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Le départ de Joseph Kabila : un remède devenu nécessaire / Congoindependant

Le départ de Joseph Kabila : un remède devenu nécessaire

Bamba-di-Lelo

C’est une évidence que le départ effectif et définitif de Joseph Kabila le 19 décembre 2016, et même avant, si c’était possible, est un remède devenu nécessaire pour le Congo en ruine, et son peuple dépouillé. Car, la situation globale du Congo est très inquiétante pour le moment.. Rien ne va plus dans ce pays, ni sur le plan sécuritaire, ni sur le plan des droits de l’homme, ni pour la vie au quotidien.

En plus, l’exercice de la liberté d’expression n’est pas protégé et le respect des droits de l’opposition politique est méconnu et persécuté par le pouvoir en place et par sa majorité factice. Au contraire, Joseph Kabila, et certains de ses ministres dont Thambwe Mwamba, par exemple, sont devenus des croque-morts en puissance. Arrogants et insolents, ils enterrent dans des fosses communes, des citoyens congolais que la police et la garde prétorienne ont assassinés sur ordre.

A ma connaissance, aucune enquête sérieuse n’a été jusqu’ici diligentée par la justice pour faire éclater la vérité tant attendue par des familles des disparus ; il est fort regrettable de constater, hélas, que la justice elle-même s’est transformée en un simple pilier du régime sanguinaire et brillant par sa cruauté de tous les jours ! Et pourtant les familles attendent une réponse, au lieu de les laisser dans leurs angoisses et en plus, de les faire souffrir par des intimidations sans nombre ! C’est le cas de Fidèle Bazana et de tant d’autres vaillants compatriotes congolais dont les corps sont portés disparus par leurs assassins.

Par ailleurs, les tortionnaires n’ont jamais été poursuivis, mais, par contre, ils bénéficient de totale protection, assurée par la loi de l’impunité, particulièrement appliquée en République Démocratique du Congo.

Malgré ce constat peu reluisant, Joseph Kabila a visiblement dans son intention, l’idée de transgresser, le texte obligé de la Constitution pour s’imposer comme calife du Congo-Kinshasa. A ce jour, l’homme maintient un silence dévot autour de lui. Pendant ce simulacre de secret, son laboratoire d’idées continue à multiplier les subterfuges et stratagèmes afin de planter le décor qui pourrait permettre, l’infiltration des institutions actuelles et leur fonctionnement au delà de 19 Décembre 2016.

Pourtant, je ne sais pas si Joseph Kabila l’ignore, ou fait semblant de l’ignorer, mais le monde est en train de changer sous ses pieds et parfois, il est difficile de maintenir ses espérances.

En effet, l’apparent silence malicieux de Joseph Kabila révèle son inconscience du réel qui va naître le 19 décembre 2016. Jusqu’à ce jour, Joseph Kabila ne veut donc pas s’adapter à la théorie de l’évolution. Il cherche à maintenir tout un peuple dans l’ignorance la plus abjecte. Le seul rapport qu’il entretient avec le peuple congolais est celui du « maître » face à « l’esclave ». Le premier a tout à dire, tandis que le second est ignoré ou détruit. Joseph Kabila croit qu’il dirige un grand pays au cœur de l’Afrique.

Effectivement, Joseph Kabila est en fonction, actuellement, il peut s’imposer et il est armé !

Et donc, toute tentative de passage à l’acte pour réussir à expulser Kabila du pouvoir, sera interprété comme un attentat intolérable contre la vie du Président élu d’un Etat réputé démocratique et les témoins internationaux ne pourraient même que conseiller une poursuite des procédures constitutionnelles d’usage, contre l’auteur (ou les auteurs). Mais, par contre, si Joseph Kabila s’impose au delà du 19 décembre 2016, il commettra lui-même un attentat constitutionnel et dès lors, il sera ainsi la cause d’une colère et de la violence compréhensible d’un peuple abusé et violenté depuis très longtemps.

Dès lors, les innombrables témoins, locaux et internationaux devant les déchaînements, ou passage aux actes quelconques, n’auront plus que des sourires sceptiques ou même complaisants. Ils pourront dire : les choses étant ce qu’elles sont, il vaut mieux passer à autre chose. Qui et comment, quelqu’un, va-t-il organiser, pour le Congo, la suite de l’Histoire ?

Ces considérations et questionnements sur notre avenir politique étant faites, je crois pouvoir à l’appui de cette vraisemblance, rappeler les circonstances du passé qui nous inspirent :

Depuis son installation à la tête de l’Etat, Joseph Kabila a plutôt contribué à détruire les Congolais, chaque fois que l’occasion s’est présentée. Il a emprisonné, par opportunité, certains opposants politiques qui lui faisaient ombrage, dont Eugène Diomi Ndongala, Jean-Bertrand Ewanga, Jean-Claude Muyambo et Christopher Ngoyi Mutamba. Pour ceux-ci, les sévices corporels que ces illustres opposants politiques ont subis dans leur détention, leur laissent des séquelles irréversibles.

