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« Lettre à Monsieur le secrétaire d’Etat John F. Kerry » / CONGOINDEPENDANT

CONGOINDEPENDANT

« Lettre à Monsieur le secrétaire d’Etat John F. Kerry »

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Dès l’annonce de votre tournée africaine qui a débuté ce mardi 29 avril, beaucoup de Congolais s’en sont réjouis, parce qu’elle suscite un certain espoir. Je m’empresse de vous souhaiter un bon voyage dans les trois pays que vous allez visiter. A savoir : l’Ethiopie, la RDC et l’Angola.


En prenant la liberté de vous adresser la présente correspondance, j’ai jugé utile de vous décrire succinctement la situation confuse que vit la RD.C., notre pays, depuis pratiquement son accession à l’indépendance, ce qui ne lui permet pas de prendre son envol, alors que sa vocation est de figurer dans le peloton de tête des Nations africaines qui gagnent. Je ne doute pas qu’en arrivant à Kinshasa vous recevrez déjà, de vos diplomates, des rapports circonstanciés vous permettant de « prendre la température ». Vous apprendrez que le peuple congolais traverse des moments difficiles. Faute d’un véritable leadership à la tête de ce grand pays.

Comment ne pas déplorer ici, Monsieur le secrétaire d’Etat, une certaine duplicité de la communauté internationale dans ses interventions multiples dans la crise congolaise. Le peuple congolais est devenu indépendant le 30 juin 1960. En tant qu’Etat, le Congo est entré dans le concert des nations, comme un Etat souverain et libre de ses choix. Aussi a-t-il fait le choix d’un Etat libre, unitaire, démocratique et laïc.


En regardant le chemin parcouru, force est de reconnaître que toutes ces options ont été biaisées, bafouées, et que le pays a sombré dans une gestion calamiteuse, imposée par des dictatures successives de Joseph-Désiré Mobutu jusqu’à l’actuel président de la République Joseph Kabila, en passant par Laurent-Désiré Kabila. Depuis le 17 mai 1997, nul ne sait la personne qui détient la réalité du pouvoir dans l’ex-Zaïre. Ce qui est sûr est que ce pays ressemble de plus en plus à une sorte de « sous-colonie » de certains « Etats voyous » bien connus de la Région des Grands lacs. Inutile de souligner que dans cette logique, Joseph Kabila n’assume que l’apparence du pouvoir.

Pour mémoire, lors de l’accession – aux allures dynastiques – de Joseph Kabila à la tête de l’Etat le 26 janvier 2001, le président Georges W. Bush fut le premier dirigeant à le féliciter. L’Amérique donnait ainsi au nouveau potentat l’onction qui lui manquait.

Treize années après, la réalité est là : Joseph Kabila est à la tête de l’Etat ni pour booster le progrès économique et social encore moins l’Etat de droit.
A preuve, on assiste à l’agonie des populations congolaises. Viols, assassinats politiques, emprisonnements de personnalités politiques de l’opposition, etc. Toutes les institutions d’un Etat démocratique ne sont plus que des simulacres, c’est le retour à l’unanimisme et au culte de la personnalité.

Monsieur le Secrétaire d’Etat,

Il me faut dénoncer vigoureusement la volonté affichée de Joseph Kabila, président de la R.D.C. qui est au pouvoir depuis 2001, par voies de fait et de mensonge, et par hold up électoral, lors des deux dernières consultations. Tout le monde le sait, même la communauté internationale !

Le laisser modifier la constitution, pour se pérenniser au pouvoir, équivaudrait à donner à un malfaiteur le droit de détruire la vie des autres et de toute une nation. En réclamant le départ de Joseph Kabila, nous voulons donner au Congo son droit d’être libre, et de vivre en paix à l’intérieur de ses frontières et à l’extérieur, avec ses voisins réconciliés.


Il ne manque pas au Congo d’hommes politiques capables de relever les défis du moment pour diriger le Congo, et en faire un pays émergeant, pouvant travailler avec d’autres Etats dans le respect des intérêts des uns et des autres.

Ces futures autorités congolaises, qui seraient issues des consultations politiques non truquées, seront le gage d’un Congo nouveau doté d’une constitution qui s’impose à tous, et qu’on ne modifie pas au gré des échéances électorales. Il faut des institutions fortes pour garantir la démocratie (le législatif, l’exécutif, le judiciaire), sans oublier la liberté d’expression et d’association. Tout cela manque cruellement aujourd’hui.


Je me permets de croire que votre visite sera l’occasion pour marquer un tournant démocratique en libérant tous les prisonniers politiques. C’est le cas notamment d’Eugène Diomi Ndongala, Fernando Kuthino et bien d’autres.


Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire d’Etat, l’expression de ma haute considération.

Louvain-la-Neuve, le 29 avril 2014.
Bamba-di-Lelo
Docteur en Sciences politiques de l’U.C.L./Belgique,
Analyste des Questions politiques du Congo.
jbadill@hotmail.be « 

° http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=8885

 

2 Commentaires Poster un commentaire
  1. Yanogo #

    Vous savez? demandons à nos ex colonies de nous restituer ce qu’elles nous ont pris. sinon tant que nous resterons mendiants de nos propriétés nos dirigeants traîneront toujours comme des queues de lézard. C’est bien triste.

    J'aime

    30 avril 2014
  2. Monte McMurchy #

    Executive Breach of The Social Contract

    Many emerging democratic societies suffer from the ‘lack of accountability to the citizen syndrome’. This syndrome can be further categorized as ‘the preservation of power syndrome’ regardless of constitutional or other civic civil constraint.
    Unfortunately, this syndrome is most prevalent in fragile, weak emerging democratic societies governed by an egoistic oligarchy who utterly fail to respect the rule of law in public administrative governance practice.
    My comment question is simple;—Does Executive non-compliance to the [already agreed upon] Constitution create a [fundamental] breach within the ‘social contract’—thereby affording natural law sanction to the Citizen right to civil civic protest redress?
    Does failure by an Executive to hold an election on a date/year already agreed as publically witnessed in a prior agreement [articulated and embedded within the national constitution] constitute a fundamental ordinal breach in the civil social contract existing between those who exercise authority vested by the constitution and the citizen?
    If a breach in the social contract between the Executive and the Citizen has occurred—what are the rights and privileges afforded to the Citizen to take action in a manner responsible and non-violent?
    Furthermore, ought the International Community of Nations express displeasure to the offending Nation State over this fundamental breach of the social contract?

    Monte McMurchy LL.D.

    J'aime

    30 avril 2014

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