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UN EXEMPLE DESTRASTREUX DE MAUVAISE GOUVERNANCE DANS LE SECTEUR ULTRA-SENSIBLE DE LA SECURITE ALIMENTAIRE

A peine dotée de 8 millions de dollars Us par la BAD : La Ferme de la N’Sele mise à sac

Lundi, 02 Avril 2012

L’AVENIR


L’affaire est sérieuse ! L’ex- Domaine agro-pastoral et industriel présidentiel de la N’Sele (DAIPN sous le Président Mobutu) qui venait d’être réhabilité – du moins pour ce qui concerne ses fermes avicole 1 (une) et porcine – il y a de cela près deux ans seulement, est encore replongé dans une faillite inouïe.
Cette Ferme de la N’Sele qui avait bénéficié d’un projet financé par la Banque africaine de développement (BAD) de l’ordre de 8 millions de dollars américains pour sa relance partielle, n’a pas pu récolter des résultats escomptés. Et voilà aujourd’hui, quelques mois seulement après sa relance, elle est au bord de la fermeture totale de ses activités, a-t-on constaté lors de notre passage le week-end dernier à cette ferme de l’Etat.
Nous avons cherché à rencontrer le coordonnateur du projet. Malheureusement, il était absent de son bureau et se retrouverait à cet instant-là, avait-on appris, au centre ville de Kinshasa pour solliciter l’audience auprès du ministre intérimaire de l’Agriculture. Le responsable que nous avons trouvé au bureau du projet (tous les autres locaux étaient fermés) s’est reservé de nous fournir des informations nécessaires quant à ce. Toutefois, le constat est très amer aujourd’hui à la Ferme de la N’Sele. Avec les 8 millions de dollars de la BAD, l’on avait réussi à réhabiliter, bien que proportionnellement, la ferme porcine de l’ex-Daipn ainsi que la ferme avicole 1 (ponte et chair) des six anciennes fermes avicoles de l’ex Daipn. Et à côté de ces deux fermes, il y avait plusieurs autres activités. Notamment, l’abattoir et la chambre froide pour le stockage des abats congelés, la charcuterie, la provenderie pour la production d’aliments pour bétail et volaille, le couvoir pour la multiplication de poussins, etc.
La situation est catastrophique
Cependant, à ce jour, l’on ne compte plus aucun porc, même pas un porcelet, dans la ferme porcine de la N’Sele. Alors que celle-ci comptait au 13 mars 2011, environ plus de 4.000 têtes de porcs de différentes races (Large white, Piétrain, Duroc etc.).
L’abattoir de la ferme qui, en cette même époque, pouvait avoir le rendement de 2500 poulets par jour, ne fonctionne plus depuis un certain temps à cause d’une simple panne technique de la chambre froide qui n’a jamais été réparée. De même que pour la petite charcuterie de la ferme qui avait 200 à 250 kg de production par jour, elle est désormais non-opérationnelle. Signalons qu’il n’existe plus aucune tête de vache à la N’Sele. Plus grave encore, la ferme avicole ponte qui atteignait la production de 13.000 œufs par jour l’année passée, n’a plus aucune poule pondeuse. Tous les 13 bâtiments de ladite ferme sont complètement vidés des poules pondeuses. Il semble que toutes ces poules ont été systématiquement écoulées, un matin.
L’on ignore encore ce qui se passe maintenant au niveau du couvoir qui produisait au moins 15.000 poussins par semaine, et la provenderie (15 à 20 tonnes d’aliments pour bétail par jour). Actuellement, la Ferme de la N’Sele ne vit plus que des petites activités qui se poursuivent très timidement à sa ferme avicole 1 (une) avec une minime production d’œufs et de poussins, mais à une très petite quantité. D’ailleurs, il vaudrait mieux faire un tour dans des points de vente de la ferme qui se trouvent au Marché de la Liberté à Masina et peut-être au Grand Marché de Kinshasa pour s’enquérir de cette réalité. Une autre situation plus catastrophique est que les agents engagés pour travailler dans le cadre de ce projet RCAA dans la Ferme de la N’Sele, sont impayés depuis plusieurs mois. Et avec cette annonce de la faillite, ils sont démotivés et sèchent le travail.
Quant aux étangs piscicoles réhabilités à la Ferme de la N’Sele, le ministre national sortant de l’Agriculture, Pêche et Elevage en a fait une affaire privée. Les poissons et les alevins qui y sont produits sont gérés par lui-même personnellement. Même situation pour ce qui concerne la zone agricole de la ferme avec les activités maraîchères et rizicoles. On n’a plus aucun écho de ces productions.
Où sont passés les USD 8 millions de la BAD ?
