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LE MONTAGE ORGANISE POUR PIEGER ME.FIRMIN YANGAMBI ECLATE AU GRAND JOUR

Procès Me Firmin Yangambi : la défense s’acharne sur le colonel Mukalay

Jeudi, 28 Avril 2011 09:08
 

Présenté par la défense de Me Firmin Yangambi comme le véritable détenteur des armes versées dans le dossier de leur client, le colonel Daniel Mukalay s’est dit victime d’un règlement des comptes.

Le mardi 26 avril 2011, le colonel Daniel Mukalay wa Mateso a été appelé à éclairer la Haute cour militaire dans le procès qui oppose le ministère public à Me Firmin Yangambi, Eric Kikunda, Benjamin Olangi et le colonel Elia Lokundo pour tentative de participation à un mouvement insurrectionnel. Pour rappel, le dossier Me Firmin Yangambi a surgi avec l’affaire de quelques armes qui auraient été saisis dans la jeep du jeune Eric Kikunda à l’hôtel Estoril de la commune de Gombe. Mais grâce au procès Chebeya, les conseils de Me Fiurmin Yangambi ont conclu à un montage du colonel Mukalay. Et ce, d’abord au fait que ces armes dont les numéros figurent dans le procès-verbal de saisie, n’ont pas été présentées à la juridiction de jugement. Ensuite, au motif qu’un lance-roquette censé figuré dans ce lot a été saisi dans la jeep de service du colonel Mukalay. A cause de cela, les conseils de Me Firmin Yangambi ont sollicité la réouverture des débats.

Le colonel Mukalay appelé à la barre comme renseignant, le colonel président Nsimba lui a demandé : « Selon les avocats de Me Firmin Yangmbi, il y a la détention illégale des armes de guerre à votre charge. La Cour voudrait avoir la confirmation ».

En guise de réponse, le colonel Daniel Mukalay a ainsi réagi : « Pas du tout ! Mon dossier est émaillé de beaucoup de sentiments de règlement des comptes. Il y a l’esprit vindicatif dans le chef de certains officiers ». Pour preuve, a-t-il dit, le général Unyon s’est amené avec un dossier purement administratif. Concernant le dossier des Erythréens, il a affirmé que le colonel Kanode était complice dans ce dossier-là. Et, il a ainsi atterri : « Etais-je entré en dehors des attributions qui me sont dévolues par l’arrêté présidentiel ? On veut seulement me diaboliser ».

Venant à son secours, le ministère public représenté par le général Munkutu a précisé à l’intention de la Haute cour militaire : « Ce n’est pas parce que les armes étaient détenues illégalement. Mais c’est parce que le colonel Daniel Mukalay s’était permis d’entrer avec une jeep bondée d’armes dans un certain périmètre de la présidence ». Au sujet du colonel Kanode, l’organe de la loi a estimé que ce dernier devait être en prison, et qu’il doit être heureux de se trouver en liberté. Pour plus de précision, il a dit que dès l’arrivée des Erythréens, des terroristes, le colonel Kanode les a escortés. Et selon le ministère public, cela n’a rien à voir dans l’affaire Chebeya, ou dans l’affaire en cours. Pour lui donc, le colonel Mukalay a agi correctement.

Après cela, le premier avocat général Monkutu a conclu : « Nous reconnaissons que Me Yangambi a beaucoup servi la République. Mais ce n’est pas pour cela que nous ne pouvons pas le poursuivre ».

Après avoir repris la parole, le président de la Haute cour a fait comprendre à l’organe de la loi : « La défense a voulu dire que le colonel Mukalay est habitué à faire des montages ». Juste à ce moment, Me Peter Ngomo Milambo a brandi un document devant le prétoire en demandant : « Le colonel Mukalay reconnaît-il ce procès-verbal, lui qui dit ne pas avoir été poursuivi devant la Cour militaire ? ».

Appelé à réagir, le colonel Daniel Mukalay a déclaré aux juges : « Depuis l’affaire Chebeya, le même avocat a toujours voulu qu’on retienne à ma charge la prévention de détention illégale d’armes. Mais le ministère public a clarifié qu’il s’agissait d’un problème administratif, pour avoir dépassé un certain périmètre ». Dès son côté, l’organe de la loi a précisé que les tribunaux militaires sont saisis par les décisions de renvoi du ministère public. Et il a mis Me Peter Ngomo au défi d’en produire.

