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LE DOUBLE JEU DE NANGAA : SOURIRES DIPLOMATIQUES AVEC MME HADJA LAHBIB ET PILLAGES HUMANITAIRES

Une énième embuscade qui démasque le mirage humanitaire du M23/RDF dans les territoires occupés.

Au cœur des territoires occupés par le M23/RDF, le 18 février 2026, un convoi humanitaire de Médecins Sans Frontières (MSF) chargé de fournitures médicales vitales tombe dans une embuscade près de Kibirizi, dans le territoire de Rutshuru, province du Nord-Kivu. Des hommes armés surgissent, pillent le chargement et s’évaporent dans les ombres du parc national des Virunga – une zone fermement tenue par le groupe rebelle M23/RDF de Corneille Nangaa. Pas de morts cette fois, mais un coup dur pour les millions de déplacés qui agonisent dans ce chaos, où les besoins médicaux explosent au milieu d’un conflit qui dévore la région depuis des décennies.

Cet assaut n’est pas isolé : il suit une vague d’attaques contre civils et ONG, avec plus de 170 incidents contre des humanitaires depuis 2024, laissant 4 morts et 20 blessés dans leur sillage. Dans ce labyrinthe de violence, le M23 – cobelligérant avec le Rwanda – voudrait imposer sa loi, même aux humanitaires, presque tous interdits de séjour.

À peine 48 heures plus tard l’embuscade contre Médecins Sans Frontières (MDF), le 20 février, la Commissaire européenne Hadja Lahbib atterrit à Goma pour clore sa mission dans les Grands Lacs, face à une crise « catastrophique » qu’elle dénonce sans filtre. Elle rencontre les représentants du M23/AFC, y compris via Nangaa, pour plaider l’accès humanitaire et la réouverture de l’aéroport de Goma, verrouillé depuis janvier 2025 par les rebelles eux-mêmes.

Devant les caméras, le ton est conciliant : le M23 acquiesce à des discussions sur des corridors humanitaires, Lahbib salue l’avancée – « Nous sommes sur la bonne voie » – et débloque 81,2 millions d’euros d’aide UE pour soulager 7 millions de damnés de la guerre. Nangaa joue le rôle du leader responsable, défenseur des droits dans ses fiefs.

Mais grattez la surface, et l’hypocrisie suinte comme une plaie ouverte. Comment concilier ces sourires diplomatiques avec le pillage d’un convoi MSF sous leur nez et au même moment?

Le M23/RDF, accusé par Human Rights Watch et l’ONU d’exécutions sommaires, de recrutements forcés et d’obstructions systématiques, verrouille ses territoires sous une chape de plomb, étouffant tout afflux massif d’aide qui pourrait révéler la vérité crue : des abus qui pulvérisent leurs fables de respect des droits congolais.

Souvenez-vous de l’attaque contre un convoi du PAM en juin 2025 à Rumangabo – enlèvements, blessures – un schéma récurrent qui force les ONG à suspendre leurs opérations, laissant les civils sans assistance. Nangaa pose en humaniste face à l’Occident, mais sur le terrain, les rebelles préfèrent l’ombre pour piller les mines et consolider leur emprise.

Cette duplicité n’est pas qu’un détail : elle sème le doute sur la réelle volonté du M23 /RDF de permettre une distribution impartiale de l’aide promise.

Risque-t-elle d’être détournée, pillée en chemin comme tant d’autres convois, pour finir dans les poches des seigneurs de guerre plutôt que chez les vrais bénéficiaires – ces déplacés affamés et malades qui en ont désespérément besoin ?

Le pillage récent du convoi de MDF nous fait craindre le pire, hors caméras…

Eugène Diomi Ndongala,

Démocratie Chrétienne, DC

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