La Banque africaine de développement doit aujourd’hui regretter d’avoir jeter par la fenêtre son argent. Lequel était destiné à relancer les premières activités de l’ex Daipn afin de produire dans un premier temps du poulet, des œufs, de la charcuterie, des viandes de porc. Ce, au grand bénéfice de la population kinoise en vue de lui éviter la consommation des aliments surgelés et importés. Le but était de permettre à ces habitants de la capitale congolaise de manger bio. Mais fort malheureusement, ce projet n’a produit aucun impact sur la vie quotidienne des Kinois et Kinoises. Sinon, il n’a profité qu’à un poignet de personnes qui ont renfloué leurs poches avec ce projet. Mais, où sont passés les 8 millions de dollars américains que la BAD a financés au projet de relance de la Ferme de la N’Sele ? Nous osons croire que cette colossale somme s’est volatilisée au détriment du peuple congolais, mais peut-être en faveur de ceux qui faisaient semblant de vouloir donner à manger pour tous.
Surtout que la mise sur pied du projet a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Tout le monde en parlait à Kinshasa. Quelle n’a pas été la certitude de tout Congolais de revoir le domaine de la N’Sele revêtir sa plus belle robe d’antan ? D’aucuns ne pouvaient s’imaginer qu’aujourd’hui, en l’espace de quelques mois, cette première ferme de la RDC pouvait encore replonger très vite dans le K.O. Le ministre de tutelle avait même promis qu’après la réhabilitation de cette ferme étatique, sa gestion sera confiée aux entreprises privées ou aux organisations non gouvernementales. C’est ce qui n’a pas été le cas malheureusement.
Qui sauvera donc ce bijou ?
A l’heure actuelle, la Ferme de la N’Sele est plus malheureuse qu’elle a été après son premier pillage. Cet « éléphant blanc », un des plus grands acquis du régime mobutien, qui a coûté à la Nation beaucoup d’argent en terme d’investissement technique, matériel, infrastructurel et voire même de potentiel humain, est abandonné comme jamais par les dirigeants congolais. Cette ferme fut un vrai bijou. Elle avait été créée pour une double fonction ; agropastorale et industrielle et touristique. Il y avait toutes activités agricoles et maraîchères, plusieurs étangs piscicoles, de l’élevage de bœuf à grande échelle, six fermes avicoles, une grande ferme porcine, des usines agricoles, des sites touristiques, un parc, des appartements et autres habitants pour les travailleurs de la ferme, des grandes salles, des terrains de jeu et de sport etc. et bien d’autres activités encore. Et c’était un espace merveilleux où il faisait beau-vivre.
Mais avec le pillage, ce bijou a été complètement saboté. A l’arrivée de l’AFDL, les soldats de la libération avaient encore détruit davantage ce Domaine de la N’Sele. C’est donc le ministre Norbert Basengezi qui a voulu donner l’impression de le ressusciter, mais hélas ! ce n’était qu’un coup d’épée dans l’eau. Mais qui pourra encore faire renaître cette ferme ? Alors, il fallait laisser tranquilles les Congolais au lieu de leur donner de l’espoir absurde auquel on ne sera jamais capable de concrétiser ses promesses. Il vaudrait même se taire seulement au lieu de faire trop de bruit pour rien.
Est-ce que les soi-disant efforts (ou volonté) manifestés autrefois par les autorités du pays étaient-ils dans le but de ressusciter l’ex Daipn pour le bien-être du peuple congolais et améliorer son social ou que ces efforts étaient énergiquement fournis rien que pour le bénéfice illicite d’une certaine classe politique congolaise ? Voilà comment la BAD est roulée dans la farine. Faut-il que ceux qui aspirent à gouverner la RDC aillent à l’école de la bonne gestion des affaires publiques ? Puisque, cela est notre constat, les politiciens congolais sont bons parleurs mais mauvais gestionnaires, du moins pour les affaires publiques. Mais, ils sont là pour se critiquer les uns les autres aux fins de s’arracher des postes pour leur propre intérêt, et non pour le salut du malheureux peuple congolais.
Si l’on a critiqué la gestion de la deuxième République, il fallait cette fois-ci faire mieux que ces gestionnaires défaillants d’hier. Car, il ne suffit pas seulement d’accuser ceux qui ont mal géré auparavant. Il faudrait également travailler dans le sens de relever le défi qu’ils n’ont pas pu. Voila pourquoi, nous tenons à conseiller la prochaine équipe gouvernementale d’exhiber plus des actions, de laisser les œuvres parler d’elles-mêmes en lieu et place de faire du verbiage creux. Il ne faut plus donc confondre la campagne électorale aux actions gouvernementales comme ce fut le cas avec les gouvernements de la dernière législature.
Lepetit Baende

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  1. COB #

    C’est evident . Ce n’est pas le travail de l’etat de faire de l’agriculture ou de l’elevage.
    L’etat est la pour etablir un environement economique sein qui puisse permettre aux operateurs prives de developper leur activites.

    Au Congo on est encore en 1960 sous Brejniev!!!!
    Nos soit disants intellectuels font des telles betises qu’on se dit que lorsqu’Hippo KANAMBE declare n’avoir pas encore trouve 15 collaborateurs avec qui travailler eh ben il a pas du tout tort!!!

    RDC = REPUBLIQUE DES DESTRUCTEURS ET DES CONS.

    J'aime

    2 avril 2012

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