VOILA DONC SAUVONS LA RDC QUI RESSORT, UNE FOIS DE PLUS, SON GRAND NUMERO DE THEATRE DE L’ABSURDE
Entre exigences extrémistes et fils tirés par les RDF, la preuve d’une incapacité totale de réalisme.

Dans un communiqué qui se veut « solennel » daté du 1er août 2026, ce groupuscule – qui se prétend mouvement de salut national alors qu’il n’est que la branche politique de service du M23 et des RDF – ose ressortir le scénario complet du Dialogue intercongolais de 2002 comme si rien n’avait bougé depuis vingt-quatre ans et surtout comme si les congolais étaient amnésiques.
Ils parlent de médiation neutre UA-ONU, d’inclusivité totale sans exclusion sélective, de tenue dans un pays tiers, d’exclusion pure et simple de Félix Tshisekedi du processus, d’abandon préalable de tout référendum constitutionnel et de mesures de décrispation sur mesure… exactement comme si le Congo d’aujourd’hui était encore celui de 2001-2003 : un président de facto tout juste installé après un assassinat politique non élucidé, aucune Constitution, un territoire littéralement émietté entre armées étrangères et milices, un traité de Lusaka qui forçait tout le monde à s’asseoir autour de la table sous peine de disparition pure et simple de l’État.
LE PROBLEME, C’EST QUE CETTE LECTURE EST UBUESQUE.
En 2026, il existe une Constitution de 2006, un président élu, un Parlement, des institutions qui, pour imparfaites qu’elles soient, ne sont plus le vide institutionnel de l’après-Laurent-Désiré.
L’Est est certes en partie occupé, le M23/AFC tient des portions du Nord et du Sud-Kivu avec la co-bélligerance ouvertement documenté des forces rwandaises déployées massivement (avec plus de la moitié de leur armée), des administrations parallèles … mais le pays n’est plus découpé en zones d’occupation de Kisangani à Matadi. Il n’y a plus de guerre interétatique multi-armées, ni de traité international ( comme celui de Lusaka, signé entre 6 états belligérants en 1999) qui impose un dialogue de la dernière chance.
L’agression de la RDC est réelle mais elle ne peut être comparée au chaos existentiel total de 2002.
Et c’est précisément là que le masque tombe. En exigeant les conditions maximalistes d’une transition façon Sun City – médiation étrangère, pays tiers, inclusivité qui ouvre la porte aux porteurs d’armes, invalidation de facto du président en place – Sauvons la RDC ne fait qu’une chose : prouver qu’il est incapable de regarder la réalité politique congolaise en face avec le moindre réalisme.
Ce n’est pas un programme de paix, ni une proposition réaliste; c’est un ultimatum de délégitimation. Ce n’est pas une contribution au dialogue, c’est la feuille de route d’un groupuscule qui, une fois de plus, se met au service des intérêts du M23 et des RDF en cherchant à transformer une crise sécuritaire et politique en occasion de remettre les compteurs à zéro au profit de ceux qui les ont déjà fait tourner.
Oubliant, d’ailleurs, que personne ne leur a envoyé de carton d’invitation… surtout que les médiations de Doha et de Washington règlent déjà les discussions avec les belligérants.
On retrouve le même réflexe, la même nostalgie calculée, le même jusqu’auboutisme : « Nous voulons le dialogue, mais uniquement le nôtre, sous nos conditions, dans un cadre qui nous redonne la place que les urnes et le temps nous ont retirée. »
C’est grotesque. C’est ubuesque. Et c’est surtout d’une lucidité nulle.
Parce qu’au fond, ce communiqué ne dit rien d’autre que ceci : Sauvons la RDC préfère rejouer 2002 en boucle, avec ses mixages honnis et son canal d’infiltration politique, plutôt que d’admettre que le Congo de 2026, n’est pas le patient mourant d’il y a un quart de siècle.
Et tant qu’ils resteront coincés dans cette fiction, ils ne seront rien d’autre que ce qu’ils sont déjà devenus – un instrument politique de plus au service de ceux qui occupent l’Est par la force et qui rêvent le retour de leur poulain à la tête de la RDC, pour éterniser le rêve hégémonique du Rwanda.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne, DC




