25 ans après l’assassinat de LD. Kabila : Le Congo aux Congolais !
Aujourd’hui, 16 janvier 2026, vingt-cinq ans jour pour jour après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, la blessure reste à vif.
L’« aventure » de l’AFDL, en 1996-1997, n’a jamais été une révolution congolaise. C’était, dès l’origine, une opération rwandaise, en alliance avec d’autres pays et avec le soutien actif de Washington. L’administration de Bill Clinton, hantée par sa passivité pendant le génocide rwandais de 1994, a vu en Paul Kagame et Yoweri Museveni des « nouveaux leaders africains » à promouvoir. Elle leur a fourni aide militaire, renseignement et couverture diplomatique pour envahir le Zaïre, renverser Mobutu – cet allié gênant de la France – et installer un régime docile.
Cette prise de position m’a couté, en 1998, une arrestation pour atteinte à la sécurité de l’ état, sous Laurent Désiré Kabila, qui m’ envoya devant la cour martiale avant de me libérer…
LD Kabila ne voulait pas entendre parler de l’agression du Congo – Zaire en 1996, voulant imposé son narratif qu’elle avait commencé en 1998, quand les « coopérants rwandais »-comme il les appelait- furent priés de plier bagages et partir…Mais l’histoire est têtue, comme la vérité.
Laurent-Désiré Kabila n’était que la façade congolaise, un vieux maquisard recyclé pour légitimer l’opération. Les vraies commandes étaient à Kigali, avec James Kabarebe comme véritable chef militaire.
Mai 1997 : Mobutu, malade au stade terminal d’un cancer métastasé, fuit, Kabila entre à Kinshasa. Le Rwanda jubile, les États-Unis aussi, avec l’Ambassadeur Richardson qui avait bien prévenu Mobutu qui s’il ne quittait pas le pays, il aurait vu son corps trainer dans les rues de Kinshasa.
Les minerais du Kivu commencent à couler vers Kigali, avec la bénédiction implicite des alliés occidentaux. Les réseaux d’exploitation se mettent en place, protégés par cette alliance géopolitique. Mais Kabila tente de reprendre la main. En juillet 1998, il expulse les troupes rwandaises et ougandaises. Réaction immédiate : Kigali, toujours soutenu par ses parrains, revient en force, créant le RCD, puis le RCD/Goma et toutes les rébellions proxies qui suivront jusqu’au M23 actuel. L’Angola, le Zimbabwe, la Namibie défendent Kabila ; la guerre devient continentale. Huit pays, des dizaines de milices, des millions de morts, des viols de masse, des enfants soldats.
Le prétexte rwandais reste inchangé depuis un quart de siècle : « récupérer l’effort de guerre» pour avoir « libéré » le Congo.
Une dette fictive qui justifie un pillage permanent. Coltan, or, cassitérite : tout traverse la frontière, enrichit les élites de Kigali et leurs réseaux internationaux, pendant que l’est du Congo saigne. Les rapports de l’ONU, les panels d’experts l’ont prouvé cent fois : extraction illégale, traçabilité brisée, impunité totale, jusqu’au dernier rapport des experts de l’Onu de janvier 2026 qui parle ouvertement de co-bélligerance rwandaise dans le conflit encore en cour en RDC, sous masque rebelle AFC/M23.
LD Kabila assassiné en 2001, son fils « putatif », très proche de James Kabarebe et Kagame, à qui le crime profita, prend le pouvoir « de facto », dialogue, élections de façade… Mais l’hégémonie rwandaise, n’a jamais fléchi. Le M23 n’est que la énième version du même schéma : un mouvement rebelle congolais de façade, piloté depuis Kigali et sur le terrain au Nord et Sud Kivu, occupant les zones minières.
Tout ce chaos, cette fracture durable de la RDC, cette soumission de nos richesses à des intérêts étrangers, remonte à cette imposture fondatrice : l’AFDL, cheval de Troie rwandais avec parapluie américain.
Vingt-cinq ans après la mort de Kabila, le Congo paie encore le prix d’une « libération » qui n’était qu’une conquête déguisée. Cette extorsion n’a pas de fin, elle mutile encore nos enfants, et elle porte, dès l’origine, une responsabilité historique qui pèse sur l’image du vieux maquisard utilisé et après éliminé car devenu gênant, un destin qui a été le même d’autres congolais qui se sont prêtés aux manipulations de Kigali.
Aujourd’hui, nous n’avons plus le droit de cautionner ce schéma répétitif. Le Rwanda continue d’imposer son hégémonie par le même vieux stratagème : des pseudo-rébellions de proxy, armées, financées, dirigées depuis Kigali, qui servent uniquement à maintenir le contrôle sur nos minerais et à perpétuer l’instabilité. Nous, Congolais, devons enfin briser ce cercle vicieux qui mine notre stabilité, ronge notre souveraineté et vole l’avenir de nos enfants. Il est temps de dire non, collectivement, sans compromis : le Congo doit revenir aux Congolais.
Plus de marionnettes, plus de proxy, plus d’extorsion déguisée en dette historique.
Notre pays, nos richesses, notre destin : à nous seuls de les reprendre et de les défendre.
Eugène Diomi Ndongala,
Démocratie Chrétienne