Ne s’avouant pas vaincu, Me Peter Ngomo a déclaré à la Cour : « Je ne dis pas qu’il est poursuivi pour ces faits-là. Mais lorsqu’on a évoqué la présence d’armes, on a trouvé un lot important d’armes chez le major Christian Ngoy, et d’autres dans la jeep du colonel Daniel Mukalay ». D’où sa préoccupation : « Pourquoi n’a-t-on pas poursuivi le colonel Mukalay pour ces faits-là ? ». Il a aussi ajouté que le colonel Mukalay n’a pas voulu comparaître volontairement. Il a précisé que la première arme qui porte le numéro 859 dans le dossier de Me Firmin Yangambi, est la même trouvée chez le colonel Daniel Mukalay. Et lui de conclure : « C’est pour cela que nous parlons d’un montage, il en est aussi de même pour Mme Georgette ».

Au vu de cela, la Cour a émis le vœu de voir les décisions de renvoi, tout en précisant que cette arme ne figure pas parmi celles qui ont été présentées physiquement devant elle.

Dans sa réponse, le ministère public a d’abord relevé que Me Firmin Yangambi, qui fait allusion aux enquêtes des commissions internationales, c’est plutôt lui qui est sous enquête pour détournement de l’argent de la MONUSCO. Au sujet de l’arme controversée qui n’a pas été présentée chez le premier juge, même au niveau d’appel, mais qui s’est retrouvée dans le véhicule du colonel Daniel Mukalay, le général Munkutu a précisé : « Nous avions dit qu’elle avait été prêtée au bataillon Cobra. Comment s’est-elle retrouvée chez le colonel Mukalay ? Mais cela ne change pas le fond, même si en 2009 elle se trouve chez Eric Kikunda et Benjamin Olangi ; et qu’en 2010 elle se trouve entre les mains du colonel du colonel Mukalay ».

Faisant allusion aux accusations de Me Firmin Yangambi, il a relevé : « On dit que nous gérons des armes que nous sortons quand nous voulons. Mais ces armes ont été saisies le 26 septembre 2009. Or, les Mukalay n’étaient pas au courant du début de l’affaire Yangambi quand il essayait d’acheter des armes. Qu’ils disent que nous avons arraché Kikunda et Yangambi au lit, et que nous les avons amenés à l’hôtel Estoril et placé des armes dans leur véhicule ». A ce propos, l’organe de la loi a expliqué que le premier lot d’armes a été réceptionné sur le boulevard Triomphal. Toujours selon lui, il y a au total neuf fusils AK. Au sujet des bombes Castor trouvées chez le major Christian Ngoy, il a expliqué que ce sont des grenades qui leur ont été dotées par l’Angola à l’issue de la formation anti-terroriste.

Après cela, La Cour est revenue à Me Firmin Yangambi pour lui rappeler qu’ils avaient déclaré tous avoir été torturés, et lui a donc demandé d’apporter la preuve qu’ils avaient été menacés, et préciser les consignes qui leur avaient été données à la DRGS/Kin-Mazière.

Ici, c’est Benjamin Olangi qui a pris la parole pour expliquer aux juges que c’est le groupe du major Christian Ngoy qui leur avait imposé ces consignes de répéter la leçon que les tortionnaires leur avaient inculqué pour la déposition devant la commission. Et cela s’est passé avant qu’ils soient mis au cachot. Et le prévenu a affirmé avoir été torturé par les policiers du major Christian Ngoy qui se trouvaient à Kin-Mazière. Et ces derniers leur ont donné cet avertissement : « Dans le cas où vous osez aller changer, vous allez continuer à subir la torture ». Mais du coup, le colonel Daniel Mukalay a rétorqué que le major Christian Ngoy ne fait pas partie de la DRGS.

Mais pour le ministère public, le prévenu Benjamin Olangi n’a pas été soumis aux consignes. Car, lorsqu’on lui a demandé à l’Auditorat s’il confirmait ses déclarations, il a répondu : « Oui, sauf que je n’avais pas dit que je connaissais les relations de Me Firmin Yangambi. Nous sommes allés à l’hôtel Estoril pour changer deux colis ». L’organe de la loi a ajouté que les hommes qui escortaient les prévenus ne savaient même pas que c’est ce jour-là que les prévenus allaient être acheminés en prison. Et il a ajouté : « Nous avons demandé qu’une jeep nous soit envoyée. Olangi a déclaré librement devant l’officier du ministère public, il n’a pas respecté la consigne ».

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