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Articles Tagués ‘chebeya’

ENCORE UN ENLEVEMENT D’UN ACTIVISTE DES DROITS DE L’HOMME

 

20.08.12 Arrestation de Grégoire Mulamba, activiste des droits de l’homme à Lubumbashi (AETA)

 

En effet, selon une urgente dépêche des activistes des droits humains œuvrant  dans la ville cuprifère de LUBUMBASHI, Monsieur MULAMBA, lui-même activiste des droits humains, avait été informé de la présence d’un cadavre flottant sur la rivière KARAVIA à proximité du lac du même nom dans la commune et la ville de LUBUMBASHI. Après avoir constaté la véracité du fait, Monsieur Grégoire MULAMBA a contacté les autorités politico-administratives de la place pour les en informer. Des policiers, avec à leur tête un certain commandant Didier KASONGO, se sont immédiatement empressés, des suites de cette nouvelle, vers le lieu où gisait ledit cadavre.

 

Le commandant Didier aurait proposé que le corps de cet inconnu soit récupéré le lendemain, faute d’un plongeur sur place dans son équipe. Ces raisons n’ont pas convaincu Monsieur Grégoire et bon nombre de passants présents sur le lieu,  car le corps était à proximité de la rive du lac et pouvait facilement être tiré au moyen d’un bâton, plutôt que de le laisser jusqu’à l’état de putréfaction pour ne plus être accessible.

 

Face à l’insistance de l’activiste Grégoire, il s’en est suivi une altercation entre lui et le commandant Didier KASONGO qui n’a pas approuvé une contradiction de son ordre. La colère du commandant s’est amplifiée du fait que Grégoire l’aurait appelé par son nom « KASONGO » au lieu de le désigner par son grade de commandant.

 

Vers 19h00, alors que Monsieur Grégoire venait de raccompagner une de ses collègues en la personne de Madame DEGRACE NIBANGO vers KATENDA, au coin de RUWE, il a été intercepté par une jeep de marque MARK II estimée de couleur claire (blanche ou gris métal) roulant à vive allure à hauteur du croisement des avenues Kambove et Kapenda avec, à son bord, quatre personnes en tenue civile. Deux de ces personnes non identifiées en sont descendues et,  se jetant tout d’un coup sur lui,  l’ont roué des coups aux côtes et à la tête en lui tenant des propos menaçants  du genre ; « tu as manqué du respect au chef, nous allons t’exterminer comme CHEBEYA etc. ». Celles-ci  le ligoteront par la suite  avant de l’embarquer dans leur véhicule.

Arrivé au niveau du quartier CRAA, ils l’ont projeté de la voiture comme un tronc d’arbre sur la terre où il est resté sans secours  après lui avoir administré plusieurs coups durant ce parcours. Il n’a eu la vie sauve que grâce aux passants qui l’ont aidé à rejoindre son domicile. Il saignait du nez et se plaignait d’une douleur à la nuque, et disait avoir difficile à respirer.

 

– Les Organisations de la société civile s’inquiètent de la réaction méchante de la part du commandant KASONGO Didier et ses policiers à l’endroit de cet activiste de droits de l’homme. Le fait de désigner une autorité par son nom ne fait aucune obstruction à la justice, et il n’est prévu aucune peine à ce que le commun de mortels sache ; – Que les policiers en tenue civile aient procédé par intercepter un paisible citoyen, vers 19h00 en plus, dénote purement et simplement d’un acte d’enlèvement et de l’arbitraire interdit par la loi ; – Monsieur Grégoire MULAMBA n’a pas mérité des coups dont il a été victime ; de plus, du fait qu’il ait été débarqué en un lieu obscur et sans assistance manifeste de l’insécurité entretenue et présume un assassinat prémédité.

 

De ce qui précède, les organisations de la société civile signataires du communiqué  estiment que :

 

– Le commandant KASONGO Didier doit être traduit en justice par Les ONG de Droit de l’Homme. On se rappellera encore le cas de la mort de monsieur Floribert CHEBEYA de triste mémoire et sur lequel la justice ne se prononce pas encore après deux ans ; de même, l’acte posé par le commandant Didier KASONGO, confirme l’insécurité dont sont victimes les activistes des droits humains et les journalistes en toute impunité depuis belle lurette ;

 

– Alors que dans les milieux des dirigeants politiques, on fait croire à une certaine avancée de la démocratie en République démocratique du Congo, l’insécurité et l’impunité se font vivre au jour le jour ;

 

– Si le fait que Grégoire MULAMBA ait appelé le commandant Didier par son nom constitue une infraction, qu’il soit alors jugé selon les lois en vigueur en RDC. Dans le cas contraire, que la justice juge le commandant Didier KASONGO en toute sincérité ;

 

– Les actes d’enlèvement et violence posés par le Commandant Didier KASONGO, officier de son grade, à l’endroit de Monsieur Grégoire MULAMBA est à condamner avec véhémence et, de ce fait, à punir par la loi.

 

Source: communiqué de presse d’AETA, 17.08.12

 

Plate Forme Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées

 

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