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LA NEUTRALITE MAL COMPRISE DE Mgr. NSHOLE: SA SYMETRIE MORALE ABSOUT LES ENVAHISSEURS RWANDAIS

Dans les méandres du conflit qui ravage l’est de la République Démocratique du Congo, une voix censée incarner la sagesse et la compassion – celle de Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence Episcopale Nationale du Congo – s’élève pour proférer une affirmation qui, sous couvert de neutralité, frappe comme un coup de poignard dans le dos de la vérité.

En déclarant, il y a quelques jours au cours d’une interview, que tant les rebelles du M23, (armés par les forces rwandaises) que le gouvernement congolais tuent indistinctement, Mgr Nshole instaure une équivalence morale glaçante, plaçant l’agresseur et l’agressé sur le même pied d’égalité sanglant.

Mais cette posture, loin d’être un appel à la paix éclairé, révèle une faiblesse morale et éthique profonde, qui sacrifie la justice au nom d’une symétrie artificielle, et la vérité à une diplomatie tiède qui flirte avec la complaisance.

Imaginez : un pays envahi, son territoire pillé, sa population massacrée par une coalition rebelle appuyée par un voisin ambitieux – le Rwanda, dont les forces RDF agissent en co-belligérants, comme l’attestent les rapports onusiens implacables. Face à cette agression flagrante, la RDC, État souverain, brandit son droit légitime à l’autodéfense, sur son territoire, ancré dans la Charte des Nations Unies.

La RDC, en tant qu’État souverain, exerce un droit à l’autodéfense (reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies). Assimiler les tueries des deux côtés ignore cette asymétrie fondamentale : l’un initie l’agression, l’autre répond pour protéger son territoire et sa population.

Pourtant, Mgr Nshole choisit de brouiller les lignes, en insinuant que les tueries sont symétriques, comme si les excès défensifs équivalaient à l’invasion calculée et aux massacres stratégiques du M23/RDF.

Cette fausse équivalence n’est pas un lapsus innocent ; c’est une abdication morale qui dilue la responsabilité primaire des instigateurs, transformant les coupables en simples participants à une « guerre où tout le monde tue ».

Où est la justice ici ? Évanouie dans un relativisme qui absout l’agresseur en le noyant dans une culpabilité collective, au détriment des victimes ( les opprimés et les indigents) qui hurlent pour une reconnaissance de leur souffrance asymétrique.

Éthiquement, cette position trahit les fondements mêmes de la guerre juste, cette doctrine millénaire ( de Saint Thomas d’Aquin) qui distingue l’intention agressive de la réponse proportionnée. Nshole, en se focalisant sur les actes commis dans le feu du combat sans ancrer son discours dans l’origine du mal – l’agression rwandaise – commet une faute déontologique grave.

Il semble ignorer que la morale kantienne impose de peser les intentions : l‘un initie le chaos pour des gains territoriaux et miniers, l’autre défend son intégrité nationale.

En optant pour une neutralité indiscriminée, Msg. Nshole, pourtant dépositaire d’un magistère religieux appelant à défendre les opprimés (comme l’exigent les Proverbes bibliques 31:8-9 – « Ouvre ta bouche pour le muet, Pour la cause de tous les délaissés, Ouvre ta bouche, juge avec justice ), se mue en médiateur qui pactise avec l’ambiguïté. Ses efforts pour un dialogue, louables en surface, masquent une éthique utilitariste boiteuse : promouvoir une paix immédiate au prix d’une impunité future, où les civils congolais, déplacés et traumatisés subiraient le prix d’une réconciliation factice sans vérité, donc encore une fois « provisoire » et incapable d’arrêter le cycle de la violence.

Pire encore, cette déclaration blesse l’âme collective d’un peuple agressé, en sous-entendant que sa défense légitime est aussi criminelle que l’invasion.

Elle affaiblit les normes des droits humains, foulant aux pieds les Conventions de Genève qui exigent une distinction claire entre actes intentionnels et collatéraux.

Au lieu de condamner avec force l’implication rwandaise, Msg. Nshole opte pour une tiédeur qui frise la frilosité morale, décourageant la poursuite de la justice internationale et perpétuant un cycle de violence où les forts imposent leur narrative, et cela depuis des décennies. Sans considérer sa volonté d’ignorer même les admissions de cobélligerance provenant des notes diplomatiques rwandaises ( de l’Ambassade du Rwanda à Washington), expressément banalisées et taxées de fabrication par l’IA!

En fin de compte, cette faiblesse éthique ne sert ni la paix durable ni la compassion chrétienne ; elle trahit la vérité au profit d’une illusion d’équilibre, et la justice, au nom d’une médiation qui, sans racines solides, ne peut que s’effondrer sous le poids des souffrances ignorées. Pour une Église qui devrait être le phare dans les ténèbres, c’est un faux pas qui éclaire cruellement les limites d’une neutralité mal comprise.

Éthiquement, promouvoir le dialogue est vertueux (principe de non-violence gandhien), et la CENCO agit en ce sens. Mais si l’équivalence décourage la RDC de se défendre légitimement, cela ne peut que favoriser l’impunité des agresseurs.

Une approche plus éthique serait de condamner l’agression rwandaise tout en appelant à la désescalade et aux cessez-le-feu, pour une paix juste plutôt qu’une paix asymétrique et imposée, qui d’ailleurs a été toujours porteuse des germes de nouveaux conflits.

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne.

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