery, and reconnaissance drones will soon be added to its arsenal.

Though Resolution 2098 is primarily a symbolic milestone on the path to a UN army, this doesn’t make it any less significant. That’s because the international community has recognized that peacekeeping troops alone are often insufficient, since it is difficult to keep the peace when there is none to be kept. Instead, it is sometimes necessary to forcibly bring about peace by military means. But in the end, everything depends on how Resolution 2098 is applied, and whether the people using it really want to take risks to protect civilians.

Kobler, a 60-year-old career diplomat who has represented Germany in the Palestinian territories, Cairo, Baghdad and New Delhi, was appointed to head the mission. A pacifist and a Green Party supporter, he was former German Foreign Minister Joschka Fischer’s chief of staff when the German military, the Bundeswehr, entered its first two wars in Kosovo and Afghanistan. Since then, Kobler has been convinced that it is sometimes necessary to fight for a more peaceful world. « Traditional peacekeeping, where you’re simply there and you react more than you act, isn’t working anymore, » he says.

Courage and Pride

Carlos Alberto dos Santos Cruz, a Brazilian general, was appointed commander of the troops. He had fought against street gangs in Haiti while on a UN mission there from 2007 to 2009, and he came with a tough reputation. Cruz was joined by James Mwakibolwa, a Tanzanian general, who now leads the intervention brigade mainly made up of Tanzanian, South African and Malawi soldiers.Kobler and Cruz began their service in early August. Two weeks later, the German gave the order to deploy combat helicopters for the first time in his life. MONUSCO bombed M23 positions near Goma, from which the rebels had launched rockets and mortars against the city of a million people on the shore of Lake Kivu. At the same time, the Congolese army attacked the rebels on the ground. Hundreds died on both sides, including two soldiers from the intervention brigade. Then there was calm for more than two months, during which a peace treaty was negotiated, though neither side was willing to make any real compromises.

Then the army attacked the M23 positions again on Oct. 25. Kobler was furious, fearing that the fighting could thwart a political agreement. But the army achieved one victory after the next, and Kobler had no choice but to send his intervention brigade to the front to protect the residents of Kiwanja. The peacekeepers were now fighting for a second time.

The same morning, Kobler attended the funeral of a fallen peacekeeper from Tanzania and said: « I thank all of you for your courage. » Despite the bloody fighting, he added, it was time to be proud « that we have protected the population. » Courage and pride: In recent weeks, Kobler has often used these two words, which are part of a new vocabulary for MONUSCO.

A Balancing Act

The armored vehicle containing the UN delegation stops in the middle of a refugee camp. Outside there are makeshift huts made of twigs and leaves, and inside the vehicle Kobler presses his cellphone to his ear. He has just received a call from General Cruz, who tells him that the rebels have left Mount Hehu, and that the Congolese army now wants to secure the weapons they’ve left behind. But the mountain is on the border with Rwanda, and in recent weeks the country has repeatedly claimed that shots were being fired into its territory from Congo — and has threatened to fire back. Kobler must now prevent Rwanda from attacking the Congolese troops.

« What do we have to decide? » Kobler shouts into the phone. « Okay, then I’ll tell the Rwandans, and you go ahead. » He dials a few numbers, but no one answers. « Then I’ll just call the defense minister. What’s his name again? » He searches in the address book on his phone and finds the name: « Kabarebe. » When he calls the number, someone does answer, but it’s only Rwandan Defense Minister James Kabarebe’s assistant.

There are beads of sweat on Kobler’s forehead. It’s oppressively hot in the armored vehicle. Since he can’t reach Kabarebe, he writes him a text message: « M23 has left Mount Hehu. We would like to secure the weapons. It’s on the border. » The Rwandan defense minister calls back soon afterwards. « The army won’t shoot at you if we’re there, » Kobler promises. The crisis has been defused. The trip continues.

The incident is an example of the balancing act Kobler must perform. He knows that M23 gets funding from Rwanda, and that it also receives orders from precisely the man with whom he just spoke on the phone: James Kabarebe.

‘MONUSCO Will Protect You’

A little later, the UN convoy stops in the town of Rutshuru. When Kobler gets out of the vehicle, he is joined by a young man in a leather jacket who has been sitting quietly next to him for most of the trip. He is Julien Paluku, the governor of North Kivu Province.

The governor’s presence is intended to demonstrate that the government is returning to the area, and that police officers, judges and civil servants will also return. But the governor is also there so that people don’t direct their expectations solely at MONUSCO, because the blue helmets lack the resources to do all the things that are now needed. An entire region needs to be rebuilt, and Kobler has neither the money nor the mandate to do so. This is the dilemma UN peacekeeping missions face: They are called into action when a country is weak, and yet they are also dependent on the state becoming strong enough to make their mission a success.

