Joseph Kabila : entre le choc de la légitimité et celui de l’illégalité
Joseph Kabila : entre le choc de la légitimité et celui de l’illégalité

Bamba-di-Lelo.
Depuis quelques jours, une certaine opinion ne cesse de soutenir la thèse selon laquelle les élections présidentielles et législatives, prévues pour le 28 novembre 2011, seront probablement reportées, par suite d’un manque, supposé ou réel, de logistique aboutie.
In fine, le climat sécuritaire ainsi que l’état d’esprit des acteurs politiques et de la population deviennent de plus en plus vifs et tendus au regard des enjeux.
De plus, il est dit que la majorité présidentielle, avec à sa tête le compatriote Modeste Bahati, qui constate sans peine le désamour réel mais profond qu’éprouvent les populations de l’Est d’une part, et d’autre part, le rejet de la population tout entière à l’égard du président sortant, Joseph Kabila, pour la non visibilité persistante de cinq chantiers qui relèvent encore du monde des idées et des illusions, et qui se prépare donc à tricher, par le biais de la CENI, pour tenter encore d’organiser, semble-t-il, une nouvelle transition de 2 ans, en imposant le président sortant, Joseph Kabila, au peuple congolais dans l’hypothèse où il y aurait, en fin de compte, un semblant d’élection.
Dans le cas d’une telle élection retardée, est-ce que le pouvoir du président sortant Joseph Kabila serait encore légal ou deviendrait-il illégal ?
Me référent à la réalité des faits, il faut se rappeler que Joseph Kabila a pris possession du poste de président de la République Démocratique du Congo en date du 6 décembre 2006, pour un mandat de 5 ans. C’est dire, tenant compte de l’incidence temporelle, que son mandat expire le 5 décembre 2011, avec passation du pouvoir à un nouveau président élu. En attendant, il ne peut plus qu’expédier les affaires courantes. Ce qui revient à dire que le pouvoir de Joseph Kabila ne restera légal et légitime que jusqu’au 5 décembre 2011 à minuit.
Par contre, si le calendrier électoral n’est pas suivi, il n’y aura donc pas eu de vote dans les délais prescrits et son successeur ne sera pas encore connu à la date du 5 décembre 2011.
Dans cette hypothèse, il en reste que, dans ce nouveau délai, Joseph Kabila a perdu la légalité de son pouvoir. La légalité est en effet, à mon sens, un principe juridique formel, qui doit respecter les règles du jeu, telles que définies dans la législation en la matière.
Simultanément, Joseph Kabila perdra toute légitimité de son pouvoir, dans la mesure où son rejet par la majeure partie de la population congolaise devient évident. On ne peut évidemment pas concevoir de détenir la légitimité de s’imposer sur un peuple, si en réalité, on ne peut assurer sa sécurité et son bien-être.
Je n’ai pas cessé de dire que le bilan de Joseph Kabila, à la tête de la République Démocratique du Congo, pendant toute la décennie, est une honte pour l’élite congolaise qui développe, en dépit des souffrances qu’endure le peuple congolais, de jour en jour, des stratégies tendant à maintenir Joseph Kabila au pouvoir, uniquement pour conforter au mieux sa fortune personnelle.
N’a-t-on pas assisté à la modification de la Constitution des procédures, notamment sur l’élection, prévue à deux tours pour la présidentielle, mais réduite de fait à un seul tour, pour permettre au locataire actuel d’être élu dès le premier tour, en bénéficiant de l’avantage créé suite à la division de l’opposition ?
La classe politique congolaise est, dit-on, corrompue dans son ensemble, au détriment de la population. Condamnée à vivre dans la précarité presque permanente, le délestage alimentaire au quotidien, l‘accès aux soins de santé de la manière la plus rudimentaire, Kinshasa la belle a perdu toute sa splendeur à cause de constructions immobilières désordonnées, par lesquelles les espaces verts sont détruits et envahis par des constructions anarchiques. Seul le Boulevard du 30 juin, à l’image d’une piste d’aviation malheureusement longue de moins de 5 km, peut susciter une certaine admiration, restant pourtant mitigée, en considération de l’ampleur des tâches qui restent à accomplir pour redonner au pays sa splendeur d’antan.
[….]
Tout ceci pour dire que le peuple congolais est, plus que jamais, déterminé à rejeter Joseph Kabila, non seulement par la parole mais aussi par des actes concrets et des moyens légaux.
Ainsi, pour conclure et éclairer la contestation généralisée, à l’exemple de ce qui se passe dans les pays arabes, comme la Libye, la Tunisie ou autres gouvernements, le président sortant, Joseph Kabila, ferait mieux de quitter librement son poste et de le céder constitutionnellement au président du sénat, qui aurait la tâche d’organiser, dans un délai à convenir, un gouvernement avec l’opposition véritable qui incarnera donc la volonté populaire, et des élections apaisées, libres et transparentes.
A défaut, je prophétise et en même temps, je préviens la République Démocratique du Congo qui depuis son accession à l’indépendance n’a jamais connu d’envol, basculera dans un cercle de violence difficilement contrôlable, puisque le peuple congolais, meurtri, ne veut plus accepter l’humiliation qui lui est imposée par ces nouveaux prédateurs et maîtres à penser.
Rendez-vous donc le 6 décembre 2011, pour la sentence et le redémarrage de l’histoire glorieuse de la République.
Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’UCL
Analyste des questions politique du Congo
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E-mail : badiljb@hotmail.com