Il est évident que, au cas peu probable, de départ accéléré de Joseph Kabila, celles et ceux qui souffriraient de tension artérielle, renonceront à leur médicament habituel. A fortiori, les causes de décès par A.V.C. diminueraient vraisemblablement à travers le pays tout entier. Raison pour laquelle Joseph Kabila doit s’en aller avant 2016 pour panser ses plaies et assurer une alternance apaisée !

Que faire ?

Il faut que le peuple congolais comme l’a si bien dit le président Etienne Tshisekedi, se prenne lui-même en charge, au lieu de compter sur le soutien d’autres nations du monde.

Bref, il suffit donc de pousser les portes du pouvoir deux fois plus fort. Soit, en concret, il suffit que 1 million voire 2 millions de Kinois occupent les rues de Kinshasa, en choisissant différents points de sortie, pour que les agents de l’ordre soient rapidement acculés et dépassés. Pour cela, les Kinois doivent manifester en même temps devant le Parlement. Spontanément, les congolais de l’intérieur doivent manifester devant les Assemblées provinciales.

Et si les Kinois et ceux de l’intérieur sortaient de partout, et en même temps, pour rejoindre le siège du Parlement et/ou celui de l’Assemblée provinciale, Joseph Kabila prendre bel et bien la fuite. Car, il faut garder à l’esprit, que devant un troupeau de buffles, même le lion, roi de la forêt, détale toujours !

Il est bien dommage que, en République Démocratique du Congo, le matérialisme de survie aie pris l’ascendant sur le courage du passage à l’acte, en bravant la mort pour aller à la vraie vie de liberté.

Bamba-di-Lelo

Docteur en Sciences Politiques de l’UCL
Analyste des Questions politiques du Congo
E.mail : jbadil@hotmail.be

http://www.congoindependant.com/article.php?articleid=9894

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  1. Africa in Pain and this present DRC Civic Electoral Imbroglio

    Any civic electoral postponement in DRC will be a most sad reflection on the status of pluralist civics in this potential economic social colossus in Africa. DRC has the civic social potential to become an economic and political exemplar in African civic social leadership. Alas, the present DRC political and economic class have elected not to share this civic social wealth among all DRC citizens. There exists in DRC a vast profound civic social gulf between the extravagant elites who control the levers of both economics and governance excluding the vast majority of Congolese who live from day to day existing only on subsistent wages. This is only a prescription to internal civil strife pitting the ‘haves’ against the ‘have nots’. The ISIS and Boko Haram radical violent incursions in the Middle East and in parts of Western Africa is the ‘civic social canary’ expressing alarm in the utter lack of civic social cohesion which all African governments have elected to ignore until prodded by base electoral considerations. DRC as with many other African nations is in desperate acute need of prescriptive responsible leadership dedicated to the proposition that to govern is to serve, not to fulfill personal private crass egoist wants. Africa including DRC cries and thirsts for civic responsible governance managers who have both ‘heart’ and ‘soul’ grounded within strict ‘caritas’. The most good people of Africa who only desire personal security and safety embedded within a pluralist state promoting education and health delivery as a fundamental civic social right deserve nothing less!

    The Constitutional Legal Rule of Law Process in the Absence of Constitution Respect for Rule of Law Process: Civic Civil Social Power in this DRC Constitutional Interregnum poses profound civic social challenges in the prescriptive advancement of a strong alert citizen who in DRC will not be afraid to advance the issues which matter!
    At present in DRC it remains unclear what has replaced this suborned/suspended DRC Parliament sanctioned Constitution embedding respect for Rule of Law Process now suborned by self-centred partisan ‘political fiat’ as DRC’s foundational legal instrument. The present DRC roiling civic political social situation is an example of ‘constitutional interregnum’, where political authority is exercised in the apparent absence of any respect, regard and adherence to formal constitutional foundation in respecting political authority subject to rule of law process. I am most concerned as to this constitutional interregnum, how the rule of law process gap left by the suspension of a constitution during a period of constitutional replacement is to be filled. The suggestion is advanced that even without a formal written constitution, a governing body’s authority and the lawfulness of its conduct depends on adherence to ‘supra-constitutional’ principles derived from the commitment to constitutional democracy itself. Because a democratic constitution claims to speak for the whole people, the law in force during the constitutional interregnum and which governs the drafting of any constitution must, at least, treat all and each of the people as equals and affirm a democratic right to representation in the drafting process. Any meaningful claim to be exercising authority in the name of the people – a claim to the authority of popular sovereignty – implies a commitment to a set of principles capable of constraining and directing the groups or individuals who exercise authority. These principles provide a constitutional foundation for government and for the legal system during the interregnum, ensuring both a benchmark for lawful government and legal continuity.

    J'aime

    6 mai 2015

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