Congo, however, is one of the world’s weakest nations. The central government has lost control over large parts of the country. The fact that dozens of militias are wreaking havoc in the eastern part of the country is not as much a cause as it is a symptom of this weakness. Hundreds of people have gathered on the town square, and some have even climbed up into the trees. The governor, who speaks first, promises that the government will be there for the people again soon. Then it’s Kobler’s turn. He has an orange dot on his forehead, put there by an Indian peacekeeper in a Hindu shrine at the MONUSCO base. Kobler did not wipe it away as the others did, saying quietly that having many patron deities couldn’t be a bad thing.

« This is a day of liberation, » he tells the people of Rutshuru. « I promise you one thing: MONUSCO is with you. MONUSCO will protect you. » These are big words, especially in light of the peacekeepers’ miserable image in the region. During one of his first visits to Goma, someone threw a rock at the windshield of Kobler’s car.

Conditions Improve for Congolese Soldiers

He and the governor get back into the armored vehicle and are driven back to Kiwanja, where they both give similar speeches, this time to thousands of people. After that, Kobler decides to walk back to the military base. The crowd follows him, but despite the jostling and turmoil, Kobler keeps stopping to shake hands with soldiers and UN peacekeepers. « Great work, » he says. The soldiers smile, a little taken aback by this man who is so different from the previous heads of the mission. His predecessor was stiff and statesmanlike, and he avoided contact with the local population. Kobler, on the other hand, values personal encounters.

While serving as Germany’s ambassador to Cairo from 2003 to 2006, he traveled through Africa with his son, going from north to south via public transportation. It taught him how to be patient. Now he is almost always on the road, even on weekends, as if he were trying to make up for the MONUSCO mission’s lost years in his first 100 days in office.

White UN tanks are positioned demonstratively on the streets of many towns in eastern Congo, though they remain behind those of the Congolese army. MONUSCO helps the Congolese primarily with fuel, satellite reconnaissance and air support. The peacekeepers only appear on the scene once the Congolese have liberated a town. But their liaison officer is constantly there when Congolese General Lucien Bahuma makes decisions. The two men have consulted with each other almost constantly in recent weeks.

Without MONUSCO’s support, the army probably wouldn’t be able to move from one victory to the next. Still, the Congolese are the ones winning the battles.

MONUSCO is thus cooperating with an army that, until recently, was even guiltier of looting, rape and murder than any of the militias. For instance, before the soldiers left Goma to the rebels, they looted the city. And during their retreat, they descended upon the small town of Minova, where they raped women and girls.

But much has improved since then. The soldiers are now being paid in full, they are given food, and responsible commanders have been appointed who keep order and try to prevent crimes from occurring. All of this has noticeably increased discipline. When the soldiers pass through villages today, the villagers cheer and dance. In the past, they would have run away.

An Uncertain Future

Kobler points to a few soldiers on the side of the road. « They’re all green, » he says. MONUSCO has compiled a database in which the regular army units are divided into three groups. Units that have not committed any crimes yet are described as « green, » and those are the units with which MONUSCO cooperates. Then there are the yellow units, with which Kobler only works in exceptional cases. He steers clear of red units.

Despite all this, the war the army is waging in eastern Congo still looks like a 19th-century conflict. Thousands of infantrymen march to the frontlines in long columns. Very few soldiers wear complete uniforms. Some wear flip-flops and carry their belongings in plastic bags, with amulets made of animal paws hanging around their necks.

Can this succeed in the long term, a high-tech army fighting alongside a contingent of barefoot soldiers?

And what happens when MONUSCO, after dealing with the hated M23, decides to take action against other armed groups? One of these might be the FDLR, a Hutu militia group that is fighting the Rwandan government and receives support from Congo. Another is the ADF, which is waging war against Uganda from Congolese territory. Will Congolese President Joseph Kabila support Kobler if he decides to attack these groups, which have been useful to the Congolese government until now? And what are the moral repercussions of fighting on behalf of this government, which secured its power with the help of rigged elections? What if MONUSCO, in carrying out its mission, is propping up an undemocratic president?

Kobler is too diplomatic to answer these questions directly. He says the UN isn’t fighting on any one side — it is here to protect the civilians. In doing so, he says it is possible it would act against any of these groups if it had to.

 

http://desc-wondo.org/le-chef-de-larmee-en-rd-congo-cest-kobler-kobler-is-the-true-supreme-commander-of-the-army-in-drc-2/

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