Aller au contenu principal

Justice instrumentalisée :Droits de l’Homme : Thambwe gesticule à Genève/ CONGOINDEPENDANT

Justice instrumentalisée :

Droits de l’Homme : Thambwe gesticule à Genève


Le ministre congolais de la Justice et…droits de l’homme, Alexis Thambwe Mwamba

Intervenant à Genève dans le cadre de la session ordinaire de mars du Conseil des droits de l’Homme, le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, a affirmé, sans rire, l’engagement du Congo démocratique de « Joseph Kabila » à respecter et protéger les droits de l’homme.

Avocat de profession, ancien « opposant armé » au régime de LD Kabila et de « Joseph », Alexis Thambwe Mwamba – à l’image de tous les politiciens congolais qui ont l’art de tourner leur veste toujours du bon côté – sert avec zèle le régime dictatorial qu’il a combattu jadis les « armes à la main ». D’abord en tant que cadre dans la rébellion pro-rwandaise du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie). Ensuite, dans le MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba.

Après avoir servi le RCD et le MLC, « Alexis » est passé avec armes et bagages dans le clan kabiliste dit « majorité présidentielle ». L’homme a perdu de vue toutes les idées généreuses qu’il clamait à l’époque sur la démocratie et le respect des droits de l’Homme. De 2003 à 2012, il a occupé successivement les portefeuilles du Plan et des Affaires étrangères. A son crédit, aucune réforme impérissable. Bien au contraire.

A titre d’exemple, en 2009, Thambwe décide de fermer l’ambassade du Congo-Kinshasa à La Haye, aux Pays Bas. Par message n°131.1.2.1/0134/507/2009 daté du 18 mai 2009, il informe les diplomates de «prendre toutes les dispositions pour rejoindre Bruxelles à la date qui sera communiquée.» Le personnel diplomatique attend jusqu’à ce jour l’exécution de cette décision. Thambwe a quitté les Affaires étrangères en avril 2012.

Après deux années de « traversée de la savane », l’homme est de retour aux affaires dans l’équipe « Matata II ». Il dirige un ministère régalien. Celui de la Justice et droits de l’Homme. Un département ministériel qui est devenu une coquille vide. En cause, le carriérisme autant que la lâcheté qui caractérisent les titulaires successifs. Aucun magistrat du parquet ne peut mettre ses pieds dans les cachots gérés par les « services de sécurité ». Ceux-ci reçoivent leurs instructions d’un seul homme : « Joseph Kabila ».

Intervenant à Genève dans le cadre de la session ordinaire de mars du Conseil des Droits de l’homme, le ministre Thambwe a affirmé « l’engagement » du Congo démocratique « à respecter les droits de l’homme, à les promouvoir et à les protéger en punissant les violations commises tant par les dépositaires du pouvoir public que par des tiers ». Interdiction de rire.

Après ce discours imaginaire, Thambwe a retrouvé son naturel en confirmant « la ferme volonté et la disponibilité du gouvernement congolais à collaborer avec les partenaires et les défenseurs des droits de l’homme ». Il pose une condition. Faudrait-il encore que ces partenaires et défenseurs des droits l’homme « restent crédibles dans la fiabilité de leurs sources d’informations et dans la manière de traiter avec l’Etat souverain » qu’est le Congo-Kinshasa.

Les gesticulations du ministre Thambwe à Genève ne peuvent tromper personne. Qui ignore que l’appareil judiciaire congolais est devenu un appendice de la Présidence de la République? Et que le procureur général de la République et le premier président de la Cour suprême de justice obéissent au « doigt et à l’œil » à « Joseph Kabila »? Qui ignore que le ministre de la Justice fait de la figuration pendant que la police politique (ANR, Garde républicaine, ex-Demiap, police nationale) multiplie des arrestations arbitraires dans les milieux tant des opérateurs politique que des activistes des droits humains. Quelques noms sont bien connus : Eugène Diomi Ndongala, Jean-Bertrand Ewanga, Vano Kiboko, Jean-Claude Muyambo, Christopher Ngoyi, Ernest Kyaviro etc. Suspect numéro un dans l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et de la « disparition » de son collaborateur Fidèle Bazana, le « général » John Numbi Banza continue à jouir de l’impunité.

A Genève, Alexis Thambwe a annoncé un « haut fait d’arme » qui témoigne de sa volonté de promouvoir les droits humains. Selon lui, son ministère vient de mettre à jour le « Vade-mecum des droits de l’homme », avec l’aide du PNUD.

Il va bientôt lancer une émission radiotélévisée pour permettre à la population d’apprendre « toutes les notions des droits de l’homme ». Quid des forces dites de sécurité qui briment impunément la population au quotidien au motif qu’elles sont intouchables?

A en croire ce ministre, le Congo-Kinshasa « tient à consolider sa « jeune démocratie » avec un régime protecteur par excellence des droits de l’homme ». Et de conclure : « C’est dans ce cadre qu’une nouvelle loi garantissant des élections libre, crédibles et transparentes a été élaboré ». Ces affabulateurs qui nous gouvernent…

B.A.W
© Congoindépendant

Publicités
Aucun commentaire pour le moment

Commentaire :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :