LA BCC AVEC ANDRE WAMESO REUSSIT SON PARI : FRANC CONGOLAIS RENFORCE, INFLATION DOMPTEE
À mi-janvier 2026, la République Démocratique du Congo traverse une phase de stabilisation macroéconomique spectaculaire, marquée par une inflation maîtrisée et une appréciation marquée du franc congolais face au dollar américain, fruit d’une politique monétaire audacieuse et ciblée de la Banque Centrale du Congo (BCC) et son nouveau gouverneur, le Nekongo André Wameso.
Tout au long de 2025, la BCC a déployé une stratégie en deux temps : un resserrement drastique initial, avec un taux directeur porté jusqu’à 25 %, pour drainer la liquidité excédentaire et juguler les pressions dépréciatives, suivi d’interventions massives sur le marché des changes (ventes ciblées de dollars) qui ont directement soutenu la monnaie nationale. Une fois la trajectoire inversée, la BCC a progressivement assoupli sa manœuvre : le taux directeur a été ramené à 17,5 % en octobre 2025, puis à 15 % en janvier 2026.
Résultat : une appréciation cumulée d’environ 30 % du franc congolais par rapport à fin 2024, où le dollar flirtant souvent avec les 2.800 FC.
Aujourd’hui, le taux indicatif s’établit autour de 2.133 FC pour un dollar (13 janvier 2026), avec une stabilité remarquable : variations quotidiennes inférieures à 0,1 % et un écart reduit entre marché officiel et parallèle. Sur le plan technique, le graphique USD/FC affiche une tendance baissière nette depuis mi-2025, suivie d’une phase de consolidation horizontale entre 2.100 et 2.200 FC. La volatilité est au plus bas, signe d’un équilibre temporaire solidement ancré par les interventions de la BCC, mais qui reste exposé à tout choc externe, notamment une chute des cours des matières premières.
Côté inflation, le tableau est tout aussi positif : le glissement annuel atteint seulement 2,275 % au 10 janvier 2026, contre des niveaux à deux chiffres en début d’année précédente. L’inflation hebdomadaire reste modérée (0,25 %), et certains segments de biens importés enregistrent même une désinflation ponctuelle.
L’appréciation du franc a mécaniquement réduit le coût des importations – carburants, produits alimentaires – et donc les pressions inflationnistes importées, tandis que le resserrement initial a limité la création monétaire.
Économiquement, cette performance repose sur des mécanismes classiques mais appliqués avec rigueur : hausse des taux → contraction du crédit → freinage de la demande et de l’inflation ; interventions sur le marché d’échange→ absorption directe de l’excès de dollars et renforcement de la valeur externe du franc.
Le pouvoir d’achat s’en trouve préservé, après les excès de fievre du commencement du processus, du surtout au manque de coordination initiale dans la surveillance des prix, et l’inflation se cale à des niveaux proches des standards internationaux.
Cependant, la vigilance s’impose. L’assouplissement actuel risque de relancer la demande et l’inflation si la croissance repart trop vite. Surtout, l’appréciation forte du Franc congolais pénalise les exportateurs miniers, dont les recettes en dollars se traduisent par moins de francs locaux, augmentant leurs coûts relatifs. La pérennité de cette stabilité dépend avant tout du niveau des réserves de change – dopées par les exportations – et de la discipline budgétaire de l’État.
En définitive, la BCC, avec Wameso, a réussi un tour de force : faire chuter durablement le taux du dollar, ramener l’inflation sous les 3 % et stabiliser les prix.
Une réussite rare dans le contexte congolais récent, qui place le pays dans une fenêtre favorable, même si encore fragile, si la discipline budgétaire et le contrôle des dépenses (baisse du train de vie des institutions, souvent trop gourmandes) ne suivent pas au niveau de l’exécutif national.
Eugène DIOMI NDONGALA,
Démocratie Chrétienne




